Washington veut les Européens aux ordres

Washington veut les Européens aux ordres.

Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, à la mi-février, le vice-président américain, Mike Pence, a rappelé à l’ordre ses alliés européens de l’Otan sur un ton et avec des arguments qui sont loin d’avoir fait l’unanimité.

Son discours, dans la capitale bavaroise, était très attendu. Le n°2 de la Maison-Blanche s’exprimait pour la première fois devant le gratin politico-militaire mondial. Dans une allocution d’une vingtaine de minutes, tout en rappelant que son pays restait « le plus grand allié de l’Europe » il a martelé les directives de Washington dans un silence parfois glacial, comme l’ont noté les observateurs, notamment lorsqu’il a apporté « les salutations du 45éme président des Etats-Unis, Donald Trump »

Sur fond de retour fulgurant à la logique de blocs il a enchainé les anathèmes contre ses ennemis, l’Iran et la Russie en tête, et listé les instructions et recommandations pour ses alliés. Pence a ainsi proféré des menaces contre les européens si ceux-ci mènent à bien le projet de gazoduc « Nord Stream 2 », qui devrait bientôt relier l’Allemagne à la Russie. Poursuivant la logique de politique américaine d’ingérence, il a sommé les membres de l’OTAN de reconnaître l’auto-proclamé, Juan Guaido, comme président du Venezuela. Il a ensuite « tapé aux portefeuilles » en sommant les alliés de remplir l’objectif de 2 % de leur PIB alloué à la Défense qu’impose le traité nord-atlantique (OTAN), «le président Trump attend des actes » a-t-il affirmé. Il a aussi appelé ces derniers à imiter Washington et réclamé avec véhémence la sortie de l’accord multilatéral sur le nucléaire iranien (JCPOA), point d’orgue des tensions entre Bruxelles et Washington. Tout en finesse, Mike Pence a accusé Téhéran de fomenter « une nouvelle Shoah » !

Des alliés réticents

Si jusque-là Emmanuel Macron s’était illustré comme le dirigeant européen qui « tenait tête à Trump», c’est en tous cas ainsi que l’on décrit les médias, il a cette fois brillé par son absence. Retenu à Paris, pour cause de politique intérieure, par la crise de gilets jaunes, il n’aura pas pu (pas voulu ?) donner la réplique à Mike Pence. La contestation de ce discours vindicatif et belliqueux est venue, non sans une certaine fermeté, de la Chancelière allemande, Angela Merkel. Sur plusieurs points elle a pris le contrepied de Washington. A propos du nucléaire iranien, à propos de la Syrie, à propos de l’OTAN « Nous devons nous battre pour le multilatéralisme, pour l’Europe, contre ceux qui pensent qu’ils peuvent agir seuls » a-t-elle conclu ses propos.

Mike Pence a également confirmé « une grande fermeté » vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine, alors que Trump, avait exprimé à plusieurs reprises son souhait d’un rapprochement. « Sachez que les Etats-Unis continueront de demander des comptes à la Russie, même si nous cherchons des terrains d’entente. Comme vous le savez le président Trump pense que c’est possible », a expliqué Pence, réclamant notamment la mise en œuvre par Moscou des accords de paix de Minsk sur l’Ukraine.

A Munich, de nombreux responsables européens ont exprimé leur inquiétude face à l’évolution de la situation aux Etats-Unis et appelé au respect des valeurs démocratiques, de la relation transatlantique et à la méfiance vis-à-vis de la Russie. Ce grand oral de Mike Pence venait parachever, selon la Maison-Blanche, une semaine d’efforts diplomatiques pour « rassurer en Europe ».

Beaucoup y ont vu une réaffirmation forte du leadersheap américain et une volonté de mis au pas des alliés. Avorté pour le moment… JP Delahaye

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VENEZUELA : dangereuses ingérences – un article de Jean-Pierre DELAHAYE

Venezuela : dangereuse ingérences

La France s’aligne derrière Washington. Trump prêt au coup d’état militaire.

