HOMMAGE A DANIEL CORDIER

Daniel Cordier, avant-dernier Compagnon de la Libération, Secrétaire perpétuel de Jean Moulin, n’est plus.

C’est avec respect et émotion profonde que je m’incline avec l’ARAC, devant la mémoire de celui qui fut un résistant et qui décida de rejoindre Londres à la toute première heure, un patriote, toujours vigilant pour le rétablissement et la défense permanente des valeurs républicaines que Jean Moulin, lui fit découvrir dans le combat commun contre le nazisme.

Il se qualifiait lui-même, d’être « un acteur dans  la Résistance des chefs ».

Il fut l’un des témoins privilégiés de la naissance du CNR, de la préparation de son programme et de son installation complexe.

Il a défendu tout au long de sa vie, l’intégrité et la dignité de Jean Moulin, face aux calomnies, rumeurs, menées négationnistes d’origines diverses, avec  toujours, comme seul souci permanent: le devoir de la vérité historique.

En ces temps où des menaces planent sur la démocratie, il est bon de rappeler ce que disait Daniel Cordier en 2013 dans l’humanité : « la leçon c’est que seule la liberté compte dans la vie. Et pour la liberté, il faut risquer la mort si on menace de vous en priver ».

Avec l’ARAC, je salue  sa volonté inébranlable de « transmettre » aux jeunes générations les valeurs républicaines par le travail de mémoire. Nous poursuivons son combat pour la souveraineté nationale.

Honneur à vous, Daniel Cordier !

Raphael Vahé

Président National de l’ARAC

25/11/2020

TOURS 1920 ET 11 NOVEMBRE 1918

Henri Barbusse L’écrivain, le visionnaire, le poilu : le soldat de la paix

TOURS 1920 ET 11 NOVEMBRE 1918

Il y a un lien profond entre le combat pour la paix, la fin de la guerre le 11 novembre 1918, et la création du Parti Communiste Français.

A l’instar de Jean Jaurès, créateur de l’Humanité, artisan de la paix et du refus de la guerre qu’il voyait venir, assassin le 31 juillet 1914, de nombreux militants syndicalistes, pacifistes, républicains se sont engagés dans le combat contre la guerre.

En France, en Angleterre, en Allemagne, en Russie en autres, les mouvements politiques, socialistes se sont opposés à la guerre, jusqu’à la trahison des dirigeants politiques de l’époque, notamment en France.

Cette guerre qui dura 4 ans, qui fit en France 1.350.000 soldats morts, 3 millions de blessés et d’invalides, des centaines de milliers de veuves et d’orphelins à profondément marquée les esprits.

Dès 1914, dans les tranchées en France, mais aussi en Allemagne, grande est la colère et l’aspiration à la paix.

Des mutineries ont lieu chez tous les belligérants, en France des procès se tiennent : 2.500 soldats attachés à la paix sont condamnés à mort et environ 650 seront fusillés pour l’exemple.

Henri Barbusse – un des membres fondateur de l’ARAC créée en novembre 1917 – déclara en juillet 1917 :

«J’adresse un appel ardent à tous ceux des anciens combattants de cette guerre qui croient à la République et qui la veulent. Je veux vous entretenir aujourd’hui d’un grand intérêt général qui dépasse celui de chacun de vous, mais qui repose sur vous tous : soldats de la guerre, continuez à être les soldats de la pensée, il le faut. Vous ne devez pas renoncer encore à vous battre. La démocratie a besoin de vous. Elle vous appelle à son secours, vous qui serez un jour le nombre et la force, et qui êtes l’énergie, l’audace et la lucidité. Les principes républicains sont, de tous côtés, ou trop attaqués, ou trop mal défendus. Il faut veiller sur la République. C’est à vous entre tous et avant tout qu’incombe ce devoir, survivants de la guerre des hommes contre les oppresseurs ! Nous appelons République la société constituée sur les bases de la réelle souveraineté du peuple, une société qui ne soit pas, ouvertement ou obscurément, conduite par une oligarchie de privilégiés et de parasites, mais illuminée dans tous ses coins par le clair intérêt général. Nous disons que non seulement le but que nous poursuivons à l’intérieur et à l’extérieur n’est pas une utopie. Quoi qu’il en soit, c’est par ces voies que la grande France de 1789 s’agrandira et durera…. »

Comme on le voit, l’esprit de Jaurès, c’est l’esprit de révolte qui gronde dans les tranchées et invite à se mobiliser pour de plus grandes transformations sociales et politiques.

