Pour la Paix en Syrie et au Moyen-Orient – déclaration de l’ARAC – 7 octobre 2015

La France porte une lourde responsabilité dans la déstabilisation de cette région et dans le départ, en direction de l’Europe, de millions d’habitants fuyant la guerre et ses horreurs.

Les interventions en Libye, en Irak ont complètement détruit deux Etats, dont nous ne partagions pas à l’ARAC leur conception de la démocratie. Ces Etats sont depuis sous le joug de bandes armées intégristes islamiques qui se sont développées.

Résultat, des millions de femmes, d’enfants, d’hommes vivent un enfer sous les bombes ou sous la terreur obscurantiste de « l’Etat Islamique ».

Les pays de la région avec les migrants perdent les forces vives de leurs pays puisque ce sont nombre d’hommes et de femmes qualifiés qui traversent la Méditerranée.

Pourquoi François Hollande se transforme-t-il à nouveau en homme de guerre, alors que d’autres pays tentent de se coordonner pour chercher une solution d’intervention dans le cadre de l’ONU.

N’oublions jamais que l’Etat Syrien est un gouvernement légitime et membre fondateur de l’ONU qui peut demander assistance à un pays tiers dans le cadre d’un traité « d’amitié et de coopération » en cas de menaces.

Toute action internationale en Syrie, sans accord de l’ONU est contraire au droit, toute atteinte à sa souveraineté aussi.

Si action il doit y avoir, ce ne peut être qu’à sa demande et non sur la seule décision de l’OTAN.

Nous condamnerons toute action isolée qui, de près ou de loin, nous ramènerait à une situation de type Libye Irak…

L’OTAN n’est pas et ne peut être le gendarme du monde au service de la réorganisation de la mondialisation capitaliste alors que des multinationales s’accaparent des ressources énergétiques…

L’ARAC estime que la France doit sortir de son isolement diplomatique suicidaire, incompréhensible si elle veut contribuer à apporter une solution de Paix durable dans la région.

L’ARAC dans le même temps, demande de mettre d’urgence en place l’assèchement financier de l’Etat Islamique et faire cesser les attitudes complices de certains Etats à son égard.

Une fois la paix revenue, la solution doit passer par la voix démocratique laissant au peuple syrien le choix de son gouvernement.

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Israël/Palestine : Un peuple sous les bombes

Alors que Netanyahou déclenche une offensive terrestre sans précédent depuis des années, les bombardements israéliens sur Gaza ont déjà fait des centaines de morts et des milliers de blessés essentiellement dans la population civile. Femmes, enfants, vieillards palestiniens sont sous le feu de Tsahal en toute impunité.

Les représailles massives décidées par Tel-Aviv, après l’assassinat de trois jeunes israéliens par des extrémistes non identifiés, pour l’instant, ont mis le feu aux poudres. S’en est suivi le kidnapping et le meurtre d’un jeune palestinien par des fanatiques israéliens et toute la région s’est embrasée. Le Hamas riposte à coup de missiles lance-roquette et cible des villes israéliennes.  Le système de défense anti-aérien israélien surnommé « Dôme de fer » financé par Washington depuis 2009, en plus des 3 milliards d’aide militaire annuelle, semble pour l’instant fonctionné et protéger la population israéliennes. Selon France infos et France 2 qui se sont rendus à Tel-Aviv la capitale économique du pays «  la bas, tout ce passe presque normalement (…) les plages  sont toujours remplies de touristes. Ils sont simplement perturbés par le bruit des roquettes interceptées… »

Mettre un terme à la colonisation

Pendant ce temps le gouvernement Netanyahou allié à l’extrême droite fanatique, a convoqué 45 000 réservistes et semble prêt à lancer une offensive de plus grande envergure. En fait il agit comme s’il voulait porter un coup d’arrêt définitif à l’espoir né de la réunification des deux principaux mouvements palestiniens. Objectif :  maintenir sous son joug l’ensemble du territoire, asphyxier les populations  et l’administration palestinienne, discréditer ses dirigeants et poursuivre tranquillement la colonisation par des implantations nouvelles. Car il semble bien que c’est  là le point central de cette nouvelle flambée de violence. Samedi 5 Juillet, l’éditorial du quotidien « Libération » notait : « il reste qu’aujourd’hui, israéliens et palestiniens paient des années de blocage du processus de paix (…) l’Etat hébreu, premier responsable de cet enlisement croit pouvoir poursuivre son refus de tout compromis. Les gouvernements multiplient année après année les implantations de colonie empêchant de fait la création d’un Etat palestinien viable… ». C’est également l’avis de Ury Avnery, figure du camp de la paix en Israël qui dans «  l’ Humanité » du 10 juillet exprimait sa crainte de la montée d’une extrême droite (présente dans le gouvernement NDLR) hostile à tout horizon de paix et estimait qu’il « est évident que le refus obstiné de mettre un terme à la colonisation de la Cisjordanie est en cause… » En attendant les grandes puissances  -qui ont les moyens de pression- se taisent bien que l’ONU s’inquiète d’une violation possible des lois de la guerre. « Nous avons reçu des rapports troublants sur le fait que nombre de victimes y compris les enfants, sont le résultat de frappes sur des maison » a déclaré la porte-parole du Haut-commissariat aux droits de l’Homme des Nations-Unies, Ravina Shamdasani. Selon elle, « ces rapports appellent à des doutes sur le fait que ces frappes sont conformes aux lois humanitaires internationales et aux lois internationales sur les droits humains »

Palme de la honte à François Hollande qui a « condamné fermement les agressions contre Israël », exprimé sa solidarité envers Netanyahou et jugé « qu’il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population » Pendant ce temps les palestiniens meurent.

Toutes les réunions du Conseil de sécurité de l’ONU n’y feront rien. Il faut contraindre Tel-Aviv. Netanyahou ne connait que la force. Il faut donc que l’ONU, les pays occidentaux si prompts à réagir parfois prennent des sanctions financières et politiques à l’égard de l’état israélien.

Washington soit stopper son aide militaire. Des sanctions financières et d’embargo s’imposent pour faire cessez le massacre.

JP.Delahaye