Nous avons rencontré Michel Mujica Ambassadeur de la République Bolivarienne du Venezuela en France. Entretien…

de droite à gauche : Michel Mujica – Ambassadeur de la République Bolivarienne du Vénézuela – Patrick Staat -Secrétaire Général de l’ARAC et Directeur du journal « Le réveil des Combattants » – Brigitte Contant – Secrétaire Nationale de l’ARAC – Jean-Pierre Delahaye – responsable de la rubrique « International » du Réveil des Combattants

Venezuela : Le combat de la souveraineté

Depuis plusieurs années le Venezuela est en proie à une grave crise politique téléguidée et attisée par Washington. Les conséquences sur l’économie et la population sont catastrophiques. Nous avons rencontré Michel Mujica Ambassadeur de la République Bolivarienne du Venezuela en France. Entretien…

L’élection de Donald Trump a accéléré la déstabilisation du Venezuela. Cette opération n’a-t-elle pas commencé bien en amont ?

Michel Mujica : Le plus important est de ne pas oublier l’application du principe d’extraterritorialité mis en place par Obama à partir de 2015. La déstabilisation des gouvernements progressistes et démocratiques en Amérique Latine a commencé par le Honduras, le Paraguay, ensuite la défaite de Cristina Kirchner en Argentine a conforté les américains dans l’idée que « le moment était propice ».

L’offensive contre le Brésil a alors démarré ?

Michel Mujica : La démolition du parti des travailleurs (PT) au Brésil avec la mise en cause et les accusations contre le Président Lula, jusqu’au limogeage de Dilma Rousseff, totalement innocente des accusations de corruption dont elle a fait l’objet, a été une pièce maîtresse du dispositif de Washington. Il s’agit là d’un véritable coup d’état parlementaire et institutionnel. Cela a été un coup très dur porté aux processus démocratiques dans les pays d’Amérique Latine.

Faut-il y voir une volonté de domination Nord-américaine sur l’ensemble du continent ?

Michel Mujica : C’est la poursuite de la doctrine Monroe qui vise à faire de l’Amérique Latine et Centrale l’arrière-cour des USA. Washington n’a jamais abandonné l’idée d’imposer sa politique au peuple latino-américain en intervenant dans leurs affaires sur les décisions de leur gouvernement et jusque dans le choix de leur dirigeant. Ils ont également profité de la mort du Président Chavez pour « récupérer le temps perdu ».

Dans les faits, les actions punitives contre le Venezuela supposent l’application du même modèle interventionniste appliqué avec une particulière intensité contre Cuba en 1962 ; contre le Chili entre 1970 et 1973 ; contre le Nicaragua à partir de 1979 ; contre l’Iran et l’Irak depuis les années 1980, contre plusieurs pays d’Afrique pendant plusieurs décennies et, plus récemment, contre la Syrie, la Libye et la République démocratique de Corée, parmi d’autres nations.

Une stratégie de chaos et d’étouffement économique ?

Michel Mujica : Dans le cas du Venezuela, comme l’ont affirmé dans diverses déclarations les plus hautes autorités des Etats-Unis, il s’agit de refuser des ressources économiques, de perturber les activités financières et d’empêcher le libre exercice des activités commerciales, y compris l’accès aux aliments, à des médicaments et des produits de base, jusqu’à provoquer un chaos de nature humanitaire. Permettez-moi de citer l’ex ambassadeur américain en Colombie puis au Venezuela, William Brownfield. Le 12 octobre 2018, il a déclaré : « Nous devons envisager ceci comme une agonie, comme une tragédie qui va se poursuivre jusqu’au dénouement final (…) et si nous pouvons faire quelque chose pour l’accélérer, nous devons le faire, mais nous devons le faire en sachant que ceci aura un impact sur des millions de personnes qui ont déjà des difficultés pour trouver des aliments et des médicaments (…). Nous ne pouvons pas le faire et prétendre qu’il n’y aura pas d’impact, nous avons une décision à prendre qui est dure, la fin souhaitée justifie cette sévère punition. »

Cette situation d’asphyxie a provoqué un chaos de l’économie, l’exaspération maximum de la population confrontée à la pénurie de tous les produits. Cela a conduit en partie à la défaite des forces bolivariennes et la victoire de l’opposition, en décembre 2015 grâce notamment à un taux d’abstention record ! La droite réactionnaire a gagné par défaut ! Un coup très dur.

