Bruxelles et Paris sous l’emprise des lobbies fossiles – page 7 de notre journal du mois qui n’a pu être imprimé – le texte en format word sous l’image

Bruxelles et Paris sous l’emprise des lobbies fossiles

Les cinq plus grandes compagnies pétrolières et gazières mondiales (BP, ExxonMobil, Chevron, Shell et Total) et leurs lobbyistes ont dépensé au moins 251 millions d’euros en lobbying auprès de l’Union européenne depuis 2010. En France aussi, les données du registre de transparence montrent que les entreprises impliquées dans les énergies fossiles ont dépensé 8,6 millions d’euros de lobbying en 2018. Un collectif d’ONG, auquel s’associe l’Observatoire des multinationales, lance une campagne pour « bouter les énergies fossiles hors des cercles de décision politique ».

BP, ExxonMobil, Chevron, Shell et Total sont responsables de 7,4% des émissions globales de gaz à effet de serre entre 1998 et 2015. En 2018, elles ont engrangé 82 milliards de dollars US de profits. Et ces cinq multinationales ont mis les moyens nécessaires pour s’assurer que leurs affaires florissantes ne seraient pas remises en cause.

Depuis 2010, comme le révèle un nouveau rapport auquel s’associe l’Observatoire des multinationales, elles ont dépensé collectivement, avec leurs lobbies sectoriels, plus de 251 millions d’euros en lobbying à Bruxelles, déployé une armée de plus de 200 lobbyistes dans la capitale européenne, obtenu 327 rendez-vous avec des dirigeants de la Commission Juncker (2014-2019), soit plus d’une par semaine.

En France, où nous ne disposons de chiffres indicatifs sur les dépenses de lobbying que depuis 2017, le poids des industriels des énergies fossiles est tout aussi considérable. 10 entreprises du secteur, emmenées par Total, Engie, EDF, Vermilion et Uniper, ont dépensé jusqu’à 8,6 millions d’euros en lobbying à Paris en 2018.

À Bruxelles comme à Paris, ces dépenses de lobbying proprement dites sont complétées par une stratégie d’influence des pouvoirs publics de l’intérieur, à travers pantouflages et « portes tournantes » (circulation de personnel entre secteur public et secteur privé), dont Total est particulièrement friande. En mai 2019, l’entreprise a procédé à un recrutement remarqué : celui de Jean-Claude Mallet, qui a passé sa carrière de haut fonctionnaire dans le secteur de la défense avant de devenir conseiller spécial de Jean-Yves Le Drian au ministère des Armées puis à celui des Affaires étrangères. Jean-Claude Mallet est le nouveau responsable des affaires publiques – autrement dit des relations avec les gouvernements – du groupe pétrolier. Celui-ci s’est fait une spécialité de ces embauches de haut vol. En 2016, il avait débauché Denis Favier, ancien patron du GIGN et de la gendarmerie, pour en faire son directeur de la sécurité. Dans un autre domaine, Jean-François Minster, éminent spécialiste des océans et membre de l’Académie des sciences, a été recruté comme directeur scientifique du groupe. En sens inverse, des anciens cadres de Total se sont recasés dans le gouvernement d’Emmanuel Macron, comme Ahlem Gharbi, conseillère diplomatique de l’Elysée entre 2017 et 2019, ou Philippe Baptiste, directeur de cabinet de la ministre de la Recherche Frédérique Vidal.

Les associations à l’initiative du rapport (Amis de la Terre France, Amis de la Terre Europe, Corporate Europe Observatory, Food & Water Europe, Greenpeace UE) lancent à cette occasion la campagne « Fossil Free Politics » (« politiques sans énergies fossiles ») pour limiter l’influence des multinationales pollueuses sur nos décisions en matière d’énergie et de climat.

Source : L’Observatoire des Multinationales  – 24/10/19

Olivier Petitjean

Tous contre Bernie Sander – de Jean-Pierre Delahaye

Tous contre Bernie Sander

La pression s’est accentuée sur Bernie Sanders, qui va faire le point sur sa campagne dans la course à la Maison Blanche après une nouvelle série de défaites (voir notre article) dans les primaires démocrates face à Joe Biden.

Le sénateur indépendant est reparti dans le Vermont pour « évaluer » dans les prochaines semaines ses chances d’être celui qui affrontera Donald Trump à la présidentielle du 3 novembre, a indiqué son équipe de campagne au lendemain de la claque prise dans les trois Etats en jeu.

