DECLARATION SUR LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, IRAK, SYRIE

DECLARATION DU BUREAU NATIONAL DE L’ARAC – 25 septembre 2014

 C’est avec une intense émotion que nous avons appris l’assassinat d’Hervé Gourdel.

Nos premiers mots, nos premières pensées vont à sa famille, sa femme, ses enfants et ses proches.

Ce crime barbare ne peut être justifié et l’ARAC le condamne sans réserve.

Mais condamner ne suffit pas et il importe d’éradiquer les racines qui nourrissent son existence : la misère totale des peuples où il trouve son terreau. Or, est-ce en ajoutant la violence à la violence que sera désamorcé ce processus mortel ? Les bombardements successifs ont-ils stoppé le terrorisme ou lui ont-ils permis au contraire d’élargir sans cesse sa sphère d’influence ? Les destructions matérielles et humaines apportent-elles aux peuples affamés, appauvris et sans espoir, les ressources essentielles, culturelles et les perspectives dont ils sont si cruellement privés ?

Depuis vingt ans, opérations après opérations, interventions après interventions, les USA, les pays de l’Europe de l’Ouest (dont la France), l’OTAN n’ont de cesse de déstabiliser le Proche et le Moyen Orient. Ils ont livré des armes aux talibans en Afghanistan pour combattre les Soviétiques, vendu des armes en Libye, laissé se dérouler l’agression contre l’Irak (« tempête du désert ») –  à laquelle Jacques Chirac avait refusé de participer – fait tomber les gouvernements en place (Irak, Libye), puis abandonné des tonnes d’armes récupérées par les terroristes dans ces pays, qu’ils utilisent aujourd’hui au Moyen-Orient, en Afrique et ailleurs.

Jamais les aspirations où les besoins matériels élémentaires et culturels des populations n’ont été pris en compte.  A aucun moment l’OTAN (bras armé des USA), les pays occidentaux ont contribué à plus de démocratie, au développement économique.

Toutes ces interventions ont été vécues comme des invasions par les populations de ces pays, qui ont bien compris qu’elles n’avaient d’autre but que de mettre la main sur leurs richesses énergétiques et minières.

Aujourd’hui, le Proche et le Moyen Orient sont des poudrières, des tonnes d’armes y circulent.

La civilisation a reculé. Les aspirations à plus de démocratie, à plus de modernité, à plus de laïcité ont été foulées aux pieds laissant la place à tous les excès exacerbés par la misère chaque jour grandissante jetant l’opprobre sur l’OTAN et les pays occidentaux, dont la France est devenue son bras armé aux côtés des USA.

Dans cette situation, des bandes armées se sont constituées. Des fanatiques, des bandits se sont organisés. L’appât du gain, la haine ont pris la place de la raison.

On assassine ceux qui ont une autre religion, ceux qui pensent différemment, ceux qui dénoncent les crimes, les massacres, ceux qui veulent avancer vers plus de démocratie, plus de modernité.

Il est temps que l’ONU, la grande organisation des Nations du monde créée en 1947 à la fin de la 2ème guerre mondiale avec sa Charte, prenne enfin ses responsabilités et œuvre avec les gouvernements du Proche et Moyen Orient pour construire des solutions correspondant aux besoins démocratiques et économiques des peuples.

L’OTAN ne doit pas décider, par les armes, de ce qui est bon pour l’Occident au Moyen-Orient ni dans aucune autre partie du monde. Il faut mettre hors d’état de nuire tous ces va-t-en guerre, tous ceux qui soufflent sur le feu.

Sous l’égide de l’ONU, les pays occidentaux doivent prendre des initiatives et mettre les moyens pour que cesse cette situation. Décider si nécessaire d’envoyer une force internationale conséquente, prendre des sanctions contre tous les pays (Qatar, Arabie Saoudite, Emirats Arabes entre autres) qui financent les groupes de terroristes. Il faut avoir le courage de les condamner et de les mettre au ban des nations.