A quoi peut-on attribuer cette déconvenue politique majeure, ce rejet d’une partie de la population ?

Michel Mujica : Cela commence par la pénurie, l’augmentation des prix, le développement du marché noir, le mécontentement… C’est pour ces différentes raisons que près de 10% de la population n’a pas voté pour l’opposition mais s’est abstenue.

A partir de 2015, la situation s’est considérablement aggravée pour la population sous l’effet de l’offensive économique de Washington relayée par les milieux d’affaires vénézuéliens. Au total, depuis mars 2015 les Etats-Unis ont émis six décrets exécutifs qui pénalisent et punissent le Venezuela, notamment sur les aspects financiers et pétroliers. C’est une pénurie bien organisée par les secteurs du patronat vénézuéliens et les Etats-Unis, comme ce fut le cas avec la grève des camionneurs au Chili. La panne d’électricité est la résultante de ce blocus. Les pressions financières nous ont empêchés d’acheter des pièces de rechange et d’assurer de la bonne maintenance. Mais cela peut également prendre d’autres formes : par exemple, l’organisation des médecins de droite a refusé de travailler dans les quartiers populaires. Nous avons dû faire appel à l’aide des médecins cubains…Tous les moyens sont bons pourvu qu’on vienne à bout du « chavisme ».

Des milliards de dollars manquent aujourd’hui au Venezuela ?

Michel Mujica : La perte globale pour l’économie entre le mois d’août 2017 et décembre 2018 est de plus de 23 milliards de dollars et les valeurs des actifs gelés aux Etats-Unis à peu près 30 milliards de dollars.

Le 24 août 2017, l’administration Trump a émis un Ordre exécutif par lequel il a imposé un ensemble de mesures coercitives et unilatérales contre l’économie et les finances de la République bolivarienne du Venezuela. Elles visaient des opérations financières depuis ou vers le Venezuela et interdisent au système financier mondial de participer à toute opération d’achat, de vente, de négociation ou de renégociation de la dette souveraine du Venezuela, ainsi qu’à toute opération concernant la dette de la compagnie pétrolière nationale PDVSA. Le décret refuse également à des filiales de la PDVSA – comme l’entreprise CITGO, dont le siège est aux Etats-Unis – de rapatrier des bénéfices vers l’Etat vénézuélien. C’est une véritable atteinte à notre souveraineté nationale ! Le Rapporteur des Nations Unies pour un ordre démocratique durable, Alfred de Zayas, l’écrit dans son rapport au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Le document indique : Par ses terribles effets sur la population, par les pénuries économiques qu’il produit et pas son impact sur la vie sociale et sur la santé du peuple vénézuélien, le blocus est un acte conscient de violation massive des droits de l’homme du peuple vénézuélien et doit être considéré un délit de lèse humanité.

Où en sommes-nous dans les rapports de forces et y’a-t-il une sortie de crise envisageable?

Michel Mujica : La plupart des vénézuéliens sont pour le rétablissement d’un dialogue et le gouvernement du Président Maduro est disposé à ce dialogue dans le respect du droit international public et de la constitution de 1999. Nous sommes disposés à dialoguer… Il y a des secteurs de l’opposition farouchement opposés à cette démarche. Le 26 mars dernier dans un discours à l’Assemblée nationale, l’auto-proclamé, Juan Guaido, a de nouveau menacé les vénézuéliens de pénurie d’eau et d’électricité « tant que l’usurpateur Maduro sera là » Ils veulent éradiquer de la mémoire du peuple tous les atouts et tous les bénéfices obtenus pendant le chavisme où le Venezuela avait atteint le niveau de vie le plus élevé de l’histoire républicaine. Et du point de vue de Washington ce n’est pas un bon exemple pour les autres pays. En tous les cas, c’est une affaire à résoudre entre vénézuéliens. Je crois que nous pouvons nous en sortir, mais le coût social et économique sera très difficile.