Bernie Sanders, « socialiste » autoproclamé de 78 ans, est sous pression depuis fin février. Malgré des débuts laborieux, son rival Joe Biden enchaîne les victoires. Avec 19 succès sur 24 scrutins, l’avance de l’ancien vice-président américain semble désormais insurmontable en vue de l’investiture démocrate pour la présidentielle. « La pression va être énorme sur lui (Sanders) pour qu’il quitte la course, parce que c’est terminé » a décrété sur CNN un ancien conseiller d’Obama… L’ancienne sénatrice du Missouri Claire McCaskill a, pour sa part, estimé sur MSNBC qu’il était « temps » pour Sanders de se retirer au profit d’un candidat « qui a clairement la préférence des électeurs ». Tout en soulignant que Bernie Sanders va toutefois « avoir beaucoup de délégués et de pouvoir pour influencer le programme » démocrate lors de la convention du parti prévue à la mi-juillet. Pour Robby Sherwood, responsable démocrate de l’Arizona, le sénateur du Vermont n’a désormais « ni chemin, ni raison valable de continuer ».

Selon la société spécialisée Advertising analytics, l’équipe de Sanders ne diffuse plus de spots publicitaires sur Facebook et a stoppé ses messages à la télévision. Cette interruption pourrait être le premier signe d’un prochain retrait, même si son directeur de la communication Mike Casca a nié farouchement tout abandon pour l’instant.

De son côté, Trump a estimé que la course était déjà terminée pour Bernie Sanders. Le parti démocrate a réalisé « bien avant l’heure » son  plus beau souhait, vaincre Bernie Sanders, » a-t-il affirmé sur Twitter. Le locataire de la Maison-Blanche se frotte les mains. Ses meilleurs alliés pour renouveler son bail sont démocrates !

JPD

Pages 4 – 5 et 6 de notre journal, qui n’a pu être imprimé. Sous les images, les textes en format word

« Il est temps de s’apercevoir que la santé doit échapper à la loi du marché ! »

En annonçant une série de mesures pour lutter contre la propagation du coronavirus, Emmanuel Macron a rendu hommage au modèle social français et plus particulièrement aux personnels de santé. Mais pour le Professeur de la Pitié-Salpêtrière André Grimaldi, « les mots ne suffisent plus ».

« Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-Providence, ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe », a défendu le chef de l’Etat. Surtout, Emmanuel Macron s’est dit résolu à « placer en dehors des lois du marché » un certain nombre de biens et de services. « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie (…) à d’autres est une folie ».

Pour le Professeur émérite d’endocrinologie-diabétologie André Grimaldi, il est temps de s’apercevoir que la santé ne se gère pas comme « une entreprise commerciale (…) car la santé n’a pas de prix« .

Comment accueillez-vous les mesures sanitaires annoncées par Emmanuel Macron ?

…Pour les hôpitaux, c’est un grand salut, un hommage aux soignants, mais ce ne sont pas des décisions ! Parce que tout ce qu’il a annoncé est déjà en route. Et il n’y a pas un mot, hélas, sur le fait qu’il faudrait un rectificatif budgétaire. Parce qu’il y a seulement six mois, on mettait les hôpitaux encore et toujours sous austérité.

Cette crise lui fait comprendre un certain nombre de choses essentielles à la vie d’une nation ne doivent pas être soumises aux lois du marché. Il serait temps de s’en apercevoir que la santé doit échapper aux lois du marché !

Une décision concrète serait d’ailleurs par exemple de suspendre le paiement à l’activité ou aux prestations des hôpitaux, comme cela se passe dans une entreprise commerciale. On va donner un budget aux hôpitaux pour travailler et pas les mettre dans cette situation. Un moratoire immédiat sur la tarification des activités serait le bienvenu pour les soignants.

… Nous avons tous, depuis le début, soutenu les mesures gouvernementales, en se mobilisant au maximum. Mais, à part des mots pour les soignants, il n’y a rien.

Pour vous, les moyens ne correspondent absolument pas aux ambitions ?

Si on veut mobiliser les soignants, si on dit que les valeurs suprêmes ce n’est pas le premier de cordée, ce ne sont pas les milliardaires, ce sont les gens qui se dévouent à la cause commune, alors, il faut faire un rectificatif budgétaire pour l’hôpital. On prendra les mesures nécessaires pour que les soignants soient correctement payés, que les infirmières soient embauchées et évidemment les hôpitaux seront payés pour le bien qu’ils rendent à la nation et non dans un calcul comptable, comme s’ils étaient une entreprise commerciale. Ce qui est actuellement toujours le cas.