Nous ne pouvons laisser le monde courir à sa perte, développer la guerre. Car aujourd’hui, la guerre est aux portes de l’Europe.

Le monde est malheureusement engagé dans une ère de guerres, de conflits locaux particulièrement violents, engendrés par les actions de pays dont l’objectif est un nouveau partage des richesses de la planète.

Cette situation nous renvoie aux tristes périodes de notre histoire. Celles qui ont débouché sur les guerres de 1914-1918 et 1939-1945.

L’ARAC, fidèle à ses valeurs républicaines, dénonce les causes des guerres et appelle à tourner le dos à la violence, à œuvrer pour la paix et la solidarité internationale, à créer des coopérations d’intérêts mutuels entre les peuples sous l’égide de l’ONU et ainsi s’engager dans la seule voie permettant d’éradiquer vraiment le terrorisme.

Le combat pour la paix est un combat difficile, mais il est décisif pour la survie du monde.

 

 

 

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Israël/Palestine : Un peuple sous les bombes

Alors que Netanyahou déclenche une offensive terrestre sans précédent depuis des années, les bombardements israéliens sur Gaza ont déjà fait des centaines de morts et des milliers de blessés essentiellement dans la population civile. Femmes, enfants, vieillards palestiniens sont sous le feu de Tsahal en toute impunité.

Les représailles massives décidées par Tel-Aviv, après l’assassinat de trois jeunes israéliens par des extrémistes non identifiés, pour l’instant, ont mis le feu aux poudres. S’en est suivi le kidnapping et le meurtre d’un jeune palestinien par des fanatiques israéliens et toute la région s’est embrasée. Le Hamas riposte à coup de missiles lance-roquette et cible des villes israéliennes.  Le système de défense anti-aérien israélien surnommé « Dôme de fer » financé par Washington depuis 2009, en plus des 3 milliards d’aide militaire annuelle, semble pour l’instant fonctionné et protéger la population israéliennes. Selon France infos et France 2 qui se sont rendus à Tel-Aviv la capitale économique du pays «  la bas, tout ce passe presque normalement (…) les plages  sont toujours remplies de touristes. Ils sont simplement perturbés par le bruit des roquettes interceptées… »

Mettre un terme à la colonisation

Pendant ce temps le gouvernement Netanyahou allié à l’extrême droite fanatique, a convoqué 45 000 réservistes et semble prêt à lancer une offensive de plus grande envergure. En fait il agit comme s’il voulait porter un coup d’arrêt définitif à l’espoir né de la réunification des deux principaux mouvements palestiniens. Objectif :  maintenir sous son joug l’ensemble du territoire, asphyxier les populations  et l’administration palestinienne, discréditer ses dirigeants et poursuivre tranquillement la colonisation par des implantations nouvelles. Car il semble bien que c’est  là le point central de cette nouvelle flambée de violence. Samedi 5 Juillet, l’éditorial du quotidien « Libération » notait : « il reste qu’aujourd’hui, israéliens et palestiniens paient des années de blocage du processus de paix (…) l’Etat hébreu, premier responsable de cet enlisement croit pouvoir poursuivre son refus de tout compromis. Les gouvernements multiplient année après année les implantations de colonie empêchant de fait la création d’un Etat palestinien viable… ». C’est également l’avis de Ury Avnery, figure du camp de la paix en Israël qui dans «  l’ Humanité » du 10 juillet exprimait sa crainte de la montée d’une extrême droite (présente dans le gouvernement NDLR) hostile à tout horizon de paix et estimait qu’il « est évident que le refus obstiné de mettre un terme à la colonisation de la Cisjordanie est en cause… » En attendant les grandes puissances  -qui ont les moyens de pression- se taisent bien que l’ONU s’inquiète d’une violation possible des lois de la guerre. « Nous avons reçu des rapports troublants sur le fait que nombre de victimes y compris les enfants, sont le résultat de frappes sur des maison » a déclaré la porte-parole du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations-Unies, Ravina Shamdasani. Selon elle, « ces rapports appellent à des doutes sur le fait que ces frappes sont conformes aux lois humanitaires internationales et aux lois internationales sur les droits humains »

Palme de la honte à François Hollande qui a « condamné fermement les agressions contre Israël », exprimé sa solidarité envers Netanyahou et jugé « qu’il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population » Pendant ce temps les palestiniens meurent.

