DEUIL ET HOMMAGE A CUBA ET DANS LE MONDE MAIS POURQUOI TANT DE HAINE? de Maïté Pinero

Journaliste et écrivaine, Maïté Pinero a été correspondante de l’Humanité à La Havane de 1985 à 189. Elle a « couvert » la révolution sandiniste au Nicaragua, rencontré et rapporté les combats des guerilleros du Salvador, du Guatémala et de Colombie etc…

A l’occasion du décès de Fidel Castro, ulcérée par les torrents de haine déversés sur le leader de la Révolution Cubaine, elle a écrit ce texte que nous publions intégralement.

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Mort d’un révolutionnaire

Un article de Jean-Pierre DELAHAYE :

Mort d’un révolutionnaire

Le leader charismatique de la révolution cubaine, Fidel Castro, s’est éteint vendredi 25 novembre, à la Havane à l’âge de 90 ans.

 Raoul Castro, actuel président, a annoncé la nouvelle à la télévision nationale, terminant son allocution par ces mots « hasta la victoria siempré » Une petite phrase qui résume toute une vie de combat pour le droit à l’indépendance du peuple cubain, pour l’émancipation des peuples et qui résonne dans la tête des insoumis du monde entier.

Quel destin pour le jeune avocat libéral épris de justice et de liberté, qui au milieu des années 50, prend les armes contre les tenants du pouvoir à la Havane. A l’époque le pays, dirigé par le dictateur Batista, est livré aux pillards locaux et étrangers soutenus par Washington et la mafia états-unienne. C’est le règne des gangsters.  La corruption, la prostitution gangrène le pays. La misère, la faim, l’analphabétisme décime le peuple… Avec quelques compagnons dont Ernesto Che Guevarra et le soutien du peuple et après plusieurs tentatives, Fidel Castro entre triomphant à la Havane. Ce combat inspirera des générations de progressistes en Amérique Latine et sur tous les continents.

Installés au pouvoir, Fidel et les « Barbudos » prennent des mesures radicales de nationalisations et se lancent dans un vaste programme pour l’Education, la Santé et l’électricité pour tous.

En dépit de ses mesures qui font frémir Wall-Street, le nouveau gouvernement cubain ne ferme pas la porte aux Etats-Unis.

Ce sont les Etats-Unis qui vont tourner le dos à Castro, alors même qu’il envisage de coopérer économiquement. Après l’écroulement de la dictature, il se rend aux USA, notamment pour négocier la vente de la récolte sucrière. Les Etats-Unis refusent de l’aider.

En février 1960, en pleine guerre froide, Cuba et Moscou passent un accord sucre contre pétrole. Le début d’une grande et longue coopération. S’en est trop pour l’Amérique qui ne peut tolérer une telle alliance entre l’URSS et une petite ile à 250 kilomètres de ses côtes. Les américains décident le blocus qui perdurera jusqu’à nos jours. Ils tenteront même un débarquement en force à la « Baie des cochons ». La « crise des missiles » renforcera de part et d’autres une franche inimitié d’autant qu’elle obligera le président de la première puissance mondiale, chef de file du monde occidental, JF Kennedy, à s’engager à ne pas envahir Cuba. Un véritable camouflet ! Par la suite, Fidel Castro échappera à plusieurs tentatives d’assassinats…

Sur le plan international il tentera de sortir de la logique des blocs au sein du « mouvement des non-alignés » mais on retiendra surtout le rôle de Cuba pour son implication, son aide et son soutien à la libération des peuples. De l’Algérie à l’Afrique du Sud en passant par l’Angola etc …jusqu’à nos jours avec la coopération internationale pour résoudre les crises de santé…

Pendant plusieurs dizaines d’années Cuba résistera par la volonté de son peuple et grâce à l’aide des pays du « bloc socialiste ». L’effondrement de ce système sera une nouvelle terrible épreuve pour les cubains mais l’ile ne pliera pas…

