VENEZUELA : dangereuses ingérences – un article de Jean-Pierre DELAHAYE

Venezuela : dangereuse ingérences

La France s’aligne derrière Washington. Trump prêt au coup d’état militaire.

La France a reconnu, lundi 4 février, Juan Guaido comme « président en charge » du Venezuela, a déclaré Emmanuel Macron sur Twitter. Ce message a confirmé celui du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui avait assuré plus tôt dans la matinée que le président du parlement vénézuélien « a la légitimité pour organiser des élections » présidentielles. Ces déclarations interviennent alors que Nicolas Maduro a rejeté un l’ultimatum européen lui demandant d’abandonner le pouvoir. La semaine dernière, emboitant le pas au locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni, avaient donné huit jours à Nicolas Maduro pour convoquer une nouvelle élection présidentielle, faute de quoi ils reconnaîtraient son rival, Juan Guaido, comme président (auto-proclamé) par intérim.

Un tel acte représente une véritable ingérence dans la vie politique d’une nation. Rappelons que Nicolas Maduro, même très contesté, a été réélu le 20 mai 2018 lors d’une élection boycottée par une partie des formations de l’opposition, sur demande des Etats-Unis. Il a obtenu 68% des voix, 30,45% des inscrits soit bien plus que de nombreux chefs de gouvernements européens et mondiaux !!!

Dans un entretien avec la chaîne de télévision espagnole La Sexta, Nicolas Maduro a déclaré qu’il ne ferait pas preuve de « lâcheté face aux pressions » de ceux qui réclament son départ. « Pourquoi faut-il que l’Union européenne dise à un pays du monde qui a déjà organisé des élections qu’il doit refaire son élection présidentielle, parce que ce ne sont pas ses alliés de droite qui l’ont gagnée ? », s’est-il interrogé. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères a récusé les accusations d’ingérence, formulées notamment par la Russie et la Chine qui soutiennent le président élu du Venezuela. Le Mexique et Cuba ont également maintenu leur soutien à Nicolas Maduro.

Trump prêt à intervenir militairement

« Ce n’est pas de l’ingérence, à partir du moment où il y a une crise dans un pays, qu’il y a un appel du président Guaido à le soutenir pour rétablir la démocratie », a déclaré le chef de la diplomatie française.

Alors, comment qualifié de tels agissements quand tout est fait, sous l’impulsion de Washington, pour aggraver la situation économique du pays, notamment par des sanctions financières sur le pétrole vénézuélien ? Tout est fait pour organiser la pénurie, la misère et pousser à la révolte. Tout est fait pour pousser à l’explosion qui pourrait conduire à une action étrangère armée. Les Etats-Unis y sont prêts et ne cesse de répéter que « toutes les options, y compris militaire, sont sur la table ». Trump lui-même a déclaré sur CBS qu’une intervention militaire « était certainement une option ».

Tout porte à croire au retour de « la doctrine Monroe », faisant de l’Amérique Latine une arrière-cour des Etats-Unis. John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale, a d’ailleurs, averti le 27 janvier que « toute violence et intimidation » au Venezuela contre l’opposition au régime de Nicolas Maduro et au personnel diplomatique américain sur place entraînerait une « réponse significative ». Washington a même nommé, Elliott Abrams, « envoyé spécial » pour le Venezuela. Un revenant et un connaisseur des opérations tordues, jeune diplomate sous l’administration de Ronald Reagan, il avait alors organisé le financement des rebelles « contras » au Nicaragua sans l’approbation du Congrès américain. Il avait menti deux fois sur son rôle avant d’être gracié en 1991 par Georges Bush. Tout un programme !

Tous les éléments sont en place pour un scénario catastrophe pour le peuple vénézuélien et le continent latino-américain. L’heure n’est pas a soufflé sur les braises comme le font Macron et l’UE. L’urgence est à la négociation pas à la confrontation.

JP Delahaye

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Tuerie de Pittsburgh: des responsables juifs accusent Trump APRES LES NOIRS, LES JUIFS….(Jean-Pierre Delahaye)

Onze personnes, quasiment toutes âgées de plus de 60 ans, ont été assassinées froidement, samedi 27 octobre, par un antisémite de 46 ans qui a semé la terreur à l’intérieur de la synagogue « Tree of Life » de Pittsburgh, au cœur du quartier de Squirrel Hill. Le tueur, arrêté et identifié par les autorités comme étant Robert Bowers, a déclaré plus tard qu’il voulait « que tous les juifs meurent ».  Pire attaque antisémite de l’histoire des États-Unis, cette tuerie a suscité un chagrin immense et secoué la communauté juive américaine, la plus importante dans le monde derrière celle d’Israël. Au-delà de l’écœurement engendré par cet acte de barbarie nazi, des responsables de la communauté juive se sont interrogés, et c’est nouveau, sur la responsabilité du locataire de la Maison-Blanche dans le climat de haine qui règne et se développe aux Etats-Unis depuis son arrivée.

Un groupe de représentants juifs de Pittsburgh a accusé Donald Trump, dans une lettre ouverte, d’avoir « enhardi » la mouvance suprémaciste blanche et d’avoir une part de responsabilité dans l’attaque meurtrière.

« Ces trois dernières années, vos paroles et vos politiques ont enhardi un mouvement nationaliste blanc qui grandit de plus en plus. Vous avez vous-même qualifié le meurtrier de maléfique, mais la violence survenue hier est (le résultat) direct de votre influence », jugent les responsables religieux dans leur missive. Ils appellent Donald Trump à « dénoncer sans réserve le nationalisme blanc , à cesser de cibler et de mettre en danger toutes les minorités , à  cesser de s’en prendre aux migrants et aux réfugiés  et à s’engager dans des politiques démocratiques qui  reconnaissent la dignité de tous ».

Les théories conspirationnistes, accusant notamment les juifs de dominer le gouvernement et le monde de la finance, sont monnaie courante au sein du mouvement de l’alt-right, l’extrême droite américaine. Soutien du président Donald Trump, cette mouvance a gagné en influence ces dernières années, notamment par le biais de l’ancien stratège de Trump, Steve Bannon accueilli récemment à bras ouvert par Marine Le Pen…

JP Delahaye