Toutes les réunions du Conseil de sécurité de l’ONU n’y feront rien. Il faut contraindre Tel-Aviv. Netanyahou ne connait que la force. Il faut donc que l’ONU, les pays occidentaux si prompts à réagir parfois prennent des sanctions financières et politiques à l’égard de l’état israélien.

Washington soit stopper son aide militaire. Des sanctions financières et d’embargo s’imposent pour faire cessez le massacre.

JP.Delahaye

Gaza, le gaz dans le viseur

Israel-GazPour comprendre quelle est une des raisons de l’attaque israélienne contre Gaza il faut aller en profondeur, exactement à 600 mètres sous le niveau de la mer, à 30 Km au large de ses côtes. Là, dans les eaux territoriales palestiniennes, se trouve un gros gisement de gaz naturel, Gaza Marine, estimé à 30 milliards de mètres cubes d’une valeur de milliards de dollars. D’autres gisements de gaz et pétrole, selon une carte établie par la U.S. Geological Survey(agence gouvernementale étasunienne), se trouvent en terre ferme à Gaza et en Cisjordanie.

En 1999, avec un accord signé par Yasser Arafat, l’Autorité Palestinienne confie l’exploitation de Gaza Marine à un consortium formé de British Group et Consolidated Contractors (compagnie privée palestinienne), avec respectivement 60% et 30% des actions, dans lequel le Fonds d’investissement de l’Autorité Palestinienne a un pourcentage de 10%. Deux puits sont creusés, Gaza Marine-1 et Gaza Marine-2. Mais ils n’entrent jamais en fonction, car bloqués par Israël, qui veut tout le gaz à des prix cassés. Par l’intermédiaire de l’ex Premier ministre Tony Blair, envoyé du «Quartet pour le Moyen Orient», est préparé un accord avec Israël qui enlève aux Palestiniens les trois quarts des futurs revenus du gaz, en versant la part qui leur revient sur un compte international contrôlé par Washington et Londres. Mais, immédiatement après avoir gagné les élections de 2006, le Hamas refuse l’accord, en le qualifiant de vol, et demande sa renégociation. En 2007, l’actuel ministre israélien de la Défense, Moshe Ya’alon indique que «le gaz ne peut pas être extrait sans une opération militaire qui éradique le contrôle du Hamas à Gaza».

En 2008, Israël lance l’opération «Plomb durci» contre Gaza. En septembre 2012 l’Autorité Palestinienne annonce que, malgré l’opposition du Hamas, elle a repris les négociations sur le gaz avec Israël. Deux mois après, l’admission de la Palestine à l’ONU en tant qu’«Etat observateur non membre» renforce la position de l’Autorité palestinienne dans les négociations. Gaza Marine reste cependant bloqué, empêchant les Palestiniens d’exploiter la richesse naturelle dont ils disposent. En ce point l’Autorité palestinienne prend une autre voie. Le 23 janvier 2O14, lors de la rencontre du président palestinien Abbas avec le président russe Poutine, est discutée la possibilité de confier au russe Gazprom l’exploitation du gisement de gaz dans les eaux de Gaza. C’est l’agence Itar-Tass qui l’annonce, en soulignant que Russie et Palestine entendent renforcer la coopération dans le secteur énergétique. Dans ce cadre, en plus de l’exploitation du gisement de gaz, on prévoit celle d’un gisement pétrolifère dans les environs de la ville palestinienne de Ramallah en Cisjordanie. Dans la même zone, la société russe Technopromexport est prête à participer à la construction d’un site thermoélectrique d’une puissance de 200 MW. La formation du nouveau gouvernement palestinien d’unité nationale, le 2 juin 2014, renforce la possibilité que l’accord entre Palestine et Russie parvienne à bon port. Dix jours après, le 12 juin, survient l’enlèvement des trois jeunes Israéliens, qui sont retrouvés tués le 30 juin : le ponctuel casus belli qui amorce l’opération «Barrière protectrice» contre Gaza. Opération qui entre dans la stratégie de Tel Aviv, visant à s’approprier aussi des réserves énergétiques de l’entier Bassin du Levant, réserves palestiniennes, libanaises et syriennes comprises, et dans celle de Washington qui, en soutenant Israël, vise le contrôle de tout le Moyen Orient, en empêchant que la Russie ne réacquière une influence dans la région.