Si le Venezuela tombe ce sera pour tous les mouvements populaires, progressistes, démocratiques et qui se battent pour la justice sociale, pour tous les peuples d’Amérique Latine et des Caraïbes un véritable recul.et ce sera aussi un coup très dur pour le mouvement démocratique en Europe

Propos recueillis par JP Delahaye et P Staat

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Aujourd’hui l’Ambassadeur du #Venezuela en France, S.E.M. Michel Mujica, a fait un interview pour Le Réveil des Combattants, journal de l’ ARAC, pour dénoncer les attaques contre la souveraineté du Venezuela

Trump investit dans Netanyahou

Trump, a signé, lundi 25 mars, le décret reconnaissant la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, en présence de Netanyahou, en visite aux Etats-Unis. Joli cadeau avant les élections législatives israéliennes…

Quelques jours avant, le pyromane américain avait résumé son souhait en ces termes :« Après cinquante-deux ans, il est temps pour les Etats-Unis de pleinement reconnaître la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, qui est d’une importance stratégique et sécuritaire critique pour l’Etat d’Israël et la stabilité régionale ! ». Et surtout pour les intérêts stratégico-économiques américains dans cette partie du monde que Washington entend bien contrôler. Car si l’opération tombe à point nommé pour Netanyahou, a quelques semaines des élections législatives difficiles pour lui, elle se prépare depuis un moment. Depuis son élection, Trump a multiplié les gestes de soutien envers le chef de la droite israélienne la plus radicale que le pays ait connu depuis des décennies. Il a rompu avec le consensus international en vigueur depuis des années en reconnaissant, le 6 décembre 2017, Jérusalem comme capitale d’Israël et en annonçant le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv vers Jérusalem – au grand dam des dirigeants palestiniens, qui considèrent la partie orientale de la ville comme la future capitale de l’Etat auquel ils aspirent. Washington a dans le même temps multiplié les gestes d’hostilité à l’égard des palestiniens, par exemple, en suspendant les aides à l’ONU consacrées aux refugiés où encore en fermant la représentation de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) à Washington…

En novembre dernier, les Etats-Unis ont, pour la première fois, voté contre une résolution de l’ONU considérant l’annexion israélienne du Golan comme « nulle et non avenue ». C’est le seul pays à avoir voté contre aux côtés d’Israël. Récemment, le 13 mars, lors de la publication de son rapport annuel sur les droits de l’homme dans le monde, le département d’Etat a acté une rupture sémantique, mais surtout politique, en cessant de désigner le plateau du Golan comme un territoire « occupé » par Israël, lui préférant le terme «contrôlé ».

Le droit international bafoué

Cette décision américaine représente un véritable coup de pouce pour Netanyahou, en campagne pour sa réélection à l’approche des législatives du 9 avril, qui réclamait cette reconnaissance de souveraineté sur le Golan avec insistance. Il peut ainsi se servir de sa relation privilégiée avec Donald Trump comme argument dans la campagne, présentant « les gains israéliens » comme des succès personnels dont ses concurrents seraient incapables. Netanyahou s’est d’ailleurs réjoui de cette initiative du locataire de la Maison-Blanche, estimant « qu’Israël n’avait jamais connu meilleur ami ».

Dans le monde arabe, plusieurs pays ont condamné la décision américaine. « Dans ce qui constitue une violente attaque contre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie, le président des Etats-Unis a reconnu l’annexion du Golan syrien », a déclaré une source du ministère syrien des affaires étrangères à l’agence de presse officielle Sana.