Cela manque de concret pour les hôpitaux. Les soignants en ont un peu assez qu’on leur dise qu’ils sont des gens admirables et qu’en conséquence, ils peuvent débuter à 1.600 euros brut par mois.

De combien serait ce rectificatif budgétaire, selon vous ?

Il ne s’agit pas d’inventer des chiffres, il faut prendre ceux du gouvernement. Lorsqu’il a fait voter le budget de l’hôpital, avant l’épidémie, il demandait 800 millions d’euros d’économies.

Le plan d’urgence présenté par le Premier ministre avec l’ancienne ministre de la Santé, Mme Buzyn donnait 200 millions d’euros.

Déjà, par rapport à avant l’épidémie, il manquait 600 millions d’euros. Il y a 400 postes d’infirmières que l’on n’arrive pas à recruter en Ile-de-France.

Du coup, si l’hôpital n’a pas les moyens de gérer cette crise, que va-t-il se passer, quelles sont vos inquiétudes ?

…Parce que l’on va dire priorité aux détresses respiratoires, la première victime sera justement le diabétique qui n’est pas infecté, mais qui a des complications du pied, etc.

La deuxième chose, si l’épidémie est très importante, et j’appuie les décisions du gouvernement et j’appelle à les suivre.

Et 5% des patients infectés vont en réanimation. Alors si nous avons 1 million de personnes infectées, cela fait 50.000 personnes en réanimation : notre système de santé sera débordé. Et si cela ce produit, le Président n’en a pas parlé mais il faudra faire comme l’Italie. On sera amené à faire des choix et à les assumer. Pas des choix médicaux mais des choix de l’ordre : il a 45 ans ou 50 ans, je le prends. S’il a 60 ans ou 70 ans, je ne le prends pas. Ce n’est jamais arrivé encore. Donc, la priorité absolue est d’ouvrir des lits de réanimation.

Mais il faudra des infirmières, des infirmières formées présentes 24h/24 heures. Donc, on va payer aussi dix ans d’une politique, et qui a continué encore ces trois dernières années malgré nos alertes ! Rappelez-vous que le plan d’urgence présenté par le Premier ministre pour l’hôpital l’a été après même que l’Assemblée nationale avait voté un budget d’austérité ! C’est à cause de la mobilisation des soignants qu’en urgence on a dit qu’il fallait un rectificatif.

Cette épidémie montre l’absurdité du système hospitalier actuel. Il n’est pas adapté aux urgences, à la réanimation, aux maladies chroniques. On le dit depuis dix ans. On l’a dit à madame Buzyn qui en avait convenu, mais qui n’en a rien fait. Du point de vue de l’hôpital, les mots ne suffiront pas

75 ans de casse de la sécurité sociale et de l’hôpital

1946 : Dans un pays ruiné, le gouvernement de la Libération, sous l’inspiration du CNR et d’Ambroise Croizat, imposait la sécurité sociale.

2020: dans le même pays, 5éme puissance du monde, 40 % des Français renoncent à se soigner.

Entre temps « la sécu » est passée au laminoir : 70 ans de casse ont éloigné l’institution de ses principes fondateurs. L’hostilité de la droite et du patronat s’engage dès 1946. Ils évoquent la lourdeur que font peser sur l’économie ce qu’ils nomment des «charges ». Les cotisations sociales ne sont en rien des « charges ». Parties intégrantes de la rémunération, elles sont un salaire socialisé. Ainsi que l’écrit M. Ciadella, conseiller CGT: « L’entreprise est le résultat du travail de générations de salariés sans lesquels il n’y a pas de richesse créée. Il est légitime qu’une part de ses richesses aille à leur protection sociale. Les véritables charges sont financières (actionnaires, intérêts) » Tandis que De Gaulle instaure dès 1960 le contrôle d’Etat sur les budgets et le renforcement du pouvoir des directeurs, le CNPF lance une violente campagne anti sécurité sociale : «Les travailleurs doivent se couvrir eux-mêmes. Les compagnies d’assurances sont faites pour cela. »

Les ordonnances de 1967 cassent l’unicité du système. Les élections sont supprimées tandis que s’impose le paritarisme. Les Plans Barre, Veil, accélèrent les déremboursements alors qu’Y. Chotard, qualifie le système de «machine irresponsable qui conduisant les hommes à n’acquérir qu’un complexe d’assistés. L’économie va s’effondrer sous les charges !» Le propos est erroné au regard des chiffres du CNPF lui-même. Selon ce dernier, la part des prestations de sécurité sociale rapportée au revenu national était de : 20,30 pour l’Allemagne, 19,50 seulement pour la France. Instauration du forfait hospitalier, décrets Dufoix, plan Seguin prolongent la baisse des remboursements.