Un mélange explosif, dont les victimes sont une fois de plus les Palestiniens.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 15 juillet 2014 de il manifesto

Irak, Le chaos américain

Après 10 ans d’occupation US le pays déchiré subit l’assaut des obscurantistes à des fins de recomposition géopolitique.

A l’heure où nous écrivons ces lignes les djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au soleil Levant (EIIL) ont pris le contrôle de plusieurs grandes villes tel que Mossoul, Tikrit, Ramadi et Falouja. Objectif : Bagdad la capitale. Après avoir subi pendant plusieurs jours, les troupes gouvernementales, semblaient se reprendre dimanche 15 juin, notamment par des contre-attaques d’hélicoptères « Apaches » fournis par Washington tandis que le porte-avions USS Bush (tout un programme !) se positionnait. La Maison Blanche est appelée à la rescousse et étudierait l’envoi prochain de drônes de guerre. Ce qui par parenthèse permettrait à Obama de justifier, au nom de l’antiterrorisme, sa politique d’assassinats ciblés. Onze ans après l’intervention militaire, ordonnée et conduite par les USA, sur la foi de mensonges devant les Nations-Unies, l’Irak exsangue, démantelé, déstructurer reçoit en héritage le chaos djihadistes. Le pays qui regorgent de pétrole aiguisent les appétits, fragilisé par son passé récent et les divisions entre différentes religions, il subit les contre coups de toutes les tensions régionales, à l’image de la Libye où les forces obscurantistes tentent d’imposer leur loi… ». Comme l’écrivait l’éditorialiste de l’Humanité, le 13 juin dernier, « une fois de plus, le peuple irakien subit une guerre d’importation ». En fait, il semble que l’on assiste à une tentative de recomposition stratégique, politique et économique au profit des financeurs des mouvements djihadistes que sont les pétromonarchies et les puissances du Golfe persique.

Selon de nombreux observateurs et journalistes, si les djihadistes de l’EIIL sont puissants, c’est qu’ils ont de l’argent. Ils paient bien leurs hommes, disposent d’armes anti-aériennes, d’artillerie lourde, de véhicules et d’uniformes pour tromper l’ennemi. L’argent vient de rackets, d’activités criminelles, des rançons d’otages et de la revente de pétrole issu des zones qu’ils occupent. Mais ils bénéficient aussi de fonds de richissimes donateurs du Golfe. Le Premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki a accusé à plusieurs reprises le Qatar et l’Arabie Saoudite de soutenir directement les djihadistes. « Ce qui, si les faits sont avérés, permettrait aux djihadistes d’acheter, par exemple, du matériel militaire de qualité », relève Karim Pakzad, de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

De la Syrie à l’Irak en passant par la Libye et l’Iran – que certain rêvent de voir affaibli – toute cette région est devenu l’objet d’un enjeu crucial et « le terrain de jeu » de puissances qui à terme mettent en danger l’équilibre international et la paix.

 JP Delahaye

UKRAINE – un article de Jean-Michel Verneuil

Un nouveau gouvernement « démocratique » ukrainien soutenu par l’Europe et les USA s’est autoproclamé.

Ÿ Pourquoi présenter ce gouvernement installé par la force comme une victoire de la démocratie.

Le gouvernement sortant n’a suscité par sa politique et sa corruption que dégoût et colère. La solution n’est certainement pas de mettre au pouvoir des activistes d’extrême droite.

