Tuerie de Pittsburgh: des responsables juifs accusent Trump APRES LES NOIRS, LES JUIFS….(Jean-Pierre Delahaye)

Onze personnes, quasiment toutes âgées de plus de 60 ans, ont été assassinées froidement, samedi 27 octobre, par un antisémite de 46 ans qui a semé la terreur à l’intérieur de la synagogue « Tree of Life » de Pittsburgh, au cœur du quartier de Squirrel Hill. Le tueur, arrêté et identifié par les autorités comme étant Robert Bowers, a déclaré plus tard qu’il voulait « que tous les juifs meurent ».  Pire attaque antisémite de l’histoire des États-Unis, cette tuerie a suscité un chagrin immense et secoué la communauté juive américaine, la plus importante dans le monde derrière celle d’Israël. Au-delà de l’écœurement engendré par cet acte de barbarie nazi, des responsables de la communauté juive se sont interrogés, et c’est nouveau, sur la responsabilité du locataire de la Maison-Blanche dans le climat de haine qui règne et se développe aux Etats-Unis depuis son arrivée.

Un groupe de représentants juifs de Pittsburgh a accusé Donald Trump, dans une lettre ouverte, d’avoir « enhardi » la mouvance suprémaciste blanche et d’avoir une part de responsabilité dans l’attaque meurtrière.

« Ces trois dernières années, vos paroles et vos politiques ont enhardi un mouvement nationaliste blanc qui grandit de plus en plus. Vous avez vous-même qualifié le meurtrier de maléfique, mais la violence survenue hier est (le résultat) direct de votre influence », jugent les responsables religieux dans leur missive. Ils appellent Donald Trump à « dénoncer sans réserve le nationalisme blanc , à cesser de cibler et de mettre en danger toutes les minorités , à  cesser de s’en prendre aux migrants et aux réfugiés  et à s’engager dans des politiques démocratiques qui  reconnaissent la dignité de tous ».

Les théories conspirationnistes, accusant notamment les juifs de dominer le gouvernement et le monde de la finance, sont monnaie courante au sein du mouvement de l’alt-right, l’extrême droite américaine. Soutien du président Donald Trump, cette mouvance a gagné en influence ces dernières années, notamment par le biais de l’ancien stratège de Trump, Steve Bannon accueilli récemment à bras ouvert par Marine Le Pen…

JP Delahaye

 

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LES GRANDES MANOEUVRES DE L’OTAN AUX FRONTIERES DE LA RUSSIE – Jp Delahaye

pour imprimer l’article : JPD

DEUIL ET HOMMAGE A CUBA ET DANS LE MONDE MAIS POURQUOI TANT DE HAINE? de Maïté Pinero

Journaliste et écrivaine, Maïté Pinero a été correspondante de l’Humanité à La Havane de 1985 à 189. Elle a « couvert » la révolution sandiniste au Nicaragua, rencontré et rapporté les combats des guerilleros du Salvador, du Guatémala et de Colombie etc…

A l’occasion du décès de Fidel Castro, ulcérée par les torrents de haine déversés sur le leader de la Révolution Cubaine, elle a écrit ce texte que nous publions intégralement.

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Mort d’un révolutionnaire

Un article de Jean-Pierre DELAHAYE :

Mort d’un révolutionnaire

Le leader charismatique de la révolution cubaine, Fidel Castro, s’est éteint vendredi 25 novembre, à la Havane à l’âge de 90 ans.

 Raoul Castro, actuel président, a annoncé la nouvelle à la télévision nationale, terminant son allocution par ces mots « hasta la victoria siempré » Une petite phrase qui résume toute une vie de combat pour le droit à l’indépendance du peuple cubain, pour l’émancipation des peuples et qui résonne dans la tête des insoumis du monde entier.

Quel destin pour le jeune avocat libéral épris de justice et de liberté, qui au milieu des années 50, prend les armes contre les tenants du pouvoir à la Havane. A l’époque le pays, dirigé par le dictateur Batista, est livré aux pillards locaux et étrangers soutenus par Washington et la mafia états-unienne. C’est le règne des gangsters.  La corruption, la prostitution gangrène le pays. La misère, la faim, l’analphabétisme décime le peuple… Avec quelques compagnons dont Ernesto Che Guevarra et le soutien du peuple et après plusieurs tentatives, Fidel Castro entre triomphant à la Havane. Ce combat inspirera des générations de progressistes en Amérique Latine et sur tous les continents.