En 1990, M. Rocard instaure la Contribution Sociale Généralisée. Ouvrant la fiscalisation accélérée de la macronie, elle désengage les entreprises en ponctionnant salariés et retraités. Viendront les réformes Veil-Balladur qui font passer à 40 ans la durée de cotisation pour le droit à une retraite pleine tandis qu’avec A. Juppé naît la « Contribution au Remboursement de la Dette Sociale ».

Ainsi se dirige-t-on selon le Syndicat des Médecins Libéraux vers «Le grand tournant libéral annonçant la fin du monopole de la sécurité sociale en partenariat avec AXA » Ce projet se précise jusqu’en 2013 : instauration des franchises, réformes des retraites, exonérations de cotisations patronales estimées en 2018 à 25 milliards d’euros ! Ces déstructurations servent un objectif clair: privatiser l’outil.

L’argent de la sécurité sociale, 537 milliards d’euros, suscite des appétits. C. Bébéar, président d’AXA déclarait : « La santé est un marché, la concurrence doit s’exercer librement ».Centrée sur l’obsession de la réduction des coûts salariaux, la gestion capitaliste pousse à organiser l’exclusion de nombreux salariés et augmenter le poids supporté par la sécurité sociale. Aucun instrument d’analyse n’a été prévu pour mesurer les effets bénéfiques de la « Sécu ». La comptabilité n’enregistre que les coûts, négligeant les effets des prestations dans la santé de la Nation.

Citons en quelques uns : moteur du développement, la sécurité sociale stimule la recherche et les progrès de la médecine. Elle est un vecteur de l’allongement de la durée et de la qualité de la vie. N’oublions pas également le rôle joué par l’institution lors des « crises » financières. Fondée sur la solidarité, elle a fonctionné comme un « amortisseur social ». Même ses pourfendeurs louent son efficacité. Ainsi C. Lagarde : « La sécurité sociale a été critiquée pour sa lourdeur mais en période de crise contrairement aux autres nations, elle nous aide fortement à résister au ralentissement économique». Belle reconnaissance quand on songe que D. Kessler incitait à détricoter un « système ringard, hérité du CNR, des communistes et de la CGT »

La recherche de la rentabilité pousse à réduire les dépenses considérées comme des « charges ». C’est cette logique que poursuit Macron, et qu »il faut changer en tenant compte des besoins vitaux de la population.

Il convient tout d’abord de consolider un système assis sur la création de richesses dans l’entreprise. Ce type de financement s’inscrit dans une logique de responsabilisation des entreprises sur la protection sociale. Plusieurs mesures pourraient être engagées dont une réforme de l’assiette des cotisations. Sa base de calcul n’a pas évolué à la même vitesse que les modes de production ou les marchés boursiers. Près de 318,2 milliards revenus financiers échappent au financement de la protection sociale. Soumis à cotisations, ils rapporteraient 84 milliards. Que dire des paradis fiscaux où s’évadent près de 100 milliards! Evasion fiscale rime aussi avec « évasion d’emplois ». Cette hémorragie est autant de cotisations perdues.

Une politique de protection sociale exige une ambitieuse politique de l’emploi (1 % de masse salariale représente 2 milliards d’euros pour la sécurité sociale). Elle ne peut se passer d’un programme de prévention. Selon une enquête, près de 2 millions de personnes travaillent dans des milieux cancérigènes. Le coût des maladies professionnelles représenterait 68 milliards d’euros ! L’avenir réclame parallèlement une autre gestion de la filière pharmaceutique, une maitrise publique dans le sillage d’une nationalisation. S’impose enfin une gestion démocratique de la protection sociale.

Il est plus qu’urgent de revenir à des Conseils d’administration disposant de véritables pouvoirs sous le contrôle des salariés et des usagers.

75 ans de casse de la sécurité sociale et de l’hôpital

1946 : Dans un pays ruiné, le gouvernement de la Libération, sous l’inspiration du CNR et d’Ambroise Croizat, imposait la sécurité sociale.

2020: dans le même pays, 5éme puissance du monde, 40 % des Français renoncent à se soigner.

