Netanyahou prêt à tout Le premier ministre israélien s’allie avec les pires extrémistes fascistes pour s’assurer la victoire aux législatives d’Avril.

Le premier ministre israélien s’allie avec les pires extrémistes fascistes pour s’assurer la victoire aux législatives d’Avril.

On le savait sans scrupules et prêt à tout pour se maintenir lui et son parti, le Likoud, au pouvoir. Là, le premier ministre israélien fait encore plus fort ! À quelques semaines des législatives qui pourraient lui ouvrir la voie à un cinquième mandat et alors qu’il risque une mise en examen par la justice de son pays, Benjamin Netanyahou fait le constat que « la partie n’est pas gagnée ». Lundi 4 mars, lors du lancement de sa campagne à Ramat Gan, près de Tel Aviv, il a alerté ses partisans, soulignant que le scrutin à venir n’était « pas dans la poche ».

En dix ans, Benjamin Netanyahou n’a jamais été en aussi mauvaise posture dans les sondages. Selon The Times of Israël, l’alliance centriste, très proche de la droite quand même, « Bleu et blanc », dirigée par l’ancien général Benny Gantz, remporterait davantage de sièges à la Knesset que le Likoud si le scrutin avait lieu aujourd’hui. Le résultat pourrait être encore pire si Netanyahou était mis en examen avant le vote. Dans ce cas, il pourrait se trouver dans l’impossibilité de former une coalition majoritaire.

Alors, pour s’assurer coûte que coûte une majorité à la Knesset, le parlement israélien, le chef de la droite, a fait un pacte avec le diable en scellant un accord avec l’extrême droite israélienne la plus radicale, considérée par les observateurs du monde entier comme néo-fascistes. La droite des disciples de Meir Kahane, décédé aujourd’hui, un rabbin de Brooklyn fondateur de la Ligue de défense juive puis du parti suprémaciste Kach en Israël qui prône entre autres précepte l’expulsion des Palestiniens, l’interdiction des relations sexuelles avec des non-juifs, la destruction de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem etc… De son vivant, le Premier ministre, Menahem Begin, fondateur de l’historique formation de droite (Likoud), voyait en lui un « fou, un homme dangereux, qui aurait pu nous conduire au désastre ».

Selon le correspondant du quotidien Libération à Tel-Aviv la presse israélienne aurait écrit à propos de l’initiative de Netanyahou :« Promesses de ministères à la clé, il a forcé la fusion du Foyer juif avec le groupuscule « kahaniste » Otzma Yehudit (Puissance juive). Objectif ? Faire l’appoint avec les voix des « judéo-fascistes » et ouvrir grand les portes du Parlement au « Ku Klux Klan juif. » Tout un programme !

Pour faire bonne mesure et donner des gages aux plus radicaux de ses potentiels électeurs, le Premier ministre en campagne s’est engagé à ne jamais évacuer les colonies juives. « Nous sommes opposés totalement à tout démantèlement de localités juives », en Cisjordanie, a-t-il déclaré. Pour mémoire, l’occupation de la Cisjordanie depuis plus de 50 ans et la colonisation sont considérées comme illégales par la communauté internationale.

Netanyahou est coutumier du fait et ce n’est pas la première fois qu’il s’exhibe avec les éléments les plus fascisants du monde politique israélien. Déjà il gouverne avec les ultras-religieux. On peut rappeler également son rôle actif au moment des accords d’Oslo. Le déferlement de violence et de haine avait alors conduit à l’assassinat d’Yitzhak Rabin. Les démocraties occidentales si promptes à accorder leur soutien au gouvernement de Tel-Aviv dirigé par un tel homme, feraient bien de regarder plus loin que le bout de leurs intérêts dans la Région. Il y a un grave danger pour l’ensemble de la société israélienne.

JP Delahaye

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Israël/Palestine : Un peuple sous les bombes

Alors que Netanyahou déclenche une offensive terrestre sans précédent depuis des années, les bombardements israéliens sur Gaza ont déjà fait des centaines de morts et des milliers de blessés essentiellement dans la population civile. Femmes, enfants, vieillards palestiniens sont sous le feu de Tsahal en toute impunité.

Les représailles massives décidées par Tel-Aviv, après l’assassinat de trois jeunes israéliens par des extrémistes non identifiés, pour l’instant, ont mis le feu aux poudres. S’en est suivi le kidnapping et le meurtre d’un jeune palestinien par des fanatiques israéliens et toute la région s’est embrasée. Le Hamas riposte à coup de missiles lance-roquette et cible des villes israéliennes.  Le système de défense anti-aérien israélien surnommé « Dôme de fer » financé par Washington depuis 2009, en plus des 3 milliards d’aide militaire annuelle, semble pour l’instant fonctionné et protéger la population israéliennes. Selon France infos et France 2 qui se sont rendus à Tel-Aviv la capitale économique du pays «  la bas, tout ce passe presque normalement (…) les plages  sont toujours remplies de touristes. Ils sont simplement perturbés par le bruit des roquettes interceptées… »

Mettre un terme à la colonisation

Pendant ce temps le gouvernement Netanyahou allié à l’extrême droite fanatique, a convoqué 45 000 réservistes et semble prêt à lancer une offensive de plus grande envergure. En fait il agit comme s’il voulait porter un coup d’arrêt définitif à l’espoir né de la réunification des deux principaux mouvements palestiniens. Objectif :  maintenir sous son joug l’ensemble du territoire, asphyxier les populations  et l’administration palestinienne, discréditer ses dirigeants et poursuivre tranquillement la colonisation par des implantations nouvelles. Car il semble bien que c’est  là le point central de cette nouvelle flambée de violence. Samedi 5 Juillet, l’éditorial du quotidien « Libération » notait : « il reste qu’aujourd’hui, israéliens et palestiniens paient des années de blocage du processus de paix (…) l’Etat hébreu, premier responsable de cet enlisement croit pouvoir poursuivre son refus de tout compromis. Les gouvernements multiplient année après année les implantations de colonie empêchant de fait la création d’un Etat palestinien viable… ». C’est également l’avis de Ury Avnery, figure du camp de la paix en Israël qui dans «  l’ Humanité » du 10 juillet exprimait sa crainte de la montée d’une extrême droite (présente dans le gouvernement NDLR) hostile à tout horizon de paix et estimait qu’il « est évident que le refus obstiné de mettre un terme à la colonisation de la Cisjordanie est en cause… » En attendant les grandes puissances  -qui ont les moyens de pression- se taisent bien que l’ONU s’inquiète d’une violation possible des lois de la guerre. « Nous avons reçu des rapports troublants sur le fait que nombre de victimes y compris les enfants, sont le résultat de frappes sur des maison » a déclaré la porte-parole du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations-Unies, Ravina Shamdasani. Selon elle, « ces rapports appellent à des doutes sur le fait que ces frappes sont conformes aux lois humanitaires internationales et aux lois internationales sur les droits humains »

Palme de la honte à François Hollande qui a « condamné fermement les agressions contre Israël », exprimé sa solidarité envers Netanyahou et jugé « qu’il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population » Pendant ce temps les palestiniens meurent.

Toutes les réunions du Conseil de sécurité de l’ONU n’y feront rien. Il faut contraindre Tel-Aviv. Netanyahou ne connait que la force. Il faut donc que l’ONU, les pays occidentaux si prompts à réagir parfois prennent des sanctions financières et politiques à l’égard de l’état israélien.

Washington soit stopper son aide militaire. Des sanctions financières et d’embargo s’imposent pour faire cessez le massacre.

JP.Delahaye