LES GRANDES MANOEUVRES DE L’OTAN AUX FRONTIERES DE LA RUSSIE – Jp Delahaye

pour imprimer l’article : JPD

Publicités

UKRAINE – un article de Jean-Michel Verneuil

Un nouveau gouvernement « démocratique » ukrainien soutenu par l’Europe et les USA s’est autoproclamé.

Ÿ Pourquoi présenter ce gouvernement installé par la force comme une victoire de la démocratie.

Le gouvernement sortant n’a suscité par sa politique et sa corruption que dégoût et colère. La solution n’est certainement pas de mettre au pouvoir des activistes d’extrême droite.

Les groupes néofascistes soutenus et financés de l’extérieur (UE-USA) ne sont pas la représentation de la population et des démocrates ukrainiens.  L’Ukraine n’est pas un petit pays, n’est pas une république bananière, c’est un pays riche, fort de 50 millions d’habitants (voir article ci-contre).

Alors qui sont-ils ces nouveaux gouvernants qui se sont autoproclamés à Kiev ?

Le nouveau Premier ministre est le banquier Arseni lasteniouk. Favori des Etats-Unis, a déjà occupé des postes-clés : président du Parlement, Ministre des Affaires étrangères, Ministre de l’Economie, président de la Banque centrale. Il y a appliqué alors avec zèle une ligne pro-européenne et de soumissions aux diktats du FMI.

Aux Affaires étrangères, Andei Dechitsia, diplomate de formation, pro-éuropéen.

A l’intégration européenne, Boris Tarasiuk, ancien ministre des Affaires étrangères dans quatre gouvernements différents de 1992 à 2007. Pro-européen, représentant de l’Ukraine à l’OTAN.

Volodimir Groysman, ancien membre du « Parti des régions » de loutchenko a fait fortune dans l’agro-business et l’immobilier.

Vice-premier ministre, numéro 2 derrière lasteniouk, est Alexander Sytch. Membre du parti fasciste « Svoboda ».

Présidence du Conseil de sécurité nationale, organise suprême pour la défense et l’intérieur, est confiée à Andrei Parubiy, fondateur du Parti national-social, ancêtre de Svoboda, dont il fut le leader de sa jeunesse para-militaire.

L’Agriculture : Olexandr Myrni, autre membre de « Svoboda ». Ce millionnaire fasciste a fait fortune dans… l’agro-alimentaire.

L’Ecologie va aussi à un membre du parti « Svoboda », Andrei Mokhnyk.

L’éducation, Sergei Kvit a fréquenté dans sa jeunesse diverses organisations néo-nazies, dont le « Trident », organisation se revendiquant des groupes collaborateurs pendant la dernière guerre.

Aux sports, le voyou Dimitri Bulatov, connu pour ses liens très étroits avec le groupe ultra-fasciste « Secteur Droit ».

A l’énergie, Youri Prodan, a déjà été ministre sous loutchenko au même poste. Il est connu pour avoir travaillé à la création du « Marché national de l’énergie », Ce qui a aboutit à un partage du gâteau entre groupes oligarchiques et à une corruption généralisée.

A l’intérieur, le businessman véreux Arsen Avakov, fondateur d’une banque commerciale et d’un fonds d’investissement, condamné pour prise illégale de terres, abus de pouvoir, il est sur la liste internationale d’Interpol.

Le grand danger de cette situation c’est que les aspirations à la démocratie, du peuple ukrainien ne soient soldées qu’au profit d’une opération politique voulue par les Etats-Unis et visant à faire de ce pays la base avancée de l’OTAN.

L’utilisation, la complaisance à l’égard des groupes néofascistes de la part de la France et de l’Allemagne est grave de conséquences pour nos propres pays.

Grave car au moment de la montée de l’extrême droite en Europe, de l’expression publique dans plusieurs pays de l’Union Européenne de groupes néofascistes, faire le choix pour des raisons partisanes, injustifiables de soutenir des hommes politiques porteurs de l’idéologie fasciste va peser lourd dans la situation politique de l’Europe.

Le mécontentement est grand à la veille des élections européenne, où l’abstention risque d’atteindre des sommets, ou dans chaque pays de l’union, les populistes, les forces d’extrême droite vont faire leurs entrées dans un parlement européen, faire le choix du soutien aux partis de l’extrême droite en Ukraine, ne peut que susciter des risques de violences, de racisme, d’antisémitisme dans les pays de l’Union.

Piètre exemple que ce soutien lourd de danger que montrent les dirigeants européens.

 Jean-Michel Verneuil