La France a reconnu, lundi 4 février, Juan Guaido comme « président en charge » du Venezuela, a déclaré Emmanuel Macron sur Twitter. Ce message a confirmé celui du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui avait assuré plus tôt dans la matinée que le président du parlement vénézuélien « a la légitimité pour organiser des élections » présidentielles. Ces déclarations interviennent alors que Nicolas Maduro a rejeté un l’ultimatum européen lui demandant d’abandonner le pouvoir. La semaine dernière, emboitant le pas au locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni, avaient donné huit jours à Nicolas Maduro pour convoquer une nouvelle élection présidentielle, faute de quoi ils reconnaîtraient son rival, Juan Guaido, comme président (auto-proclamé) par intérim.

Un tel acte représente une véritable ingérence dans la vie politique d’une nation. Rappelons que Nicolas Maduro, même très contesté, a été réélu le 20 mai 2018 lors d’une élection boycottée par une partie des formations de l’opposition, sur demande des Etats-Unis. Il a obtenu 68% des voix, 30,45% des inscrits soit bien plus que de nombreux chefs de gouvernements européens et mondiaux !!!

Dans un entretien avec la chaîne de télévision espagnole La Sexta, Nicolas Maduro a déclaré qu’il ne ferait pas preuve de « lâcheté face aux pressions » de ceux qui réclament son départ. « Pourquoi faut-il que l’Union européenne dise à un pays du monde qui a déjà organisé des élections qu’il doit refaire son élection présidentielle, parce que ce ne sont pas ses alliés de droite qui l’ont gagnée ? », s’est-il interrogé. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères a récusé les accusations d’ingérence, formulées notamment par la Russie et la Chine qui soutiennent le président élu du Venezuela. Le Mexique et Cuba ont également maintenu leur soutien à Nicolas Maduro.

Trump prêt à intervenir militairement

« Ce n’est pas de l’ingérence, à partir du moment où il y a une crise dans un pays, qu’il y a un appel du président Guaido à le soutenir pour rétablir la démocratie », a déclaré le chef de la diplomatie française.

Alors, comment qualifié de tels agissements quand tout est fait, sous l’impulsion de Washington, pour aggraver la situation économique du pays, notamment par des sanctions financières sur le pétrole vénézuélien ? Tout est fait pour organiser la pénurie, la misère et pousser à la révolte. Tout est fait pour pousser à l’explosion qui pourrait conduire à une action étrangère armée. Les Etats-Unis y sont prêts et ne cesse de répéter que « toutes les options, y compris militaire, sont sur la table ». Trump lui-même a déclaré sur CBS qu’une intervention militaire « était certainement une option ».

Tout porte à croire au retour de « la doctrine Monroe », faisant de l’Amérique Latine une arrière-cour des Etats-Unis. John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale, a d’ailleurs, averti le 27 janvier que « toute violence et intimidation » au Venezuela contre l’opposition au régime de Nicolas Maduro et au personnel diplomatique américain sur place entraînerait une « réponse significative ». Washington a même nommé, Elliott Abrams, « envoyé spécial » pour le Venezuela. Un revenant et un connaisseur des opérations tordues, jeune diplomate sous l’administration de Ronald Reagan, il avait alors organisé le financement des rebelles « contras » au Nicaragua sans l’approbation du Congrès américain. Il avait menti deux fois sur son rôle avant d’être gracié en 1991 par Georges Bush. Tout un programme !

Tous les éléments sont en place pour un scénario catastrophe pour le peuple vénézuélien et le continent latino-américain. L’heure n’est pas a soufflé sur les braises comme le font Macron et l’UE. L’urgence est à la négociation pas à la confrontation.