En 1917, la Révolution Russe, elle qui revendique «le pain, la paix, la dignité », est victorieuse.

Dès janvier 1918, la révolte et des insurrections se déroulent dans les usines en Allemagne.

L’impérialisme européen décide d’arrêter la guerre le 11 novembre 1918, renvoyant et réarmant dès le lendemain 100.000 soldats allemands pour réprimer la révolte des ouvriers, assassinant dans le même temps Rosa Luxemburg, et Karl Liebknecht, décapitant ainsi la ligue spartakiste assassinant des centaines de militants communistes.

Les survivants de ce meurtre collectif que fut la guerre de 14-18 n’avaient, en France, que deux idées en tête :

  • 1) l’instauration de la paix
  • 2) Eloigner de la vie politique, les hommes qui avaient conduit notre pays à la guerre et à son état social qui suivi.

C’est profondément marqués par cette guerre que se réunirent les délégués au Congrès National du Parti Socialiste à Tours, en décembre 1920.

Remplis de haine pour la guerre, pleins d’espoir après la Révolution Russe de 1917, assoiffés de justice, de liberté, de fraternité, des valeurs républicaines, les délégués majoritairement d’anciens soldats se sont engagés.

Il faut noter que ces hommes, Paul Vaillant-Couturier, Georges Bruyère, Jean Duclos, Jacques Duclos, Jean Catelas, Romain Rolland et tant d’autres dirigeants et militants de l’ARAC ont fait le choix de créer le Parti Communiste Français.

Ce choix des délégués c’est l’expression de la volonté de ces militants de s’engager dans une voie nouvelle répondant aux aspirations de paix, de respect des peuples, de justice sociale.

Dès sa création le Parti Communiste Français, ses militants ont du affronter la montée du fascisme, le dur débat d’idées, la colère et la violence des forces impérialistes contre lui.

C’est pour tout cela qu’il y a un lien entre la fin de la guerre de 14-18, la création du Parti Communiste Français et son attachement aux valeurs républicaines et à la souveraineté nationale.

J’en veux pour preuve que l’une des premières grandes manifestations contre l’occupant, en France, fut celle des étudiants, à l’initiative des étudiants communistes, le 11 novembre 1940, dans Paris occupé.

L’histoire du mouvement ouvrier, de la défense de la conception républicaine de la France sont profondément liés à la place et au rôle du Parti Communiste Français. C’est bien de se le rappeler au moment du Centenaire du Congrès de Tours.

Patrick STAAT

Secrétaire Général de l’ARAC

Déclaration du Bureau National de l’ARAC – décès de André Fillère

ANDRE FILLERE NOUS A QUITTE

Nous avons appris, avec tristesse, le décès de notre camarade André Fillère, emporté par la Covid 19.

André, le militant, qui a choisi à son retour de la Guerre en Algérie, dès 1960, d’adhérer à l’ARAC, fondée en 1917 par Henri Barbusse et Paul Vaillant Couturier, pendant la Grande Guerre, dont les options politiques « sont plus proches de celles de sa famille et qu’il qualifie d’antifascistes et d’anticapitalistes. » comme il aimait le souligner.

André s’engage, en militant résolu et fidèle jusqu’à la fin de sa vie, à ces convictions avec ses camarades de l’ARAC et du Réveil des combattants, dont il a été un responsable jusqu’au bout dans les combats permanents, toujours précieux et irremplaçables pour la défense du droit républicain imprescriptible à réparation, pour les anciens combattants et OPEX, pour la reconnaissance des psycho-traumatismes de guerre, pour la pérennité de l’indispensable travail de mémoire, pour la sauvegarde et la construction de l’amitié et la solidarité entre les peuples. Il restera un défenseur acharné des valeurs républicaines si malmenées de nos jours.