Bien sûr cette épopée, cette histoire n’a pu se construire sans des hésitations, des tâtonnements et des erreurs. Pas question de le nier ici. Le parti unique, la liberté de la presse, une économie en berne qui demande audace et ouverture tout cela ne peut-être ignoré. Mais n’oublions jamais le contexte d’enfermement et de boycotte dans lequel le pays s’est trouvé pendant plus de 40 longues années. Et qui pourrait croire que les millions de cubains qui ces derniers jours sont descendus dans la rue pour rendre hommage à Fidel Castro y sont allés contraints et forcés ? L’homme a marqué l’histoire de son pays, l’histoire de l’Amérique latine, l’histoire du monde. Son ami le prêtre domicain brésilien, Frei Betto, apprenant sa mort a déclaré « il a fait de Cuba une nation souveraine » Peut-être que tout tient en ces quelques mots.

Repose en paix Commandante.

Il est temps de mettre un terme au blocus imposé par les Etats-Unis à Cuba – communiqué de presse du député André Chassaigne

pour télécharger le communiqué : cpcuba26-10-16

Il est temps de mettre un terme au blocus imposé par les Etats-Unis à Cuba

 Ce soir l’Assemblée générale des Nations Unies exprimera un nouveau vote consacré à la résolution demandant la levée du blocus économique, commercial et financier des Etats-Unis. Les sanctions des Etats-Unis contre Cuba constituent le principal obstacle au développement de l’île et affectent les catégories les plus vulnérables de la société. Le 27 octobre 2015, 191 des 193 pays membres de l’ONU s’étaient prononcés en faveur du texte demandant la fin de l’embargo. Ce vote quasi unanime s’était cependant heurté à l’opposition des Ets-Unis et d’Israël. La séance de l’Assemblée générale de l’ONU d’aujourd’hui sera donc le moment de vérité sur les véritables intentions des Etats-Unis après le rétablissement de leurs relations diplomatiques avec Cuba.

Depuis 1960, Washington impose des sanctions économiques contre la population cubaine. Elles ont un impact dramatique sur tous les secteurs de la société et touchent plus particulièrement les catégories les plus fragiles, à savoir les enfants, les personnes âgées et les malades.

La rhétorique diplomatique utilisée par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle pour justifier leur politique hostile vis-à-vis de La Havane a fluctué au fil du temps : expropriations non indemnisées, alliance avec l’Union soviétique, et soutien aux mouvements indépendantistes en Afrique et aux groupes révolutionnaires en Amérique latine, démocratie et droits de l’homme…

Depuis la fin de la Guerre froide, les Etats-Unis n’ont eu de cesse de renforcer les sanctions économiques qui étouffent le peuple cubain. En 1992, le Congrès a adopté la loi Torricelli, au caractère extraterritorial et donc illégal aux yeux du droit international. En 1996, la loi Helms-Burton – une aberration juridique pour ses aspects extraterritorial et rétroactif– a renforcé l’état de siège contre l’île.

L’administration Bush a accru les mesures de rétorsion économique, notamment leur application extraterritoriale pour limiter le développement du commerce international de Cuba avec le reste du monde. Ainsi, si l’entreprise allemande Mercedes souhaite exporter ses voitures vers les Etats-Unis, premier marché au monde, elle doit démontrer au Département du Trésor que ses produits ne contiennent pas une seule once de nickel cubain. De la même manière, si Danone souhaite écouler ses marchandises sur le marché étasunien, elle doit prouver que celles-ci ne contiennent pas un seul gramme de sucre cubain.

Barack Obama a adopté une approche constructive vis-à-vis de Cuba en annonçant le 17 décembre 2014 l’établissement d’un dialogue sans précédent entre les deux nations afin de résoudre pacifiquement un conflit qui dure depuis trop longtemps. Les relations diplomatiques ont été rétablies en juillet 2015 et le Président étasunien a réalisé un voyage historique à La Havane en mars 2016.