Installés au pouvoir, Fidel et les « Barbudos » prennent des mesures radicales de nationalisations et se lancent dans un vaste programme pour l’Education, la Santé et l’électricité pour tous.

En dépit de ses mesures qui font frémir Wall-Street, le nouveau gouvernement cubain ne ferme pas la porte aux Etats-Unis.

Ce sont les Etats-Unis qui vont tourner le dos à Castro, alors même qu’il envisage de coopérer économiquement. Après l’écroulement de la dictature, il se rend aux USA, notamment pour négocier la vente de la récolte sucrière. Les Etats-Unis refusent de l’aider.

En février 1960, en pleine guerre froide, Cuba et Moscou passent un accord sucre contre pétrole. Le début d’une grande et longue coopération. S’en est trop pour l’Amérique qui ne peut tolérer une telle alliance entre l’URSS et une petite ile à 250 kilomètres de ses côtes. Les américains décident le blocus qui perdurera jusqu’à nos jours. Ils tenteront même un débarquement en force à la « Baie des cochons ». La « crise des missiles » renforcera de part et d’autres une franche inimitié d’autant qu’elle obligera le président de la première puissance mondiale, chef de file du monde occidental, JF Kennedy, à s’engager à ne pas envahir Cuba. Un véritable camouflet ! Par la suite, Fidel Castro échappera à plusieurs tentatives d’assassinats…

Sur le plan international il tentera de sortir de la logique des blocs au sein du « mouvement des non-alignés » mais on retiendra surtout le rôle de Cuba pour son implication, son aide et son soutien à la libération des peuples. De l’Algérie à l’Afrique du Sud en passant par l’Angola etc …jusqu’à nos jours avec la coopération internationale pour résoudre les crises de santé…

Pendant plusieurs dizaines d’années Cuba résistera par la volonté de son peuple et grâce à l’aide des pays du « bloc socialiste ». L’effondrement de ce système sera une nouvelle terrible épreuve pour les cubains mais l’ile ne pliera pas…

Bien sûr cette épopée, cette histoire n’a pu se construire sans des hésitations, des tâtonnements et des erreurs. Pas question de le nier ici. Le parti unique, la liberté de la presse, une économie en berne qui demande audace et ouverture tout cela ne peut-être ignoré. Mais n’oublions jamais le contexte d’enfermement et de boycotte dans lequel le pays s’est trouvé pendant plus de 40 longues années. Et qui pourrait croire que les millions de cubains qui ces derniers jours sont descendus dans la rue pour rendre hommage à Fidel Castro y sont allés contraints et forcés ? L’homme a marqué l’histoire de son pays, l’histoire de l’Amérique latine, l’histoire du monde. Son ami le prêtre domicain brésilien, Frei Betto, apprenant sa mort a déclaré « il a fait de Cuba une nation souveraine » Peut-être que tout tient en ces quelques mots.

Repose en paix Commandante.

Il est temps de mettre un terme au blocus imposé par les Etats-Unis à Cuba – communiqué de presse du député André Chassaigne

pour télécharger le communiqué : cpcuba26-10-16

Il est temps de mettre un terme au blocus imposé par les Etats-Unis à Cuba

 Ce soir l’Assemblée générale des Nations Unies exprimera un nouveau vote consacré à la résolution demandant la levée du blocus économique, commercial et financier des Etats-Unis. Les sanctions des Etats-Unis contre Cuba constituent le principal obstacle au développement de l’île et affectent les catégories les plus vulnérables de la société. Le 27 octobre 2015, 191 des 193 pays membres de l’ONU s’étaient prononcés en faveur du texte demandant la fin de l’embargo. Ce vote quasi unanime s’était cependant heurté à l’opposition des Ets-Unis et d’Israël. La séance de l’Assemblée générale de l’ONU d’aujourd’hui sera donc le moment de vérité sur les véritables intentions des Etats-Unis après le rétablissement de leurs relations diplomatiques avec Cuba.

Depuis 1960, Washington impose des sanctions économiques contre la population cubaine. Elles ont un impact dramatique sur tous les secteurs de la société et touchent plus particulièrement les catégories les plus fragiles, à savoir les enfants, les personnes âgées et les malades.