Il sera enfin, toujours, du combat de l’ARAC pour la Paix, mené inlassablement dans l’attachement profond à la Charte des Nations Unies et au droit des peuples à disposer d’eux -mêmes.

La confiance de ses amis et camarades l’a conduit à être un dirigeant de l’ARAC, Président de sa mutuelle, membre du Conseil d’Administration de l’ONAC et dirigeant national de l’UFAC.

Les membres du Bureau National de l’ARAC, dont il fut un dirigeant reconnu pendant plusieurs décennies, présentent leurs plus vives condoléances à sa famille, à ses proches, à ses amis de la Mutuelle Familiale qui ont accueilli la Mutuelle de l’ARAC, à tous ceux qui ont eu le plaisir de le côtoyer et de partager ses engagements.

Cher André sache que notre ARAC poursuit et poursuivra ton combat.

Villejuif, le 07/11/20

2 Place du Méridien- 94807 Villejuif cedex — Tél. 01 42 11 11 11 —  arac.nationale@orange.fr —

Décès de notre camarade André Fillère

Avec peine que nous apprenons le décès d André. Il a été un dirigeant de l ARAC et de sa mutuelle, CA de l ONAC, membre du Bureau de l UFAC . Cette perte nous peine car au delà des échanges c est un ami, un camarade, défenseur des anciens combattants, des valeurs de l ARAC qui s en va. C était un battant de la paix et de l amitié entre les peuples. Toutes nos condoléances à sa famille et à ses proches. Pour la direction de l’ARAC. Patrick Staat secrétaire général

LES COMBATS POUR DEMAIN

Edito du Réveil des Combattants – Novembre 2020 – de Patrick STAAT

LES COMBATS POUR DEMAIN

La situation en France appelle d’urgence à ce que se rassemblent tous ceux qui veulent préserver notre Nation, défendre les valeurs de la République, redonner sens à la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » avec au cœur les questions de laïcité. Cela demande courage et détermination quand ces valeurs sont attaquées.

Ces valeurs républicaines, c’est notre histoire commune depuis 1789, depuis plus de deux siècles des hommes et des femmes ont construit ces valeurs.

La laïcité, inscrite dans la Constitution de notre République, est le fruit d’une longue histoire marquée par de durs combats, de 1871 à Jean Jaurès, en passant par Jules Ferry et le CNR.

L’école est le creuset de la République, c’est un des piliers émancipateurs que porte la République. Former, éduquer, nourrir le débat d’idées pour donner les moyens à chacun de comprendre et de se forger une opinion, agir en pleine conscience.

Nous sommes convaincus de l’utilité du service public d’éducation où chaque jeune soit en situation d’égalité. Il faut mettre fin au financement de l’école privée pour favoriser l’éducation nationale. La crise sanitaire a révélé les inégalités scolaires. Pour cela il faut arrêter les suppressions massives de postes engagées depuis 30 ans et lancer un plan massif de recrutement et payer correctement les enseignants. L’école est la principale arme face à l’obscurantisme, aux manipulations de l’histoire.

Nous venons de fêter le 75ème anniversaire de la défaite des nazis en Europe. Des femmes et d’hommes de tous pays se sont retrouvés dans la Résistance pour chasser le fascisme. L’actualité récente nous prouve que nous avons besoin de nous unir et de nous rassembler face à l’obscurantisme qui conduit au terrorisme, aux attentats fascistes.

Alors oui, le mot d’ordre : que la France retrouve toute sa souveraineté, « sociale, économique, politique » est important par les temps actuels.

Engageons l’action et faisons face à ce qui arrive aujourd’hui, retrouvons et surtout construisons la France de demain.

Cela passe aussi par le refus du recul social et liberticide que nous impose le gouvernement qui privilégie plus l’intérêt du CAC 40 à celui de l’intérêt de l’immense majorité de la population. Au nom de la rentabilité, les services publics sont cassés, les lois sociales remises en cause.

Bientôt le passage aux urgences sera taxé, c’est inacceptable. Tout comme sont inacceptables les restructurations des hôpitaux qui se poursuivent, les fermetures de lits, le manque de personnels soignants… alors que nous vivons une crise sanitaire grave.