Entre temps « la sécu » est passée au laminoir : 70 ans de casse ont éloigné l’institution de ses principes fondateurs. L’hostilité de la droite et du patronat s’engage dès 1946. Ils évoquent la lourdeur que font peser sur l’économie ce qu’ils nomment des «charges ». Les cotisations sociales ne sont en rien des « charges ». Parties intégrantes de la rémunération, elles sont un salaire socialisé. Ainsi que l’écrit M. Ciadella, conseiller CGT: « L’entreprise est le résultat du travail de générations de salariés sans lesquels il n’y a pas de richesse créée. Il est légitime qu’une part de ses richesses aille à leur protection sociale. Les véritables charges sont financières (actionnaires, intérêts) » Tandis que De Gaulle instaure dès 1960 le contrôle d’Etat sur les budgets et le renforcement du pouvoir des directeurs, le CNPF lance une violente campagne anti sécurité sociale : «Les travailleurs doivent se couvrir eux-mêmes. Les compagnies d’assurances sont faites pour cela. »

Les ordonnances de 1967 cassent l’unicité du système. Les élections sont supprimées tandis que s’impose le paritarisme. Les Plans Barre, Veil, accélèrent les déremboursements alors qu’Y. Chotard, qualifie le système de «machine irresponsable qui conduisant les hommes à n’acquérir qu’un complexe d’assistés. L’économie va s’effondrer sous les charges !» Le propos est erroné au regard des chiffres du CNPF lui-même. Selon ce dernier, la part des prestations de sécurité sociale rapportée au revenu national était de : 20,30 pour l’Allemagne, 19,50 seulement pour la France. Instauration du forfait hospitalier, décrets Dufoix, plan Seguin prolongent la baisse des remboursements.

En 1990, M. Rocard instaure la Contribution Sociale Généralisée. Ouvrant la fiscalisation accélérée de la macronie, elle désengage les entreprises en ponctionnant salariés et retraités. Viendront les réformes Veil-Balladur qui font passer à 40 ans la durée de cotisation pour le droit à une retraite pleine tandis qu’avec A. Juppé naît la « Contribution au Remboursement de la Dette Sociale ».

Ainsi se dirige-t-on selon le Syndicat des Médecins Libéraux vers «Le grand tournant libéral annonçant la fin du monopole de la sécurité sociale en partenariat avec AXA » Ce projet se précise jusqu’en 2013 : instauration des franchises, réformes des retraites, exonérations de cotisations patronales estimées en 2018 à 25 milliards d’euros ! Ces déstructurations servent un objectif clair: privatiser l’outil.

L’argent de la sécurité sociale, 537 milliards d’euros, suscite des appétits. C. Bébéar, président d’AXA déclarait : « La santé est un marché, la concurrence doit s’exercer librement ».Centrée sur l’obsession de la réduction des coûts salariaux, la gestion capitaliste pousse à organiser l’exclusion de nombreux salariés et augmenter le poids supporté par la sécurité sociale. Aucun instrument d’analyse n’a été prévu pour mesurer les effets bénéfiques de la « Sécu ». La comptabilité n’enregistre que les coûts, négligeant les effets des prestations dans la santé de la Nation.

Citons en quelques uns : moteur du développement, la sécurité sociale stimule la recherche et les progrès de la médecine. Elle est un vecteur de l’allongement de la durée et de la qualité de la vie. N’oublions pas également le rôle joué par l’institution lors des « crises » financières. Fondée sur la solidarité, elle a fonctionné comme un « amortisseur social ». Même ses pourfendeurs louent son efficacité. Ainsi C. Lagarde : « La sécurité sociale a été critiquée pour sa lourdeur mais en période de crise contrairement aux autres nations, elle nous aide fortement à résister au ralentissement économique». Belle reconnaissance quand on songe que D. Kessler incitait à détricoter un « système ringard, hérité du CNR, des communistes et de la CGT »

La recherche de la rentabilité pousse à réduire les dépenses considérées comme des « charges ». C’est cette logique que poursuit Macron, et qu »il faut changer en tenant compte des besoins vitaux de la population.

Il convient tout d’abord de consolider un système assis sur la création de richesses dans l’entreprise. Ce type de financement s’inscrit dans une logique de responsabilisation des entreprises sur la protection sociale. Plusieurs mesures pourraient être engagées dont une réforme de l’assiette des cotisations. Sa base de calcul n’a pas évolué à la même vitesse que les modes de production ou les marchés boursiers. Près de 318,2 milliards revenus financiers échappent au financement de la protection sociale. Soumis à cotisations, ils rapporteraient 84 milliards. Que dire des paradis fiscaux où s’évadent près de 100 milliards! Evasion fiscale rime aussi avec « évasion d’emplois ». Cette hémorragie est autant de cotisations perdues.

