Pages 4 – 5 et 6 de notre journal, qui n’a pu être imprimé. Sous les images, les textes en format word

« Il est temps de s’apercevoir que la santé doit échapper à la loi du marché ! »

En annonçant une série de mesures pour lutter contre la propagation du coronavirus, Emmanuel Macron a rendu hommage au modèle social français et plus particulièrement aux personnels de santé. Mais pour le Professeur de la Pitié-Salpêtrière André Grimaldi, « les mots ne suffisent plus ».

« Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-Providence, ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe », a défendu le chef de l’Etat. Surtout, Emmanuel Macron s’est dit résolu à « placer en dehors des lois du marché » un certain nombre de biens et de services. « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie (…) à d’autres est une folie ».

Pour le Professeur émérite d’endocrinologie-diabétologie André Grimaldi, il est temps de s’apercevoir que la santé ne se gère pas comme « une entreprise commerciale (…) car la santé n’a pas de prix« .

Comment accueillez-vous les mesures sanitaires annoncées par Emmanuel Macron ?

…Pour les hôpitaux, c’est un grand salut, un hommage aux soignants, mais ce ne sont pas des décisions ! Parce que tout ce qu’il a annoncé est déjà en route. Et il n’y a pas un mot, hélas, sur le fait qu’il faudrait un rectificatif budgétaire. Parce qu’il y a seulement six mois, on mettait les hôpitaux encore et toujours sous austérité.

Cette crise lui fait comprendre un certain nombre de choses essentielles à la vie d’une nation ne doivent pas être soumises aux lois du marché. Il serait temps de s’en apercevoir que la santé doit échapper aux lois du marché !

Une décision concrète serait d’ailleurs par exemple de suspendre le paiement à l’activité ou aux prestations des hôpitaux, comme cela se passe dans une entreprise commerciale. On va donner un budget aux hôpitaux pour travailler et pas les mettre dans cette situation. Un moratoire immédiat sur la tarification des activités serait le bienvenu pour les soignants.

… Nous avons tous, depuis le début, soutenu les mesures gouvernementales, en se mobilisant au maximum. Mais, à part des mots pour les soignants, il n’y a rien.

Pour vous, les moyens ne correspondent absolument pas aux ambitions ?

Si on veut mobiliser les soignants, si on dit que les valeurs suprêmes ce n’est pas le premier de cordée, ce ne sont pas les milliardaires, ce sont les gens qui se dévouent à la cause commune, alors, il faut faire un rectificatif budgétaire pour l’hôpital. On prendra les mesures nécessaires pour que les soignants soient correctement payés, que les infirmières soient embauchées et évidemment les hôpitaux seront payés pour le bien qu’ils rendent à la nation et non dans un calcul comptable, comme s’ils étaient une entreprise commerciale. Ce qui est actuellement toujours le cas.

Cela manque de concret pour les hôpitaux. Les soignants en ont un peu assez qu’on leur dise qu’ils sont des gens admirables et qu’en conséquence, ils peuvent débuter à 1.600 euros brut par mois.

De combien serait ce rectificatif budgétaire, selon vous ?

Il ne s’agit pas d’inventer des chiffres, il faut prendre ceux du gouvernement. Lorsqu’il a fait voter le budget de l’hôpital, avant l’épidémie, il demandait 800 millions d’euros d’économies.

Le plan d’urgence présenté par le Premier ministre avec l’ancienne ministre de la Santé, Mme Buzyn donnait 200 millions d’euros.

Déjà, par rapport à avant l’épidémie, il manquait 600 millions d’euros. Il y a 400 postes d’infirmières que l’on n’arrive pas à recruter en Ile-de-France.

Du coup, si l’hôpital n’a pas les moyens de gérer cette crise, que va-t-il se passer, quelles sont vos inquiétudes ?

…Parce que l’on va dire priorité aux détresses respiratoires, la première victime sera justement le diabétique qui n’est pas infecté, mais qui a des complications du pied, etc.

La deuxième chose, si l’épidémie est très importante, et j’appuie les décisions du gouvernement et j’appelle à les suivre.

Et 5% des patients infectés vont en réanimation. Alors si nous avons 1 million de personnes infectées, cela fait 50.000 personnes en réanimation : notre système de santé sera débordé. Et si cela ce produit, le Président n’en a pas parlé mais il faudra faire comme l’Italie. On sera amené à faire des choix et à les assumer. Pas des choix médicaux mais des choix de l’ordre : il a 45 ans ou 50 ans, je le prends. S’il a 60 ans ou 70 ans, je ne le prends pas. Ce n’est jamais arrivé encore. Donc, la priorité absolue est d’ouvrir des lits de réanimation.

Mais il faudra des infirmières, des infirmières formées présentes 24h/24 heures. Donc, on va payer aussi dix ans d’une politique, et qui a continué encore ces trois dernières années malgré nos alertes ! Rappelez-vous que le plan d’urgence présenté par le Premier ministre pour l’hôpital l’a été après même que l’Assemblée nationale avait voté un budget d’austérité ! C’est à cause de la mobilisation des soignants qu’en urgence on a dit qu’il fallait un rectificatif.