JP Delahaye

Tuerie de Pittsburgh: des responsables juifs accusent Trump APRES LES NOIRS, LES JUIFS….(Jean-Pierre Delahaye)

Onze personnes, quasiment toutes âgées de plus de 60 ans, ont été assassinées froidement, samedi 27 octobre, par un antisémite de 46 ans qui a semé la terreur à l’intérieur de la synagogue « Tree of Life » de Pittsburgh, au cœur du quartier de Squirrel Hill. Le tueur, arrêté et identifié par les autorités comme étant Robert Bowers, a déclaré plus tard qu’il voulait « que tous les juifs meurent ».  Pire attaque antisémite de l’histoire des États-Unis, cette tuerie a suscité un chagrin immense et secoué la communauté juive américaine, la plus importante dans le monde derrière celle d’Israël. Au-delà de l’écœurement engendré par cet acte de barbarie nazi, des responsables de la communauté juive se sont interrogés, et c’est nouveau, sur la responsabilité du locataire de la Maison-Blanche dans le climat de haine qui règne et se développe aux Etats-Unis depuis son arrivée.

Un groupe de représentants juifs de Pittsburgh a accusé Donald Trump, dans une lettre ouverte, d’avoir « enhardi » la mouvance suprémaciste blanche et d’avoir une part de responsabilité dans l’attaque meurtrière.

« Ces trois dernières années, vos paroles et vos politiques ont enhardi un mouvement nationaliste blanc qui grandit de plus en plus. Vous avez vous-même qualifié le meurtrier de maléfique, mais la violence survenue hier est (le résultat) direct de votre influence », jugent les responsables religieux dans leur missive. Ils appellent Donald Trump à « dénoncer sans réserve le nationalisme blanc , à cesser de cibler et de mettre en danger toutes les minorités , à  cesser de s’en prendre aux migrants et aux réfugiés  et à s’engager dans des politiques démocratiques qui  reconnaissent la dignité de tous ».

Les théories conspirationnistes, accusant notamment les juifs de dominer le gouvernement et le monde de la finance, sont monnaie courante au sein du mouvement de l’alt-right, l’extrême droite américaine. Soutien du président Donald Trump, cette mouvance a gagné en influence ces dernières années, notamment par le biais de l’ancien stratège de Trump, Steve Bannon accueilli récemment à bras ouvert par Marine Le Pen…

JP Delahaye

 

UKRAINE – un article de Jean-Michel Verneuil

Un nouveau gouvernement « démocratique » ukrainien soutenu par l’Europe et les USA s’est autoproclamé.

Ÿ Pourquoi présenter ce gouvernement installé par la force comme une victoire de la démocratie.

Le gouvernement sortant n’a suscité par sa politique et sa corruption que dégoût et colère. La solution n’est certainement pas de mettre au pouvoir des activistes d’extrême droite.

Les groupes néofascistes soutenus et financés de l’extérieur (UE-USA) ne sont pas la représentation de la population et des démocrates ukrainiens.  L’Ukraine n’est pas un petit pays, n’est pas une république bananière, c’est un pays riche, fort de 50 millions d’habitants (voir article ci-contre).

Alors qui sont-ils ces nouveaux gouvernants qui se sont autoproclamés à Kiev ?

Le nouveau Premier ministre est le banquier Arseni lasteniouk. Favori des Etats-Unis, a déjà occupé des postes-clés : président du Parlement, Ministre des Affaires étrangères, Ministre de l’Economie, président de la Banque centrale. Il y a appliqué alors avec zèle une ligne pro-européenne et de soumissions aux diktats du FMI.

Aux Affaires étrangères, Andei Dechitsia, diplomate de formation, pro-éuropéen.

A l’intégration européenne, Boris Tarasiuk, ancien ministre des Affaires étrangères dans quatre gouvernements différents de 1992 à 2007. Pro-européen, représentant de l’Ukraine à l’OTAN.

Volodimir Groysman, ancien membre du « Parti des régions » de loutchenko a fait fortune dans l’agro-business et l’immobilier.

Vice-premier ministre, numéro 2 derrière lasteniouk, est Alexander Sytch. Membre du parti fasciste « Svoboda ».