Les alliés de la Syrie comme certains de ses adversaires ont aussi condamné les propos de Donald Trump. A Moscou, la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que tout changement de statut du Golan représenterait une violation flagrante des décisions des Nations unies sur cette question. « Malheureusement, cela peut conduire à une nouvelle vague de tensions dans la région du Proche-Orient », a-t-elle averti.

De la même façon, l’Iran, grand allié régional de Damas, a jugé illégale et inacceptable une reconnaissance par Washington de la souveraineté israélienne sur le Golan. « Nous sommes tous choqués par (…) Donald Trump qui continue d’essayer de donner ce qui ne lui appartient pas à [l’Etat] raciste d’Israël : d’abord Al-Qods [nom arabe de Jérusalem], maintenant le Golan », a écrit Mohammad Javad Zarif, le ministre des affaires étrangères iranien, sur son compte Twitter. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a affirmé, pour sa part, que les propos de Donald Trump étaient « totalement en dehors du droit international ».

De son côté, la France, qui n’est pas à une contradiction prêt-, Macron lui-même préconise l’amalgame entre antisionisme et anti sémitisme- a rappelé qu’elle ne reconnaissait pas l’annexion israélienne du Golan. « Cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 497 du Conseil de sécurité des Nations unies », a rappelé le Quai d’Orsay. « La reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan, territoire occupé, serait contraire au droit international », a ajouté le ministère des affaires étrangères. Quant à l’Union Européenne elle a rappelé que « conformément au droit international, [elle] ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires occupés depuis juin 1967, parmi lesquels les hauteurs du Golan, et ne considère pas qu’ils font partie du territoire israélien ».

En fait Trump agit en véritable patron de la région faisant d’Israël sous gestion de Netanyahou l’exécuteur de ses basses œuvres.

JP Delahaye

G7 « LUTTE CONTRE LES INEGALITES » : QUELLE IMPOSTURE !

DECLARATION DU BUREAU NATIONAL DE L’ARAC DU 28 MARS 2019

G7 « LUTTE CONTRE LES INEGALITES » : QUELLE IMPOSTURE !

Le prochain sommet du G7 aura lieu à Biarritz à la fin du mois d’août avec pour thème : « La lutte contre les inégalités ». Il regroupe la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon, l’Italie, le Canada. L’Union Européenne est représentée par le Président de la Commission Européenne et par le Président du Conseil Européen

Les pays du G7 représentent 10 % de la population mondiale et près de 40 % du PIB mondial.

Un comble pour les 7 plus grands pays capitalistes responsables de tant de misère, de souffrance dans leur pays mais également dans le monde. Rappelons que la fortune des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards de dollars rien que l’an dernier soit l’équivalent de 2,5 milliards de dollars par jour. On dénombre un nouveau milliardaire tous les 2 jours. On le voit, de l’argent il y en a pour combattre les inégalités et défendre la planète. D’autant que les multinationales et les milliardaires dissimulent des sommes considérables dans les paradis fiscaux « offshore » estimées à plusieurs milliers de milliards de dollars.

La pauvreté, l’extension de la précarité et des inégalités dans le monde sont des fléaux inacceptables alors que la planète dispose de toutes les ressources et de tous les moyens pour éradiquer l’extrême pauvreté. Des milliards d’enfants, de femmes et d’hommes continuent de vivre dans la misère et sont privés de leurs droits fondamentaux.

Les inégalités ne sont pas une fatalité mais une question de choix politique. Sauf à vouloir se partager le monde et ses ressources, les moyens existent pour que chaque être humain puisse vivre dignement.

La composition du G7 ne laisse aucune ambiguïté sur la volonté de réorganiser le monde pour préserver leur domination, leurs privilèges. Il n’y a aucune ambiguïté sur leur vision géopolitique du monde. Ils font planer les risques de guerre.

C’est leur politique au service d’une poignée qui conduit aux inégalités sociales, à la misère, à la faim dans le monde, à l’angoisse du lendemain. C’est ce qu’ils appellent le libre-échange, la mondialisation, mais qui derrière ces mots se cachent la dérèglementation, l’austérité budgétaire.