Cette épidémie montre l’absurdité du système hospitalier actuel. Il n’est pas adapté aux urgences, à la réanimation, aux maladies chroniques. On le dit depuis dix ans. On l’a dit à madame Buzyn qui en avait convenu, mais qui n’en a rien fait. Du point de vue de l’hôpital, les mots ne suffiront pas

75 ans de casse de la sécurité sociale et de l’hôpital

1946 : Dans un pays ruiné, le gouvernement de la Libération, sous l’inspiration du CNR et d’Ambroise Croizat, imposait la sécurité sociale.

2020: dans le même pays, 5éme puissance du monde, 40 % des Français renoncent à se soigner.

Entre temps « la sécu » est passée au laminoir : 70 ans de casse ont éloigné l’institution de ses principes fondateurs. L’hostilité de la droite et du patronat s’engage dès 1946. Ils évoquent la lourdeur que font peser sur l’économie ce qu’ils nomment des «charges ». Les cotisations sociales ne sont en rien des « charges ». Parties intégrantes de la rémunération, elles sont un salaire socialisé. Ainsi que l’écrit M. Ciadella, conseiller CGT: « L’entreprise est le résultat du travail de générations de salariés sans lesquels il n’y a pas de richesse créée. Il est légitime qu’une part de ses richesses aille à leur protection sociale. Les véritables charges sont financières (actionnaires, intérêts) » Tandis que De Gaulle instaure dès 1960 le contrôle d’Etat sur les budgets et le renforcement du pouvoir des directeurs, le CNPF lance une violente campagne anti sécurité sociale : «Les travailleurs doivent se couvrir eux-mêmes. Les compagnies d’assurances sont faites pour cela. »

Les ordonnances de 1967 cassent l’unicité du système. Les élections sont supprimées tandis que s’impose le paritarisme. Les Plans Barre, Veil, accélèrent les déremboursements alors qu’Y. Chotard, qualifie le système de «machine irresponsable qui conduisant les hommes à n’acquérir qu’un complexe d’assistés. L’économie va s’effondrer sous les charges !» Le propos est erroné au regard des chiffres du CNPF lui-même. Selon ce dernier, la part des prestations de sécurité sociale rapportée au revenu national était de : 20,30 pour l’Allemagne, 19,50 seulement pour la France. Instauration du forfait hospitalier, décrets Dufoix, plan Seguin prolongent la baisse des remboursements.

En 1990, M. Rocard instaure la Contribution Sociale Généralisée. Ouvrant la fiscalisation accélérée de la macronie, elle désengage les entreprises en ponctionnant salariés et retraités. Viendront les réformes Veil-Balladur qui font passer à 40 ans la durée de cotisation pour le droit à une retraite pleine tandis qu’avec A. Juppé naît la « Contribution au Remboursement de la Dette Sociale ».

Ainsi se dirige-t-on selon le Syndicat des Médecins Libéraux vers «Le grand tournant libéral annonçant la fin du monopole de la sécurité sociale en partenariat avec AXA » Ce projet se précise jusqu’en 2013 : instauration des franchises, réformes des retraites, exonérations de cotisations patronales estimées en 2018 à 25 milliards d’euros ! Ces déstructurations servent un objectif clair: privatiser l’outil.

L’argent de la sécurité sociale, 537 milliards d’euros, suscite des appétits. C. Bébéar, président d’AXA déclarait : « La santé est un marché, la concurrence doit s’exercer librement ».Centrée sur l’obsession de la réduction des coûts salariaux, la gestion capitaliste pousse à organiser l’exclusion de nombreux salariés et augmenter le poids supporté par la sécurité sociale. Aucun instrument d’analyse n’a été prévu pour mesurer les effets bénéfiques de la « Sécu ». La comptabilité n’enregistre que les coûts, négligeant les effets des prestations dans la santé de la Nation.

Citons en quelques uns : moteur du développement, la sécurité sociale stimule la recherche et les progrès de la médecine. Elle est un vecteur de l’allongement de la durée et de la qualité de la vie. N’oublions pas également le rôle joué par l’institution lors des « crises » financières. Fondée sur la solidarité, elle a fonctionné comme un « amortisseur social ». Même ses pourfendeurs louent son efficacité. Ainsi C. Lagarde : « La sécurité sociale a été critiquée pour sa lourdeur mais en période de crise contrairement aux autres nations, elle nous aide fortement à résister au ralentissement économique». Belle reconnaissance quand on songe que D. Kessler incitait à détricoter un « système ringard, hérité du CNR, des communistes et de la CGT »

La recherche de la rentabilité pousse à réduire les dépenses considérées comme des « charges ». C’est cette logique que poursuit Macron, et qu »il faut changer en tenant compte des besoins vitaux de la population.