Barack Obama a également lancé un appel au Congrès afin qu’il mette un terme aux sanctions économiques contre Cuba. Néanmoins, aucune autre administration n’a lancé de persécution financière aussi forte à l’encontre des entités internationales ayant des rapports économiques ou financiers avec Cuba. Ainsi, en 2014, BNP-Paribas a été sanctionnée d’une amende record de 6,5 milliards d’euros pour avoir réalisé des transactions en dollars avec Cuba. Il est important de rappeler que la banque française n’a violé aucune loi française et a scrupuleusement respecté la législation européenne et internationale. Les Etats-Unis ont simplement appliqué de manière extraterritoriale – et donc illégale – les sanctions contre Cuba.

Ces sanctions ont également un impact dramatique dans le domaine de la santé. Cuba se trouve dans l’impossibilité d’importer des médicaments ou appareils médicaux exclusivement produits par des multinationales étasuniennes. Le Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies souligne que « les restrictions imposées par l’embargo ont contribué à priver Cuba d’un accès vital aux médicaments, aux nouvelles technologies médicales et scientifiques, aux produits alimentaires, au traitement de l’eau et à l’électricité. Le New England Journal of Medecine, une des plus prestigieuses revues médicales au monde, note que « les sanctions économiques contre Cuba sont une guerre contre la santé publique ».

Barack Obama a pris une décision courageuse en rétablissant le dialogue avec Cuba et en exprimant son opposition aux mesures de rétorsion économique. En tant que chef du pouvoir exécutif, le Président des Etats-Unis peut montrer l’exemple en adoptant certaines décisions contribuant au démantèlement de ce blocus. Ainsi, il peut autoriser le commerce bilatéral entre les deux nations, permettre à Cuba d’utiliser le dollar dans ses transactions internationales, consentir à ce que l’île achète sur le marché mondial des produits contenant plus de 10% de composants étasuniens, légaliser l’importation de produits fabriqués dans le monde à partir de matières premières cubaines et consentir à vendre à crédit des produits non alimentaires à l’île.

Il est temps de mettre un terme à des sanctions économiques anachroniques, cruelles et inefficaces, qui sont unanimement condamnées par la communauté internationale. Elles ont coûté au total 125 milliards de dollars à l’économie de l’île et elles infligent des souffrances inutiles au peuple cubain.

L’heure est venue d’un Etat palestinien, article de Jean-Pierre DELAHAYE

déchainement des violences, Nétanyahou répond en soufflant sur les braises. La France doit joindre sa voix  aux 135 pays qui ont reconnu la Palestine en temps qu’Etat.

L’horreur absolue et au quotidien. Depuis des mois, le blocage de la situation entre Israël et la Palestine et les provocations des extrémistes – au premier rang desquels Netanyahou – on fait monter de plusieurs crans le cycle infernale de la violence et de la haine. Aux actes désespérés d’assassinats de civils répondent les actes de vengeance dans un engrenage qui pourrait conduire à la guerre totale… Si l’origine de cette escalade n’est pas d’aujourd’hui les évènements des derniers mois ont joué comme un accélérateur. L’offensive de « Tsahal » cet été dans la bande de Gaza a fait plus de 2000 morts palestiniens en 50 jours parmi lesquels une majorité de femmes, d’enfants, de vieillards, le territoire est exsangue, tout ou presque est à reconstruire. L’interdiction faîtes aux musulmans d’accéder à la mosquée Al Aqsar considérée comme le troisième lieu saint de l’Islam à pousser l’exaspération à son comble, tandis que la construction de nouvelles colonies et la spoliation des biens des palestiniens se poursuit à un rythme jamais égalé et ce n’est certainement pas fini. Après l’attaque de la synagogue, à Jérusalem le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a jeté de l’huile sur le feu en autorisant de nouvelles implantations et la construction de logements alors même, et il le sait, que pour les Palestiniens, l’arrêt de l’extension des colons est une question vitale. Le Premier ministre israélien a également réclamé une condamnation mondiale de cet acte terroriste et accusé le président de l’Autorité palestinienne de complicité insinuant que Mahmoud Abbas serait l’inspirateur des terroristes, de même que le Hamas. Une accusation en totale contradiction avec l’analyse de Yoram Cohen, le patron du Shin Bet, le service du renseignement intérieur. Devant une commission parlementaire ce dernier a déclaré : « Abbas n’a pas intérêt à la terreur et n’y incite pas. Il ne le fait même pas derrière portes closes ».