Présidence du Conseil de sécurité nationale, organise suprême pour la défense et l’intérieur, est confiée à Andrei Parubiy, fondateur du Parti national-social, ancêtre de Svoboda, dont il fut le leader de sa jeunesse para-militaire.

L’Agriculture : Olexandr Myrni, autre membre de « Svoboda ». Ce millionnaire fasciste a fait fortune dans… l’agro-alimentaire.

L’Ecologie va aussi à un membre du parti « Svoboda », Andrei Mokhnyk.

L’éducation, Sergei Kvit a fréquenté dans sa jeunesse diverses organisations néo-nazies, dont le « Trident », organisation se revendiquant des groupes collaborateurs pendant la dernière guerre.

Aux sports, le voyou Dimitri Bulatov, connu pour ses liens très étroits avec le groupe ultra-fasciste « Secteur Droit ».

A l’énergie, Youri Prodan, a déjà été ministre sous loutchenko au même poste. Il est connu pour avoir travaillé à la création du « Marché national de l’énergie », Ce qui a aboutit à un partage du gâteau entre groupes oligarchiques et à une corruption généralisée.

A l’intérieur, le businessman véreux Arsen Avakov, fondateur d’une banque commerciale et d’un fonds d’investissement, condamné pour prise illégale de terres, abus de pouvoir, il est sur la liste internationale d’Interpol.

Le grand danger de cette situation c’est que les aspirations à la démocratie, du peuple ukrainien ne soient soldées qu’au profit d’une opération politique voulue par les Etats-Unis et visant à faire de ce pays la base avancée de l’OTAN.

L’utilisation, la complaisance à l’égard des groupes néofascistes de la part de la France et de l’Allemagne est grave de conséquences pour nos propres pays.

Grave car au moment de la montée de l’extrême droite en Europe, de l’expression publique dans plusieurs pays de l’Union Européenne de groupes néofascistes, faire le choix pour des raisons partisanes, injustifiables de soutenir des hommes politiques porteurs de l’idéologie fasciste va peser lourd dans la situation politique de l’Europe.

Le mécontentement est grand à la veille des élections européenne, où l’abstention risque d’atteindre des sommets, ou dans chaque pays de l’union, les populistes, les forces d’extrême droite vont faire leurs entrées dans un parlement européen, faire le choix du soutien aux partis de l’extrême droite en Ukraine, ne peut que susciter des risques de violences, de racisme, d’antisémitisme dans les pays de l’Union.

Piètre exemple que ce soutien lourd de danger que montrent les dirigeants européens.

 Jean-Michel Verneuil

Ukraine : Dangereux jeux de dupes

Sur le dos des ukrainiens les grandes puissances se livrent à une surenchère dangereuse pour le contrôle économique et stratégique de la région.

 A l’heure où nous écrivons ces lignes le bras de fer entre la Russie, les Etats-Unis et l’Union européenne se poursuit et il semble que l’on soit bien loin des premières préoccupations des ukrainiens descendus dès les premiers jours occupés la place Maiden. Rappelons qu’à l’ origine le mouvement de contestation était motivé par la fracture créée entre d’un côté la grande majorité des ukrainiens soumis à l’austérité, la misère, le chômage, la pauvreté et de l’autre l’enrichissement d’une poignée de politiciens corrompus et d’oligarques aux fortunes colossales. L’aide promise par l’Union européenne (l’Ukraine a besoin d’au moins 35 milliards d’euros pour ses budgets publics d’ici à 2016) a joué comme un miroir aux alouettes. Les aspirations à la démocratie et à la liberté ont fait le reste…Mais très vite cette révolte a été débordée par des éléments ultranationalistes, comme Pravogo Sektora (secteur droit), groupuscule fascisant, ou le parti Svoboda ouvertement antisémite. Ceux-ci ont délibérément cherché l’affrontement, en tirant sur les forces de sécurité. Minoritaires dans le mouvement de protestation à l’origine, ils sont devenus politiquement dominants au fur et à mesure que la situation se dégradait et que montait la violence des affrontements. Aujourd’hui ils ont de nombreux représentants dans le gouvernement auto-proclamé à l’issue des affrontements de Kiev. L’une des premières décisions de ce gouvernement, soutenue par l’Occident, est significative. La libération de l’ex-première ministre, Ioulia Timochenko, considérée par de nombreux observateurs comme le « pion de rechange » de Washington et qui avait passé des accords avec l’organisation fasciste Svoboda lors des dernières élections, devrait inquiéter quant aux choix politiques et économiques à venir…