Les groupes néofascistes soutenus et financés de l’extérieur (UE-USA) ne sont pas la représentation de la population et des démocrates ukrainiens.  L’Ukraine n’est pas un petit pays, n’est pas une république bananière, c’est un pays riche, fort de 50 millions d’habitants (voir article ci-contre).

Alors qui sont-ils ces nouveaux gouvernants qui se sont autoproclamés à Kiev ?

Le nouveau Premier ministre est le banquier Arseni lasteniouk. Favori des Etats-Unis, a déjà occupé des postes-clés : président du Parlement, Ministre des Affaires étrangères, Ministre de l’Economie, président de la Banque centrale. Il y a appliqué alors avec zèle une ligne pro-européenne et de soumissions aux diktats du FMI.

Aux Affaires étrangères, Andei Dechitsia, diplomate de formation, pro-éuropéen.

A l’intégration européenne, Boris Tarasiuk, ancien ministre des Affaires étrangères dans quatre gouvernements différents de 1992 à 2007. Pro-européen, représentant de l’Ukraine à l’OTAN.

Volodimir Groysman, ancien membre du « Parti des régions » de loutchenko a fait fortune dans l’agro-business et l’immobilier.

Vice-premier ministre, numéro 2 derrière lasteniouk, est Alexander Sytch. Membre du parti fasciste « Svoboda ».

Présidence du Conseil de sécurité nationale, organise suprême pour la défense et l’intérieur, est confiée à Andrei Parubiy, fondateur du Parti national-social, ancêtre de Svoboda, dont il fut le leader de sa jeunesse para-militaire.

L’Agriculture : Olexandr Myrni, autre membre de « Svoboda ». Ce millionnaire fasciste a fait fortune dans… l’agro-alimentaire.

L’Ecologie va aussi à un membre du parti « Svoboda », Andrei Mokhnyk.

L’éducation, Sergei Kvit a fréquenté dans sa jeunesse diverses organisations néo-nazies, dont le « Trident », organisation se revendiquant des groupes collaborateurs pendant la dernière guerre.

Aux sports, le voyou Dimitri Bulatov, connu pour ses liens très étroits avec le groupe ultra-fasciste « Secteur Droit ».

A l’énergie, Youri Prodan, a déjà été ministre sous loutchenko au même poste. Il est connu pour avoir travaillé à la création du « Marché national de l’énergie », Ce qui a aboutit à un partage du gâteau entre groupes oligarchiques et à une corruption généralisée.

A l’intérieur, le businessman véreux Arsen Avakov, fondateur d’une banque commerciale et d’un fonds d’investissement, condamné pour prise illégale de terres, abus de pouvoir, il est sur la liste internationale d’Interpol.

Le grand danger de cette situation c’est que les aspirations à la démocratie, du peuple ukrainien ne soient soldées qu’au profit d’une opération politique voulue par les Etats-Unis et visant à faire de ce pays la base avancée de l’OTAN.

L’utilisation, la complaisance à l’égard des groupes néofascistes de la part de la France et de l’Allemagne est grave de conséquences pour nos propres pays.

Grave car au moment de la montée de l’extrême droite en Europe, de l’expression publique dans plusieurs pays de l’Union Européenne de groupes néofascistes, faire le choix pour des raisons partisanes, injustifiables de soutenir des hommes politiques porteurs de l’idéologie fasciste va peser lourd dans la situation politique de l’Europe.

Le mécontentement est grand à la veille des élections européenne, où l’abstention risque d’atteindre des sommets, ou dans chaque pays de l’union, les populistes, les forces d’extrême droite vont faire leurs entrées dans un parlement européen, faire le choix du soutien aux partis de l’extrême droite en Ukraine, ne peut que susciter des risques de violences, de racisme, d’antisémitisme dans les pays de l’Union.

Piètre exemple que ce soutien lourd de danger que montrent les dirigeants européens.