La rhétorique diplomatique utilisée par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle pour justifier leur politique hostile vis-à-vis de La Havane a fluctué au fil du temps : expropriations non indemnisées, alliance avec l’Union soviétique, et soutien aux mouvements indépendantistes en Afrique et aux groupes révolutionnaires en Amérique latine, démocratie et droits de l’homme…

Depuis la fin de la Guerre froide, les Etats-Unis n’ont eu de cesse de renforcer les sanctions économiques qui étouffent le peuple cubain. En 1992, le Congrès a adopté la loi Torricelli, au caractère extraterritorial et donc illégal aux yeux du droit international. En 1996, la loi Helms-Burton – une aberration juridique pour ses aspects extraterritorial et rétroactif– a renforcé l’état de siège contre l’île.

L’administration Bush a accru les mesures de rétorsion économique, notamment leur application extraterritoriale pour limiter le développement du commerce international de Cuba avec le reste du monde. Ainsi, si l’entreprise allemande Mercedes souhaite exporter ses voitures vers les Etats-Unis, premier marché au monde, elle doit démontrer au Département du Trésor que ses produits ne contiennent pas une seule once de nickel cubain. De la même manière, si Danone souhaite écouler ses marchandises sur le marché étasunien, elle doit prouver que celles-ci ne contiennent pas un seul gramme de sucre cubain.

Barack Obama a adopté une approche constructive vis-à-vis de Cuba en annonçant le 17 décembre 2014 l’établissement d’un dialogue sans précédent entre les deux nations afin de résoudre pacifiquement un conflit qui dure depuis trop longtemps. Les relations diplomatiques ont été rétablies en juillet 2015 et le Président étasunien a réalisé un voyage historique à La Havane en mars 2016.

Barack Obama a également lancé un appel au Congrès afin qu’il mette un terme aux sanctions économiques contre Cuba. Néanmoins, aucune autre administration n’a lancé de persécution financière aussi forte à l’encontre des entités internationales ayant des rapports économiques ou financiers avec Cuba. Ainsi, en 2014, BNP-Paribas a été sanctionnée d’une amende record de 6,5 milliards d’euros pour avoir réalisé des transactions en dollars avec Cuba. Il est important de rappeler que la banque française n’a violé aucune loi française et a scrupuleusement respecté la législation européenne et internationale. Les Etats-Unis ont simplement appliqué de manière extraterritoriale – et donc illégale – les sanctions contre Cuba.

Ces sanctions ont également un impact dramatique dans le domaine de la santé. Cuba se trouve dans l’impossibilité d’importer des médicaments ou appareils médicaux exclusivement produits par des multinationales étasuniennes. Le Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies souligne que « les restrictions imposées par l’embargo ont contribué à priver Cuba d’un accès vital aux médicaments, aux nouvelles technologies médicales et scientifiques, aux produits alimentaires, au traitement de l’eau et à l’électricité. Le New England Journal of Medecine, une des plus prestigieuses revues médicales au monde, note que « les sanctions économiques contre Cuba sont une guerre contre la santé publique ».

Barack Obama a pris une décision courageuse en rétablissant le dialogue avec Cuba et en exprimant son opposition aux mesures de rétorsion économique. En tant que chef du pouvoir exécutif, le Président des Etats-Unis peut montrer l’exemple en adoptant certaines décisions contribuant au démantèlement de ce blocus. Ainsi, il peut autoriser le commerce bilatéral entre les deux nations, permettre à Cuba d’utiliser le dollar dans ses transactions internationales, consentir à ce que l’île achète sur le marché mondial des produits contenant plus de 10% de composants étasuniens, légaliser l’importation de produits fabriqués dans le monde à partir de matières premières cubaines et consentir à vendre à crédit des produits non alimentaires à l’île.

Il est temps de mettre un terme à des sanctions économiques anachroniques, cruelles et inefficaces, qui sont unanimement condamnées par la communauté internationale. Elles ont coûté au total 125 milliards de dollars à l’économie de l’île et elles infligent des souffrances inutiles au peuple cubain.

L’heure est venue d’un Etat palestinien, article de Jean-Pierre DELAHAYE

déchainement des violences, Nétanyahou répond en soufflant sur les braises. La France doit joindre sa voix  aux 135 pays qui ont reconnu la Palestine en temps qu’Etat.