En attendant Nétayahou déploie des effectifs supplémentaires en Cisjordanie. Le permis de porter une arme à feu sera facilité pour les anciens policiers et militaires israéliens. Les quartiers arabes de Jérusalem-Est, en proie aux troubles, ont été fermés, grâce à de lourds blocs de ciment aux entrées. Les maisons des terroristes seront détruites. Le premier ministre israélien qui s’attend à de possibles élections anticipées donne des gages aux partis religieux  d’extrême droite avec qui il gouverne et qui distillent la haine anti-arabes et semblent avoir de plus en plus d’influence dans tous les domaines de la politique de Tel-Aviv…

La voix d’Israël

Pourtant des voix s’élèvent contre cette radicalisation dans une société israélienne traumatisée par des années de guerre mais également fortement influencée par la propagande sioniste.  Après le refus de militaires d’être utilisés comme des « agents de la colonisation » (voir notre dernier numéro) de nombreuses personnalités de la société civile estime aujourd’hui nécessaire  la reconnaissance d’un Etat palestinien par la communauté des Nations. Dans un entretien réalisé par l’envoyée spéciale du quotidien l’Humanité et publié le 17 novembre, Elie Barnavi, ex ambassadeur d’Israël en France, montre qu’il y a besoin de « faire pression sur le gouvernement israélien, et que la reconnaissance de l’Etat de Palestine est un moyen de le faire. Yael Dayan, ancienne députée travailliste, fille du général Moshé Dayan, parle, elle, de « cas d’urgence », avec « le risque réel d’éclatement du Proche-Orient ». Zeev Sternhell, historien, pense qu’une telle décision du Parlement français aurait un « fort impact sur l’opinion publique israélienne » et pourrait faire bouger les lignes. Pour Avi Mograbi, cinéaste, il s’agit de montrer que les « nations du monde » ne « cautionnent plus l’occupation ». Uri Avnery estime pour sa part qu’il faut sauver son pays « de la conduite suicidaire de (son) gouvernement d’extrême droite ». Outre ces personnes, l’appel des Israéliens compte des figures tels que l’ancien président de la Knesset et de l’Agence juive Avraham Burg, l’économiste Tamar Gozansky, et le prix Sakharov, dont la fille a été tuée dans un attentat-suicide perpétré par des Palestiniens, Nurit Peled-Elhanan » et près de 600 autres signataires…

A ce jour, 135 pays ont déjà reconnu l’Etat palestinien. Les pays européens de l’OTAN rangés derrière Washington sont parmi les plus réticents. Mais là aussi les choses bougent. Après la Suède et la Grande-Bretagne, le Parlement espagnol a adopté, le 18 novembre, à la quasi-unanimité une motion appelant le gouvernement à reconnaître la Palestine en tant qu’Etat. Dans quelques jours, le 28 novembre, la représentation nationale française sera appelée à son tour à se prononcer. Membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU se vote sera regardé et aura une lourde portée. L’heure est venue de la reconnaissance de la Palestine en tant qu’Etat. La France doit prendre ses responsabilités. JP Delahaye

DECLARATION SUR LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, IRAK, SYRIE

DECLARATION DU BUREAU NATIONAL DE L’ARAC – 25 septembre 2014

 C’est avec une intense émotion que nous avons appris l’assassinat d’Hervé Gourdel.

Nos premiers mots, nos premières pensées vont à sa famille, sa femme, ses enfants et ses proches.

Ce crime barbare ne peut être justifié et l’ARAC le condamne sans réserve.