 Jean-Michel Verneuil

LES IDEAUX REPUBLICAINS SONT MENACES

Nous vivons une période dangereuse, pleine de troubles, de confusions. Une fois de plus, lors d’évènements majeurs, l’information diffusée est à sens unique. Ils veulent conditionner l’opinion.

 « Les politiques » par leur comportement, leur message, tournent le dos aux peuples. Ils font le choix de la finance. Depuis des décennies, notamment depuis Sarkozy, les valeurs de la République sont rognées. C’est sur la base d’inégalités profondes, de misère, d’exclusion que se construit la place de l’extrême droite. C’est vrai en France, mais également dans de nombreux pays d’Europe, victimes eux aussi des choix de la commission européenne.

La mise en concurrence des peuples, des régions du vieux continent, les politiques d’austérité, la volonté d’élargir à n’importe quel prix l’Europe pour étendre le « marché libre et non faussé » ne conduit qu’à des tensions, à des risques de conflits.

 

L’ARAC est inquiète de la mansuétude de la commission européenne, des gouvernants français, allemands, anglais entre autres devant la montée du fascisme.

 Nous faisons, forts de notre héritage, du combat contre les causes des guerres notre principale raison d’être.

 L’ARAC, comme en février 1934, appelle à se rassembler, à faire face aux risques fascistes et à défendre la République.

 Les évènements récents en Ukraine sont un avertissement. La situation est complexe mais aucune politique partisane ne peut justifier de mettre en place des néo-fascistes. Cette démarche ne règle pas les problèmes posés aux Ukrainiens sur leurs conditions de vie, leurs aspirations démocratiques, mais est lourde de danger pour l’Europe.

 Inquiétante est la similitude entre la situation d’aujourd’hui et celle de 1913-1914.

 Inquiétante la ressemblance avec la période 1933-1934, où en Allemagne, pour faire face au mécontentement populaire, c’est la carte d’Hitler qui a été jouée. En France, à cette même période, les ligues d’extrême droite défilent dans la rue, le patronat préfère Hitler au Front Populaire.

 Les peuples eux ont besoin que s’ouvre une nouvelle période de plus de social, de plus de démocratie, de justice, d’égalité…. Mais cela est en opposition complète avec le fait que 1 % de la planète s’enrichit sur le dos des 99 % autres.

 Il est nécessaire de faire entendre nos voix.

 La République est en danger. Ses idéaux universels : Liberté, Egalité, Fraternité, sont menacés.

 Défendre la République, s’opposer à l’extrême droite, défendre la paix sont les combats d’aujourd’hui.

 Patrick Staat

Ukraine : Dangereux jeux de dupes

Sur le dos des ukrainiens les grandes puissances se livrent à une surenchère dangereuse pour le contrôle économique et stratégique de la région.

 A l’heure où nous écrivons ces lignes le bras de fer entre la Russie, les Etats-Unis et l’Union européenne se poursuit et il semble que l’on soit bien loin des premières préoccupations des ukrainiens descendus dès les premiers jours occupés la place Maiden. Rappelons qu’à l’ origine le mouvement de contestation était motivé par la fracture créée entre d’un côté la grande majorité des ukrainiens soumis à l’austérité, la misère, le chômage, la pauvreté et de l’autre l’enrichissement d’une poignée de politiciens corrompus et d’oligarques aux fortunes colossales. L’aide promise par l’Union européenne (l’Ukraine a besoin d’au moins 35 milliards d’euros pour ses budgets publics d’ici à 2016) a joué comme un miroir aux alouettes. Les aspirations à la démocratie et à la liberté ont fait le reste…Mais très vite cette révolte a été débordée par des éléments ultranationalistes, comme Pravogo Sektora (secteur droit), groupuscule fascisant, ou le parti Svoboda ouvertement antisémite. Ceux-ci ont délibérément cherché l’affrontement, en tirant sur les forces de sécurité. Minoritaires dans le mouvement de protestation à l’origine, ils sont devenus politiquement dominants au fur et à mesure que la situation se dégradait et que montait la violence des affrontements. Aujourd’hui ils ont de nombreux représentants dans le gouvernement auto-proclamé à l’issue des affrontements de Kiev. L’une des premières décisions de ce gouvernement, soutenue par l’Occident, est significative. La libération de l’ex-première ministre, Ioulia Timochenko, considérée par de nombreux observateurs comme le « pion de rechange » de Washington et qui avait passé des accords avec l’organisation fasciste Svoboda lors des dernières élections, devrait inquiéter quant aux choix politiques et économiques à venir…