L’horreur absolue et au quotidien. Depuis des mois, le blocage de la situation entre Israël et la Palestine et les provocations des extrémistes – au premier rang desquels Netanyahou – on fait monter de plusieurs crans le cycle infernale de la violence et de la haine. Aux actes désespérés d’assassinats de civils répondent les actes de vengeance dans un engrenage qui pourrait conduire à la guerre totale… Si l’origine de cette escalade n’est pas d’aujourd’hui les évènements des derniers mois ont joué comme un accélérateur. L’offensive de « Tsahal » cet été dans la bande de Gaza a fait plus de 2000 morts palestiniens en 50 jours parmi lesquels une majorité de femmes, d’enfants, de vieillards, le territoire est exsangue, tout ou presque est à reconstruire. L’interdiction faîtes aux musulmans d’accéder à la mosquée Al Aqsar considérée comme le troisième lieu saint de l’Islam à pousser l’exaspération à son comble, tandis que la construction de nouvelles colonies et la spoliation des biens des palestiniens se poursuit à un rythme jamais égalé et ce n’est certainement pas fini. Après l’attaque de la synagogue, à Jérusalem le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a jeté de l’huile sur le feu en autorisant de nouvelles implantations et la construction de logements alors même, et il le sait, que pour les Palestiniens, l’arrêt de l’extension des colons est une question vitale. Le Premier ministre israélien a également réclamé une condamnation mondiale de cet acte terroriste et accusé le président de l’Autorité palestinienne de complicité insinuant que Mahmoud Abbas serait l’inspirateur des terroristes, de même que le Hamas. Une accusation en totale contradiction avec l’analyse de Yoram Cohen, le patron du Shin Bet, le service du renseignement intérieur. Devant une commission parlementaire ce dernier a déclaré : « Abbas n’a pas intérêt à la terreur et n’y incite pas. Il ne le fait même pas derrière portes closes ».

En attendant Nétayahou déploie des effectifs supplémentaires en Cisjordanie. Le permis de porter une arme à feu sera facilité pour les anciens policiers et militaires israéliens. Les quartiers arabes de Jérusalem-Est, en proie aux troubles, ont été fermés, grâce à de lourds blocs de ciment aux entrées. Les maisons des terroristes seront détruites. Le premier ministre israélien qui s’attend à de possibles élections anticipées donne des gages aux partis religieux  d’extrême droite avec qui il gouverne et qui distillent la haine anti-arabes et semblent avoir de plus en plus d’influence dans tous les domaines de la politique de Tel-Aviv…

La voix d’Israël

Pourtant des voix s’élèvent contre cette radicalisation dans une société israélienne traumatisée par des années de guerre mais également fortement influencée par la propagande sioniste.  Après le refus de militaires d’être utilisés comme des « agents de la colonisation » (voir notre dernier numéro) de nombreuses personnalités de la société civile estime aujourd’hui nécessaire  la reconnaissance d’un Etat palestinien par la communauté des Nations. Dans un entretien réalisé par l’envoyée spéciale du quotidien l’Humanité et publié le 17 novembre, Elie Barnavi, ex ambassadeur d’Israël en France, montre qu’il y a besoin de « faire pression sur le gouvernement israélien, et que la reconnaissance de l’Etat de Palestine est un moyen de le faire. Yael Dayan, ancienne députée travailliste, fille du général Moshé Dayan, parle, elle, de « cas d’urgence », avec « le risque réel d’éclatement du Proche-Orient ». Zeev Sternhell, historien, pense qu’une telle décision du Parlement français aurait un « fort impact sur l’opinion publique israélienne » et pourrait faire bouger les lignes. Pour Avi Mograbi, cinéaste, il s’agit de montrer que les « nations du monde » ne « cautionnent plus l’occupation ». Uri Avnery estime pour sa part qu’il faut sauver son pays « de la conduite suicidaire de (son) gouvernement d’extrême droite ». Outre ces personnes, l’appel des Israéliens compte des figures tels que l’ancien président de la Knesset et de l’Agence juive Avraham Burg, l’économiste Tamar Gozansky, et le prix Sakharov, dont la fille a été tuée dans un attentat-suicide perpétré par des Palestiniens, Nurit Peled-Elhanan » et près de 600 autres signataires…

A ce jour, 135 pays ont déjà reconnu l’Etat palestinien. Les pays européens de l’OTAN rangés derrière Washington sont parmi les plus réticents. Mais là aussi les choses bougent. Après la Suède et la Grande-Bretagne, le Parlement espagnol a adopté, le 18 novembre, à la quasi-unanimité une motion appelant le gouvernement à reconnaître la Palestine en tant qu’Etat. Dans quelques jours, le 28 novembre, la représentation nationale française sera appelée à son tour à se prononcer. Membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU se vote sera regardé et aura une lourde portée. L’heure est venue de la reconnaissance de la Palestine en tant qu’Etat. La France doit prendre ses responsabilités. JP Delahaye