Mais condamner ne suffit pas et il importe d’éradiquer les racines qui nourrissent son existence : la misère totale des peuples où il trouve son terreau. Or, est-ce en ajoutant la violence à la violence que sera désamorcé ce processus mortel ? Les bombardements successifs ont-ils stoppé le terrorisme ou lui ont-ils permis au contraire d’élargir sans cesse sa sphère d’influence ? Les destructions matérielles et humaines apportent-elles aux peuples affamés, appauvris et sans espoir, les ressources essentielles, culturelles et les perspectives dont ils sont si cruellement privés ?

Depuis vingt ans, opérations après opérations, interventions après interventions, les USA, les pays de l’Europe de l’Ouest (dont la France), l’OTAN n’ont de cesse de déstabiliser le Proche et le Moyen Orient. Ils ont livré des armes aux talibans en Afghanistan pour combattre les Soviétiques, vendu des armes en Libye, laissé se dérouler l’agression contre l’Irak (« tempête du désert ») –  à laquelle Jacques Chirac avait refusé de participer – fait tomber les gouvernements en place (Irak, Libye), puis abandonné des tonnes d’armes récupérées par les terroristes dans ces pays, qu’ils utilisent aujourd’hui au Moyen-Orient, en Afrique et ailleurs.

Jamais les aspirations où les besoins matériels élémentaires et culturels des populations n’ont été pris en compte.  A aucun moment l’OTAN (bras armé des USA), les pays occidentaux ont contribué à plus de démocratie, au développement économique.

Toutes ces interventions ont été vécues comme des invasions par les populations de ces pays, qui ont bien compris qu’elles n’avaient d’autre but que de mettre la main sur leurs richesses énergétiques et minières.

Aujourd’hui, le Proche et le Moyen Orient sont des poudrières, des tonnes d’armes y circulent.

La civilisation a reculé. Les aspirations à plus de démocratie, à plus de modernité, à plus de laïcité ont été foulées aux pieds laissant la place à tous les excès exacerbés par la misère chaque jour grandissante jetant l’opprobre sur l’OTAN et les pays occidentaux, dont la France est devenue son bras armé aux côtés des USA.

Dans cette situation, des bandes armées se sont constituées. Des fanatiques, des bandits se sont organisés. L’appât du gain, la haine ont pris la place de la raison.

On assassine ceux qui ont une autre religion, ceux qui pensent différemment, ceux qui dénoncent les crimes, les massacres, ceux qui veulent avancer vers plus de démocratie, plus de modernité.

Il est temps que l’ONU, la grande organisation des Nations du monde créée en 1947 à la fin de la 2ème guerre mondiale avec sa Charte, prenne enfin ses responsabilités et œuvre avec les gouvernements du Proche et Moyen Orient pour construire des solutions correspondant aux besoins démocratiques et économiques des peuples.

L’OTAN ne doit pas décider, par les armes, de ce qui est bon pour l’Occident au Moyen-Orient ni dans aucune autre partie du monde. Il faut mettre hors d’état de nuire tous ces va-t-en guerre, tous ceux qui soufflent sur le feu.

Sous l’égide de l’ONU, les pays occidentaux doivent prendre des initiatives et mettre les moyens pour que cesse cette situation. Décider si nécessaire d’envoyer une force internationale conséquente, prendre des sanctions contre tous les pays (Qatar, Arabie Saoudite, Emirats Arabes entre autres) qui financent les groupes de terroristes. Il faut avoir le courage de les condamner et de les mettre au ban des nations.

Nous ne pouvons laisser le monde courir à sa perte, développer la guerre. Car aujourd’hui, la guerre est aux portes de l’Europe.

Le monde est malheureusement engagé dans une ère de guerres, de conflits locaux particulièrement violents, engendrés par les actions de pays dont l’objectif est un nouveau partage des richesses de la planète.

Cette situation nous renvoie aux tristes périodes de notre histoire. Celles qui ont débouché sur les guerres de 1914-1918 et 1939-1945.

L’ARAC, fidèle à ses valeurs républicaines, dénonce les causes des guerres et appelle à tourner le dos à la violence, à œuvrer pour la paix et la solidarité internationale, à créer des coopérations d’intérêts mutuels entre les peuples sous l’égide de l’ONU et ainsi s’engager dans la seule voie permettant d’éradiquer vraiment le terrorisme.