Une politique de protection sociale exige une ambitieuse politique de l’emploi (1 % de masse salariale représente 2 milliards d’euros pour la sécurité sociale). Elle ne peut se passer d’un programme de prévention. Selon une enquête, près de 2 millions de personnes travaillent dans des milieux cancérigènes. Le coût des maladies professionnelles représenterait 68 milliards d’euros ! L’avenir réclame parallèlement une autre gestion de la filière pharmaceutique, une maitrise publique dans le sillage d’une nationalisation. S’impose enfin une gestion démocratique de la protection sociale.

Il est plus qu’urgent de revenir à des Conseils d’administration disposant de véritables pouvoirs sous le contrôle des salariés et des usagers.

75 ans de casse de la sécurité sociale et de l’hôpital

1946 : Dans un pays ruiné, le gouvernement de la Libération, sous l’inspiration du CNR et d’Ambroise Croizat, imposait la sécurité sociale.

2020: dans le même pays, 5éme puissance du monde, 40 % des Français renoncent à se soigner.

Entre temps « la sécu » est passée au laminoir : 70 ans de casse ont éloigné l’institution de ses principes fondateurs. L’hostilité de la droite et du patronat s’engage dès 1946. Ils évoquent la lourdeur que font peser sur l’économie ce qu’ils nomment des «charges ». Les cotisations sociales ne sont en rien des « charges ». Parties intégrantes de la rémunération, elles sont un salaire socialisé. Ainsi que l’écrit M. Ciadella, conseiller CGT: « L’entreprise est le résultat du travail de générations de salariés sans lesquels il n’y a pas de richesse créée. Il est légitime qu’une part de ses richesses aille à leur protection sociale. Les véritables charges sont financières (actionnaires, intérêts) » Tandis que De Gaulle instaure dès 1960 le contrôle d’Etat sur les budgets et le renforcement du pouvoir des directeurs, le CNPF lance une violente campagne anti sécurité sociale : «Les travailleurs doivent se couvrir eux-mêmes. Les compagnies d’assurances sont faites pour cela. »

Les ordonnances de 1967 cassent l’unicité du système. Les élections sont supprimées tandis que s’impose le paritarisme. Les Plans Barre, Veil, accélèrent les déremboursements alors qu’Y. Chotard, qualifie le système de «machine irresponsable qui conduisant les hommes à n’acquérir qu’un complexe d’assistés. L’économie va s’effondrer sous les charges !» Le propos est erroné au regard des chiffres du CNPF lui-même. Selon ce dernier, la part des prestations de sécurité sociale rapportée au revenu national était de : 20,30 pour l’Allemagne, 19,50 seulement pour la France. Instauration du forfait hospitalier, décrets Dufoix, plan Seguin prolongent la baisse des remboursements.

En 1990, M. Rocard instaure la Contribution Sociale Généralisée. Ouvrant la fiscalisation accélérée de la macronie, elle désengage les entreprises en ponctionnant salariés et retraités. Viendront les réformes Veil-Balladur qui font passer à 40 ans la durée de cotisation pour le droit à une retraite pleine tandis qu’avec A. Juppé naît la « Contribution au Remboursement de la Dette Sociale ».

Ainsi se dirige-t-on selon le Syndicat des Médecins Libéraux vers «Le grand tournant libéral annonçant la fin du monopole de la sécurité sociale en partenariat avec AXA » Ce projet se précise jusqu’en 2013 : instauration des franchises, réformes des retraites, exonérations de cotisations patronales estimées en 2018 à 25 milliards d’euros ! Ces déstructurations servent un objectif clair: privatiser l’outil.

L’argent de la sécurité sociale, 537 milliards d’euros, suscite des appétits. C. Bébéar, président d’AXA déclarait : « La santé est un marché, la concurrence doit s’exercer librement ».Centrée sur l’obsession de la réduction des coûts salariaux, la gestion capitaliste pousse à organiser l’exclusion de nombreux salariés et augmenter le poids supporté par la sécurité sociale. Aucun instrument d’analyse n’a été prévu pour mesurer les effets bénéfiques de la « Sécu ». La comptabilité n’enregistre que les coûts, négligeant les effets des prestations dans la santé de la Nation.