Ce changement stratégique d’alliance a inquiété Poutine, au point qu’il a ordonné l’envahissement de la Crimée afin de protéger ses forces navales et surtout de montrer qu’il n’était pas décidé à se détourner de l’enjeu géostratégique que représente l’Ukraine, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Depuis plusieurs années le nouveau Tsar s’attache à redonner à la Russie sa puissance économique et militaire et surtout sa place de puissance incontournable dans la gestion des affaires de la planète au même titre que les USA. Il faut voir aujourd’hui dans l’attitude d’Obama et de l’Union Européenne la volonté de tout faire pour affaiblir Moscou et par tous les moyens. Ils s’efforcent notamment de l’empêcher de créer un bloc économique alternatif qui comprendrait l’Ukraine, pays indispensable  au développement de la Russie.

Les enjeux stratégiques

Moscou, Washington pas plus que l’Union Européenne ne sont préoccupés par le sort des habitants de cette région. En vérité ces populations sont comme pris « en otage » par les grandes puissances et leurs revendications et aspirations prétextes à ingérences. L’affaire n’est pas nouvelle !  Dès 1997,  S. Brzezinski – conseiller à la sécurité Nationale de Jimmy Carter de 1977 à 1981- écrivait à ce propos dans son ouvrage de politique internationale intitulée « Le grand échiquier » : « Sans l’Ukraine, la Russie n’est plus qu’une grande puissance asiatique. Si la Russie reprend le contrôle de l’Ukraine, de ses 52 millions d’habitants, des richesses de son sous-sol et de son accès à la Mer Noire, elle redeviendra une grande puissance s’étendant sur l’Europe et l’Asie. » Autrement dit, l’Ukraine doit être sous domination US. Pour les Etats-Unis, le contrôle de l’Ukraine répond à trois principaux objectifs : renforcer l’OTAN, lutter contre l’influence croissante de la Russie, s’approprier un marché trop fermé.

Cette volonté d’intégration de l’Ukraine a été maintes fois exprimée. En 2007, le Congrès américain a passé un acte par lequel il autorisait « l’aide US pour assister l’Ukraine dans la préparation d’une possible adhésion à l’OTAN. » Juste avant le sommet de Bucarest en 2008, Bush a publiquement déclaré « offrir un fort soutien à la demande de l’Ukraine de recevoir de l’OTAN un plan d’action pour l’adhésion. » Après le sommet, le Sénat américain a passé une résolution exprimant son « fort soutien » à l’idée que « l’Ukraine […] devienne un jour membre de l’OTAN ».

D’autre part, d’un point de vue économique après la chute de l’URSS, l’Ukraine est passée d’une économie largement planifiée par l’Etat à une économie de marché. La  plupart de ses entreprises, fermes et terres agricoles ont été privatisées. Les enjeux économiques de la privatisation étaient énormes puisque l’Ukraine –le plus grand pays d’Europe– était à la fois industrialisée et considérée comme le grenier à blé de l’URSS. De plus, elle possédait une main d’œuvre qualifiée et bon marché. Cela a naturellement attiré la convoitise de nombreux investisseurs étrangers et cela le reste aujourd’hui.

Si les Etats-Unis s’intéressent à l’Ukraine, ce n’est pas parce que Moscou menace les droits de l’homme, parce que la presse n’y est pas libre ou parce que la démocratie y fait défaut. Si les Etats-Unis s’intéressent à l’Ukraine, c’est avant tout pour protéger et étendre ses intérêts économiques et géostratégiques et sa zone d’influence.

JPDelahaye.