Ce changement stratégique d’alliance a inquiété Poutine, au point qu’il a ordonné l’envahissement de la Crimée afin de protéger ses forces navales et surtout de montrer qu’il n’était pas décidé à se détourner de l’enjeu géostratégique que représente l’Ukraine, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Depuis plusieurs années le nouveau Tsar s’attache à redonner à la Russie sa puissance économique et militaire et surtout sa place de puissance incontournable dans la gestion des affaires de la planète au même titre que les USA. Il faut voir aujourd’hui dans l’attitude d’Obama et de l’Union Européenne la volonté de tout faire pour affaiblir Moscou et par tous les moyens. Ils s’efforcent notamment de l’empêcher de créer un bloc économique alternatif qui comprendrait l’Ukraine, pays indispensable  au développement de la Russie.

Les enjeux stratégiques

Moscou, Washington pas plus que l’Union Européenne ne sont préoccupés par le sort des habitants de cette région. En vérité ces populations sont comme pris « en otage » par les grandes puissances et leurs revendications et aspirations prétextes à ingérences. L’affaire n’est pas nouvelle !  Dès 1997,  S. Brzezinski – conseiller à la sécurité Nationale de Jimmy Carter de 1977 à 1981- écrivait à ce propos dans son ouvrage de politique internationale intitulée « Le grand échiquier » : « Sans l’Ukraine, la Russie n’est plus qu’une grande puissance asiatique. Si la Russie reprend le contrôle de l’Ukraine, de ses 52 millions d’habitants, des richesses de son sous-sol et de son accès à la Mer Noire, elle redeviendra une grande puissance s’étendant sur l’Europe et l’Asie. » Autrement dit, l’Ukraine doit être sous domination US. Pour les Etats-Unis, le contrôle de l’Ukraine répond à trois principaux objectifs : renforcer l’OTAN, lutter contre l’influence croissante de la Russie, s’approprier un marché trop fermé.

Cette volonté d’intégration de l’Ukraine a été maintes fois exprimée. En 2007, le Congrès américain a passé un acte par lequel il autorisait « l’aide US pour assister l’Ukraine dans la préparation d’une possible adhésion à l’OTAN. » Juste avant le sommet de Bucarest en 2008, Bush a publiquement déclaré « offrir un fort soutien à la demande de l’Ukraine de recevoir de l’OTAN un plan d’action pour l’adhésion. » Après le sommet, le Sénat américain a passé une résolution exprimant son « fort soutien » à l’idée que « l’Ukraine […] devienne un jour membre de l’OTAN ».

D’autre part, d’un point de vue économique après la chute de l’URSS, l’Ukraine est passée d’une économie largement planifiée par l’Etat à une économie de marché. La  plupart de ses entreprises, fermes et terres agricoles ont été privatisées. Les enjeux économiques de la privatisation étaient énormes puisque l’Ukraine –le plus grand pays d’Europe– était à la fois industrialisée et considérée comme le grenier à blé de l’URSS. De plus, elle possédait une main d’œuvre qualifiée et bon marché. Cela a naturellement attiré la convoitise de nombreux investisseurs étrangers et cela le reste aujourd’hui.

Si les Etats-Unis s’intéressent à l’Ukraine, ce n’est pas parce que Moscou menace les droits de l’homme, parce que la presse n’y est pas libre ou parce que la démocratie y fait défaut. Si les Etats-Unis s’intéressent à l’Ukraine, c’est avant tout pour protéger et étendre ses intérêts économiques et géostratégiques et sa zone d’influence.

JPDelahaye.