Citons en quelques uns : moteur du développement, la sécurité sociale stimule la recherche et les progrès de la médecine. Elle est un vecteur de l’allongement de la durée et de la qualité de la vie. N’oublions pas également le rôle joué par l’institution lors des « crises » financières. Fondée sur la solidarité, elle a fonctionné comme un « amortisseur social ». Même ses pourfendeurs louent son efficacité. Ainsi C. Lagarde : « La sécurité sociale a été critiquée pour sa lourdeur mais en période de crise contrairement aux autres nations, elle nous aide fortement à résister au ralentissement économique». Belle reconnaissance quand on songe que D. Kessler incitait à détricoter un « système ringard, hérité du CNR, des communistes et de la CGT »

La recherche de la rentabilité pousse à réduire les dépenses considérées comme des « charges ». C’est cette logique que poursuit Macron, et qu »il faut changer en tenant compte des besoins vitaux de la population.

Il convient tout d’abord de consolider un système assis sur la création de richesses dans l’entreprise. Ce type de financement s’inscrit dans une logique de responsabilisation des entreprises sur la protection sociale. Plusieurs mesures pourraient être engagées dont une réforme de l’assiette des cotisations. Sa base de calcul n’a pas évolué à la même vitesse que les modes de production ou les marchés boursiers. Près de 318,2 milliards revenus financiers échappent au financement de la protection sociale. Soumis à cotisations, ils rapporteraient 84 milliards. Que dire des paradis fiscaux où s’évadent près de 100 milliards! Evasion fiscale rime aussi avec « évasion d’emplois ». Cette hémorragie est autant de cotisations perdues.

Une politique de protection sociale exige une ambitieuse politique de l’emploi (1 % de masse salariale représente 2 milliards d’euros pour la sécurité sociale). Elle ne peut se passer d’un programme de prévention. Selon une enquête, près de 2 millions de personnes travaillent dans des milieux cancérigènes. Le coût des maladies professionnelles représenterait 68 milliards d’euros ! L’avenir réclame parallèlement une autre gestion de la filière pharmaceutique, une maitrise publique dans le sillage d’une nationalisation. S’impose enfin une gestion démocratique de la protection sociale.

Il est plus qu’urgent de revenir à des Conseils d’administration disposant de véritables pouvoirs sous le contrôle des salariés et des usagers.

Michel ETIEVENT

REPORT DE LA PRIVATISATION DU GROUPE ADP

Le gouvernement a annoncé le 11 mars la suspension de la privatisation des aéroports de Paris, dont il détient 50,63 % des parts. La crise sanitaire du Coronavirus ayant fait chuter son cours à la Bourse. C’est une victoire en demi-teinte, le gouvernement risque de remettre son projet en œuvre une fois la crise passée.

En annonçant la suspension du processus de privatisation d’Aéroport de Paris la veille de la fin de la période pour l’obtention des signatures nécessaires au déclenchement d’un référendum d’initiative partagée (RIP), le gouvernement confirme que ce sont bien les marchés financiers et surtout leur santé qui déterminent les intérêts financiers de l’État et non les enjeux économiques, sociaux et environnementaux du pays.

“Cela va nous laisser plus de temps pour contrer la privatisation. Rien n’est perdu. Même si les 4,7 millions ne sont pas atteints”, a déclaré Michel Michaud, secrétaire général de la CGT Transports et salarié d’ADP.

La pétition, ouverte en juin 2019 pour obtenir un référendum d’initiative partagée, aura récolté 1.116.000 soutiens sur le site du ministère de l’Intérieur. Il en aurait fallu 4,7 millions (10% du corps électoral) pour provoquer un RIP sur la question de la privatisation ou non du groupe ADP.

VOUS POUVEZ TOUJOURS NOUS CONTACTER PAR MAIL OU EN LAISSANT UN MESSAGE SUR NOTRE REPONDEUR

Nous avons décidé à compter de ce jour de fermer les locaux jusqu’à nouvel ordre, il sera possible de laisser un message sur le répondeur téléphonique et/ou sur notre adresse mail.

N’oubliez pas de nous laisser votre adresse mail et un numéro de téléphone afin que nous puissions vous répondre

Téléphone- répondeur : 01.42.11.11.11.

Adresse mail : arac.nationale@orange.fr

ENSEMBLE, DEFENDONS LA REPUBLIQUE SOCIALE

ENSEMBLE, DEFENDONS LA REPUBLIQUE SOCIALE

« Il faut faire de la retraite non plus l’antichambre de la mort mais une nouvelle étape de la vie », voilà ce que disait Ambroise Croizat à la Libération (1945). Il a été Ministre du Travail de novembre 1945 à mai 1947, il est à l’origine d’une série de mesures entrées dans l’histoire sociale de la France : la Sécurité Sociale, le système de retraite par répartition, les comités d’entreprise, la médecine du travail….