La paix est un engagement permanent, l’ARAC, depuis sa création en 1917, en a toujours fait son principal combat et cela suppose de s’attaquer aux inégalités, à la misère, à la faim dans le monde qui sont les causes des guerres. Ce n’est pas la restriction des libertés qui peut être le socle de la Paix mais la satisfaction des besoins des peuples.

Voilà pourquoi, l’ARAC est tout particulièrement attachée aux respects de la souveraineté des peuples, à la souveraineté des nations. Voilà pourquoi l’ARAC rappelle les principes de la Charte des Nations Unies de 1945 qui met au cœur des rapports entre les peuples ce principe de respect de la souveraineté de chacun.

Il est bon de s’en souvenir aujourd’hui, d’en faire une question de principe quand « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ».

BUREAU NATIONAL – 28 MARS 2019

Sous la pression du peuple, le clan Bouteflika est contraint de reculer… pour mieux sauter ? La société algérienne réclame d’autres choix

Algérie

Sous la pression du peuple le clan Bouteflika est contraint de reculer…Pour mieux sauter ? La société algérienne réclame d’autres choix.

Il renonce ! Après plusieurs semaines de manifestations inédites contre sa 5e candidature à l’élection présidentielle, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a annoncé, lundi 11 mars, qu’il renonçait à se présenter et le report du scrutin présidentiel, prévu le 18 avril. Un remaniement gouvernemental a également eu lieu. Dans un message à la Nation, le vieillard impotent, affaibli par la maladie au point de ne pouvoir quasiment plus s’exprimer, a précisé, dans sa lettre, que la présidentielle aura lieu « dans le prolongement d’une conférence nationale » chargée de réformer le système politique et d’élaborer un projet de Constitution d’ici fin 2019.

Le pouvoir a craqué sous la pression pacifique et responsable de la rue et alors que l’armée, après plusieurs jours de valse-hésitation, se tient, pour le moment, par la voix de son commandant en chef, dans une bienveillante attitude.

Résultat de plusieurs semaines de mobilisation des jeunes et des anciens, des hommes et des femmes -voilées et non voilées- unis dans les mêmes cortèges, des ouvriers, des cadres et des journalistes, des avocats, la nouvelle du recul provisoire du clan Bouteflika, s’est très vite répandue. Les rues d’Alger et des grandes villes du pays se sont remplies d’une foule hétéroclite en liesse mais également consciente du chemin qu’il reste à parcourir. D’ailleurs, à l’heure où nous écrivons ces lignes des manifestations se poursuivent. Beaucoup craignent une tentative de reprise en main du pouvoir. Les étudiants sont de nouveau dans la rue pour dénoncer une « ruse » de Bouteflika… Reculer pour mieux sauter en quelque sorte. Car l’expiration de son mandat, n’interviendra que le 28 avril 2019. « En reportant l’élection, Bouteflika prolonge son mandat le temps d’organiser sa sortie et la préservation du pouvoir de son clan » accusent les algériens.

L’opposition, quant à elle, semble toujours aussi divisée et incapable d’apporter des solutions. Si le boycott de la conférence nationale est envisagé par certains, aucune stratégie ne se dégage pour mener l’Algérie sur le chemin d’un quelconque renouveau. D’ailleurs, les principaux opposants sont tous d’anciens caciques du pouvoir, ministres ou ex qui cherchent à se recycler ! Alors attention, l’histoire récente à montrer que les printemps arabes pouvaient conduire à l’installation ou au renforcement de pouvoir religieux radicaux. Abderrazak Makri, l’actuel président du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), un parti islamiste, qui se voit déjà en « Erdogan algérien », cherche à fédérer tous les courants islamistes en jouant sur la carte nationaliste…Tout un programme !!

Certes, les algériens ont déjà été échaudés par dix ans « d’années de plomb » avec le Front islamique du Salut (FIS) au pouvoir, mais l’heure est à la vigilance et après cette première victoire le plus dur commence. Les algériens doivent rester maître de leur destin

JP Delahaye