Le combat pour la paix est un combat difficile, mais il est décisif pour la survie du monde.

 

 

 

Israël/Palestine : Un peuple sous les bombes

Alors que Netanyahou déclenche une offensive terrestre sans précédent depuis des années, les bombardements israéliens sur Gaza ont déjà fait des centaines de morts et des milliers de blessés essentiellement dans la population civile. Femmes, enfants, vieillards palestiniens sont sous le feu de Tsahal en toute impunité.

Les représailles massives décidées par Tel-Aviv, après l’assassinat de trois jeunes israéliens par des extrémistes non identifiés, pour l’instant, ont mis le feu aux poudres. S’en est suivi le kidnapping et le meurtre d’un jeune palestinien par des fanatiques israéliens et toute la région s’est embrasée. Le Hamas riposte à coup de missiles lance-roquette et cible des villes israéliennes.  Le système de défense anti-aérien israélien surnommé « Dôme de fer » financé par Washington depuis 2009, en plus des 3 milliards d’aide militaire annuelle, semble pour l’instant fonctionné et protéger la population israéliennes. Selon France infos et France 2 qui se sont rendus à Tel-Aviv la capitale économique du pays «  la bas, tout ce passe presque normalement (…) les plages  sont toujours remplies de touristes. Ils sont simplement perturbés par le bruit des roquettes interceptées… »

Mettre un terme à la colonisation

Pendant ce temps le gouvernement Netanyahou allié à l’extrême droite fanatique, a convoqué 45 000 réservistes et semble prêt à lancer une offensive de plus grande envergure. En fait il agit comme s’il voulait porter un coup d’arrêt définitif à l’espoir né de la réunification des deux principaux mouvements palestiniens. Objectif :  maintenir sous son joug l’ensemble du territoire, asphyxier les populations  et l’administration palestinienne, discréditer ses dirigeants et poursuivre tranquillement la colonisation par des implantations nouvelles. Car il semble bien que c’est  là le point central de cette nouvelle flambée de violence. Samedi 5 Juillet, l’éditorial du quotidien « Libération » notait : « il reste qu’aujourd’hui, israéliens et palestiniens paient des années de blocage du processus de paix (…) l’Etat hébreu, premier responsable de cet enlisement croit pouvoir poursuivre son refus de tout compromis. Les gouvernements multiplient année après année les implantations de colonie empêchant de fait la création d’un Etat palestinien viable… ». C’est également l’avis de Ury Avnery, figure du camp de la paix en Israël qui dans «  l’ Humanité » du 10 juillet exprimait sa crainte de la montée d’une extrême droite (présente dans le gouvernement NDLR) hostile à tout horizon de paix et estimait qu’il « est évident que le refus obstiné de mettre un terme à la colonisation de la Cisjordanie est en cause… » En attendant les grandes puissances  -qui ont les moyens de pression- se taisent bien que l’ONU s’inquiète d’une violation possible des lois de la guerre. « Nous avons reçu des rapports troublants sur le fait que nombre de victimes y compris les enfants, sont le résultat de frappes sur des maison » a déclaré la porte-parole du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations-Unies, Ravina Shamdasani. Selon elle, « ces rapports appellent à des doutes sur le fait que ces frappes sont conformes aux lois humanitaires internationales et aux lois internationales sur les droits humains »

Palme de la honte à François Hollande qui a « condamné fermement les agressions contre Israël », exprimé sa solidarité envers Netanyahou et jugé « qu’il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population » Pendant ce temps les palestiniens meurent.

Toutes les réunions du Conseil de sécurité de l’ONU n’y feront rien. Il faut contraindre Tel-Aviv. Netanyahou ne connait que la force. Il faut donc que l’ONU, les pays occidentaux si prompts à réagir parfois prennent des sanctions financières et politiques à l’égard de l’état israélien.

Washington soit stopper son aide militaire. Des sanctions financières et d’embargo s’imposent pour faire cessez le massacre.