Avec le recours de l’article 49.3 de la Constitution pour adopter la réforme des retraites, le gouvernement continue son entreprise de destruction du système de solidarité et de protection sociale de notre pays, issu du Conseil National de la Résistance.

La conception sociale de la République Française est en danger ! Par cette décision, le gouvernement vient, une fois de plus de faire la démonstration de son mépris à l’égard de nos concitoyens.es, du mouvement social, de la démocratie.

Par cette décision, le Président de la République et son gouvernement déclarent la guerre au pays, à ses travailleurs, à ses retraités et à sa jeunesse. Depuis le mois de décembre le projet de réforme des retraites a conduit des millions de Français à manifester dans la rue.

L’ARAC exprime son indignation devant le comportement autoritaire du gouvernement qui ne fait que tendre la situation politique, favorise l’extrême droite véritable relais politique pour la finance actuellement au pouvoir.

Pourquoi tant de précipitation si ce n’est pour répondre aux injonctions de la Commission Européenne qui, année après année, depuis 2013 veut cette réforme en 2020 sous peine de sanction. La France doit rester souveraine. C’est un des enjeux d’aujourd’hui y compris en matière de politique sociale.

L’ARAC appelle au rassemblement, à une grande mobilisation populaire, pour contrer ce projet de régression sociale. Nous devons contraindre le Président de la République et son gouvernement à retirer le projet de réforme des retraites inacceptable et dangereux.

Le Bureau National

Villejuif, le 4 mars 2020

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19 Mars 2020 58 ans après la fin de la guerre d’Algérie : toujours le devoir d’histoire, le travail de mémoire pour la vérité

19 Mars 2020

58 ans après la fin de la guerre d’Algérie : toujours le devoir d’histoire, le travail de mémoire pour la vérité

Ce 19 mars 2020, il y aura 58 ans, à midi, que les représentants du gouvernement français et ceux du gouvernement provisoire de la République algérienne signaient l’accord de cessez-le-feu de la guerre d’Algérie. C’était le 19 mars 1962.

Cette date, reconnue désormais depuis 2012 comme « Journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc » rappelle désormais, chaque année, publiquement, la volonté historique du peuple français ratifiant, le 8 avril 1962, par référendum à 91 % des voix, les Accords d’Evian et le cessez-le-feu.

L’Algérie accédait enfin à l’indépendance après une guerre longue de huit ans. Elle devenait enfin la République algérienne libre et souveraine. Elle conquérait ce droit inaliénable, ce droit de pouvoir disposer pour un peuple, de lui-même.

Aujourd’hui, le 19 mars est le bien imprescriptible de l’ensemble des Françaises et Français, jeunes et anciens, quelle que soit leur origine.

Mais à la mémoire dans sa diversité, doit s’ajouter la volonté de combattre plus que jamais, ceux qui par leurs tentatives d’effacement de l’Histoire entretiennent les séquelles qui empoisonnent encore notre présent (racisme, haine, violence, xénophobie, réhabilitation des criminels de l’ex-OAS, etc.)

L’amitié entre les peuples de France et d’Algérie « pour vivre, pour se développer », doit s’appuyer sur un socle et ce socle c’est la vérité. Cette vérité, nous la devons à tous ceux qui par leur histoire douloureuse, blessés, veulent ouvrir une nouvelle page… La vérité n’abîme pas, elle répare, la vérité ne divise pas, elle rassemble. Le devoir d’histoire, même quand c’est tragique, même quand il est douloureux pour nos deux pays, doit être accompli. C’est œuvrer pour l’avenir ».

L’ARAC estime que 58 ans après, chaque peuple doit assumer son passé. Un traité d’amitié et de paix, doit venir régulariser les rapports de coopération entre nos deux pays. L’ARAC pense que cet acte majeur servirait de socle à une nouvelle politique de solidarité et de développement entre la France et l’Algérie ainsi que les peuples du Maghreb. Politiques de respect des souverainetés, d’essor économique et culturel, seule capable de combattre la misère et son terreau, racines des terrorismes et des violences qui ensanglantent le monde.

La mémoire de toutes les victimes (d’avant 19 mars et après) s’inspire fortement de notre engagement à l’ARAC, contre la guerre, pour la Paix, pour l’amitié et la solidarité entre tous les peuples, seule voie capable de construire l’avenir auquel aspirent toutes les femmes et tous les hommes conscients de leur fraternité.

Villejuif, le 18 février 2020

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