Engageons l’action et faisons face à ce qui arrive aujourd’hui, retrouvons et surtout construisons la France de demain.

DECLARATION DE L’ARAC APRES L’ACTE FASCISTE DU 16 OCTOBRE 2020

DECLARATION DE L’ARAC APRES L’ACTE FASCISTE DU 16 OCTOBRE 2020

L’ARAC condamne fermement l’acte fanatique, fasciste, qui a conduit à la mort de Samuel Paty.

L’ARAC apporte sa solidarité, son soutien, à la famille, au corps enseignant. Cet évènement, cet acte de violence, nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire.

La France est un pays de libertés, le pays de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, n’en déplaise à tous ceux qui essayent de diviser, de communautariser notre société. Les valeurs républicaines portent l’émancipation de l’humanité.

La devise : « Liberté, Egalité, Fraternité », rappelle les principes et les valeurs fondatrices du pays, est devenue un symbole de la République, tout comme « Marianne », la Marseillaise et le drapeau tricolore.

La seule loi qui prévaut en France est la loi républicaine. Jamais une loi confessionnelle ne doit pouvoir s’imposer.

Nous appelons à avoir le courage de s’opposer à tous ceux qui veulent imposer un obscurantisme liberticide sur notre pays. Ne laissons pas gangréner la société française.

Il faut nommer les choses par leur nom.   Nommer le fascisme.   Ne faire aucun compromis. Fermer les yeux, c’est collaborer.

Avec les gouvernements successifs, la laïcité est sans cesse rognée, l’école publique est dévalorisée, nos valeurs républicaines mises à mal. Il y a eu trop de complaisance à l’égard de ceux, toutes religions confondues, qui remettent en cause les principes d’égalité, de liberté, de laïcité, qui fondent la Nation française.

En visant l’enseignant, les fascistes cherchent à casser la chaine de transmission des valeurs de la République, à détruire ce qui fait notre nation et à imposer une autre loi.

Dans ce rôle, les enseignants sont en première ligne, voilà pourquoi il faut les former, les considérer, les rémunérer et leur donner les moyens de jouer pleinement leur rôle d’éducateur, redonner du civisme aux nouvelles générations.

L’école est le creuset de la République, c’est un des piliers du projet émancipateur que porte la République Française. L’école, que ce soit à travers son cadre institutionnel ou les enseignants, ne doit en aucune manière céder aux pressions communautaristes qui, ici, voudraient changer le cours d’histoire, là, décider qui mange quoi et ailleurs réviser l’enseignement des sciences.

A l’ARAC, nous continuerons à prendre toute notre place dans le combat pour la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité. Tout comme elle poursuivra sa lutte pour que la France retrouve toute sa souveraineté économique et politique.

Le Secrétariat National

Villejuif, le 20 octobre 2020

2 Place du Méridien- 94807 Villejuif cedex — Tél. 01.42.11.11.11 —  arac.nationale@orange.fr —

11 NOVEMBRE 2020 – DECLARATION DE L’ARAC

Déclaration de l’ARAC pour le 11 novembre 2020

Il y a 102 ans, le 11 novembre 1918, la guerre de 1914-1918 qui opposa les puissances de l’entente, Grande-Bretagne et France, aux empires centraux ayant pour centre le Reich allemand, prenait fin lors de l’armistice négocié et signé par les représentants des deux coalitions.

Cette 1ère guerre mondiale avait éclaté au moment où les puissances colonialistes avaient pratiquement terminé un partage du monde, où elles ont pratiqué sans retenue la violence.

Ces pratiques coloniales furent reprises et généralisées dans le cadre de la guerre sur tous les fronts : combattants des tranchées, travailleurs forcés, combattants originaires des colonies, femmes, qui eurent pour résultats des hécatombes massives telles Verdun, Gallipoli, les Dardanelles, etc.

Tout au long de ces combats les soldats des deux camps ont été éprouvés aux points qu’ils finissaient par montrer leurs désespoirs, leurs refus de cette guerre par des refus d’engager l’assaut. Alors qu’ils faisaient preuve d’un courage exceptionnel pour défendre leur patrie à la souveraineté de laquelle ils étaient profondément attachés.