JP.Delahaye

Gaza, le gaz dans le viseur

Israel-GazPour comprendre quelle est une des raisons de l’attaque israélienne contre Gaza il faut aller en profondeur, exactement à 600 mètres sous le niveau de la mer, à 30 Km au large de ses côtes. Là, dans les eaux territoriales palestiniennes, se trouve un gros gisement de gaz naturel, Gaza Marine, estimé à 30 milliards de mètres cubes d’une valeur de milliards de dollars. D’autres gisements de gaz et pétrole, selon une carte établie par la U.S. Geological Survey(agence gouvernementale étasunienne), se trouvent en terre ferme à Gaza et en Cisjordanie.

En 1999, avec un accord signé par Yasser Arafat, l’Autorité Palestinienne confie l’exploitation de Gaza Marine à un consortium formé de British Group et Consolidated Contractors (compagnie privée palestinienne), avec respectivement 60% et 30% des actions, dans lequel le Fonds d’investissement de l’Autorité Palestinienne a un pourcentage de 10%. Deux puits sont creusés, Gaza Marine-1 et Gaza Marine-2. Mais ils n’entrent jamais en fonction, car bloqués par Israël, qui veut tout le gaz à des prix cassés. Par l’intermédiaire de l’ex Premier ministre Tony Blair, envoyé du «Quartet pour le Moyen Orient», est préparé un accord avec Israël qui enlève aux Palestiniens les trois quarts des futurs revenus du gaz, en versant la part qui leur revient sur un compte international contrôlé par Washington et Londres. Mais, immédiatement après avoir gagné les élections de 2006, le Hamas refuse l’accord, en le qualifiant de vol, et demande sa renégociation. En 2007, l’actuel ministre israélien de la Défense, Moshe Ya’alon indique que «le gaz ne peut pas être extrait sans une opération militaire qui éradique le contrôle du Hamas à Gaza».

En 2008, Israël lance l’opération «Plomb durci» contre Gaza. En septembre 2012 l’Autorité Palestinienne annonce que, malgré l’opposition du Hamas, elle a repris les négociations sur le gaz avec Israël. Deux mois après, l’admission de la Palestine à l’ONU en tant qu’«Etat observateur non membre» renforce la position de l’Autorité palestinienne dans les négociations. Gaza Marine reste cependant bloqué, empêchant les Palestiniens d’exploiter la richesse naturelle dont ils disposent. En ce point l’Autorité palestinienne prend une autre voie. Le 23 janvier 2O14, lors de la rencontre du président palestinien Abbas avec le président russe Poutine, est discutée la possibilité de confier au russe Gazprom l’exploitation du gisement de gaz dans les eaux de Gaza. C’est l’agence Itar-Tass qui l’annonce, en soulignant que Russie et Palestine entendent renforcer la coopération dans le secteur énergétique. Dans ce cadre, en plus de l’exploitation du gisement de gaz, on prévoit celle d’un gisement pétrolifère dans les environs de la ville palestinienne de Ramallah en Cisjordanie. Dans la même zone, la société russe Technopromexport est prête à participer à la construction d’un site thermoélectrique d’une puissance de 200 MW. La formation du nouveau gouvernement palestinien d’unité nationale, le 2 juin 2014, renforce la possibilité que l’accord entre Palestine et Russie parvienne à bon port. Dix jours après, le 12 juin, survient l’enlèvement des trois jeunes Israéliens, qui sont retrouvés tués le 30 juin : le ponctuel casus belli qui amorce l’opération «Barrière protectrice» contre Gaza. Opération qui entre dans la stratégie de Tel Aviv, visant à s’approprier aussi des réserves énergétiques de l’entier Bassin du Levant, réserves palestiniennes, libanaises et syriennes comprises, et dans celle de Washington qui, en soutenant Israël, vise le contrôle de tout le Moyen Orient, en empêchant que la Russie ne réacquière une influence dans la région.

Un mélange explosif, dont les victimes sont une fois de plus les Palestiniens.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 15 juillet 2014 de il manifesto