Le commandement, devant cette colère de la troupe, pour masquer sa responsabilité, a convoqué des conseils de guerre qui provoquèrent 2500 condamnations de soldats à être fusillés pour l’exemple dont 639 furent fusillés et les autres déportés.

Encore aujourd’hui, l’ARAC exige la réhabilitation collective de tous ces fusillés pour l’exemple ce qui permettrait de les honorer sur les monuments aux morts de la guerre 1914-1918, de leur rendre hommage aujourd’hui devant leurs familles et le pays aux côtés de leurs 1.400.000 camarades tués dans les combats sans oublier les 740.000 invalides, les 3.000.000 de blessés et les centaines de milliers de veuves et orphelins.

Le 11 novembre 1918, la guerre cessait du fait de l’accord entre tous les belligérants sans qu’aucune victoire définitive ne fût remportée.

Les affreuses conditions de son déroulement, la répression de masse, l’insuffisance des ressources vitales des populations des pays qui avaient été engagés dans la guerre provoquaient des mouvements populaires que les dirigeants de ces Nations entendaient maitriser et, pour ce faire, disposer des moyens d’agir sans être encombré d’une guerre qui n’en finirait pas. D’où l’armistice.

Du côté des populations civiles, le 11 novembre 1918 constituait la victoire de la paix et sa commémoration annuelle a gardé depuis cette signification contre la guerre et ses dramatiques conséquences.

L’ARAC qui est née de cette guerre, autrement dit de la volonté de ses soldats survivants, y est profondément attachée. Sur ce plan, elle tient a rappelé qu’elle a vivement protesté et refusé la loi du 28 février 2012 qui fixa au 11 novembre le jour de la commémoration de tous les morts pour la France quel que soit le conflit.

Vouloir confondre les situations historiques, c’est gommer les spécificités, les raisons de ces engagements, c’est laisser penser que tout se vaut. C’est un obstacle au nécessaire travail de mémoire, c’est nier l’histoire de notre pays.

Pour l’ARAC, commémorer le 11 novembre 1918, c’est d’abord agir pour la paix, agir pour faire cesser les conflits, agir pour que chaque homme, chaque femme, chaque enfant, chaque famille dispose des moyens de vivre dans une paix durable.

Villejuif, le 12 octobre 2020

17 OCTOBRE 1961 – 17 OCTOBRE 2020 – Obtenir la reconnaissance du crime par l’Etat

17 octobre 1961 — 17 octobre 2020

Obtenir la reconnaissance du crime par l’Etat

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement contre le couvre-feu imposé par le préfet de l’époque, monsieur Papon, quelques mois avant la fin de la guerre d’Algérie.

Dans la nuit du 17 octobre et durant les jours qui suivirent, la répression des forces de police dirigée par le préfet Papon, fut d’une extrême violence.

Manifestants arrêtés, torturés, entassés dans les bus de la RATP, réquisitionnés et enfermés dans les commissariats et dans les stades parisiens étaient courants. Des algériens furent tués par balles, assassinés dans la cour de la préfecture de police de Paris, jetés dans la Seine.

Ce fut un événement d’une gravité exceptionnelle de la répression d’état, la plus violente qu’ait jamais provoquée une manifestation de rue en Europe occidentale dans l’histoire contemporaine.

Il n’a pas été possible jusqu’ici de connaitre combien de personnes sont mortes dans ces massacres.

C’est pourquoi l’ARAC demande le libre accès à l’ensemble des archives relatant des travaux des chercheurs et historiens français sur ces massacres.

Par cette disposition l’état français arriverait à rompre le silence et provoquerait par la voix de son parlement, la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961. Par cette reconnaissance officielle, la République française œuvrerait au rapprochement franco-algérien, à un traité de paix et d’amitié plus que jamais nécessaire aujourd’hui.

L’ARAC, comme tous les ans, sera présente le 17 octobre prochain, au Pont St Michel pour faire triompher : « Vérité et Justice » pour ces massacres.

Villejuif, le 24 septembre 2020