Il convient tout d’abord de consolider un système assis sur la création de richesses dans l’entreprise. Ce type de financement s’inscrit dans une logique de responsabilisation des entreprises sur la protection sociale. Plusieurs mesures pourraient être engagées dont une réforme de l’assiette des cotisations. Sa base de calcul n’a pas évolué à la même vitesse que les modes de production ou les marchés boursiers. Près de 318,2 milliards revenus financiers échappent au financement de la protection sociale. Soumis à cotisations, ils rapporteraient 84 milliards. Que dire des paradis fiscaux où s’évadent près de 100 milliards! Evasion fiscale rime aussi avec « évasion d’emplois ». Cette hémorragie est autant de cotisations perdues.

Une politique de protection sociale exige une ambitieuse politique de l’emploi (1 % de masse salariale représente 2 milliards d’euros pour la sécurité sociale). Elle ne peut se passer d’un programme de prévention. Selon une enquête, près de 2 millions de personnes travaillent dans des milieux cancérigènes. Le coût des maladies professionnelles représenterait 68 milliards d’euros ! L’avenir réclame parallèlement une autre gestion de la filière pharmaceutique, une maitrise publique dans le sillage d’une nationalisation. S’impose enfin une gestion démocratique de la protection sociale.

Il est plus qu’urgent de revenir à des Conseils d’administration disposant de véritables pouvoirs sous le contrôle des salariés et des usagers.

75 ans de casse de la sécurité sociale et de l’hôpital

1946 : Dans un pays ruiné, le gouvernement de la Libération, sous l’inspiration du CNR et d’Ambroise Croizat, imposait la sécurité sociale.

2020: dans le même pays, 5éme puissance du monde, 40 % des Français renoncent à se soigner.

Entre temps « la sécu » est passée au laminoir : 70 ans de casse ont éloigné l’institution de ses principes fondateurs. L’hostilité de la droite et du patronat s’engage dès 1946. Ils évoquent la lourdeur que font peser sur l’économie ce qu’ils nomment des «charges ». Les cotisations sociales ne sont en rien des « charges ». Parties intégrantes de la rémunération, elles sont un salaire socialisé. Ainsi que l’écrit M. Ciadella, conseiller CGT: « L’entreprise est le résultat du travail de générations de salariés sans lesquels il n’y a pas de richesse créée. Il est légitime qu’une part de ses richesses aille à leur protection sociale. Les véritables charges sont financières (actionnaires, intérêts) » Tandis que De Gaulle instaure dès 1960 le contrôle d’Etat sur les budgets et le renforcement du pouvoir des directeurs, le CNPF lance une violente campagne anti sécurité sociale : «Les travailleurs doivent se couvrir eux-mêmes. Les compagnies d’assurances sont faites pour cela. »

Les ordonnances de 1967 cassent l’unicité du système. Les élections sont supprimées tandis que s’impose le paritarisme. Les Plans Barre, Veil, accélèrent les déremboursements alors qu’Y. Chotard, qualifie le système de «machine irresponsable qui conduisant les hommes à n’acquérir qu’un complexe d’assistés. L’économie va s’effondrer sous les charges !» Le propos est erroné au regard des chiffres du CNPF lui-même. Selon ce dernier, la part des prestations de sécurité sociale rapportée au revenu national était de : 20,30 pour l’Allemagne, 19,50 seulement pour la France. Instauration du forfait hospitalier, décrets Dufoix, plan Seguin prolongent la baisse des remboursements.

En 1990, M. Rocard instaure la Contribution Sociale Généralisée. Ouvrant la fiscalisation accélérée de la macronie, elle désengage les entreprises en ponctionnant salariés et retraités. Viendront les réformes Veil-Balladur qui font passer à 40 ans la durée de cotisation pour le droit à une retraite pleine tandis qu’avec A. Juppé naît la « Contribution au Remboursement de la Dette Sociale ».

Ainsi se dirige-t-on selon le Syndicat des Médecins Libéraux vers «Le grand tournant libéral annonçant la fin du monopole de la sécurité sociale en partenariat avec AXA » Ce projet se précise jusqu’en 2013 : instauration des franchises, réformes des retraites, exonérations de cotisations patronales estimées en 2018 à 25 milliards d’euros ! Ces déstructurations servent un objectif clair: privatiser l’outil.

L’argent de la sécurité sociale, 537 milliards d’euros, suscite des appétits. C. Bébéar, président d’AXA déclarait : « La santé est un marché, la concurrence doit s’exercer librement ».Centrée sur l’obsession de la réduction des coûts salariaux, la gestion capitaliste pousse à organiser l’exclusion de nombreux salariés et augmenter le poids supporté par la sécurité sociale. Aucun instrument d’analyse n’a été prévu pour mesurer les effets bénéfiques de la « Sécu ». La comptabilité n’enregistre que les coûts, négligeant les effets des prestations dans la santé de la Nation.

Citons en quelques uns : moteur du développement, la sécurité sociale stimule la recherche et les progrès de la médecine. Elle est un vecteur de l’allongement de la durée et de la qualité de la vie. N’oublions pas également le rôle joué par l’institution lors des « crises » financières. Fondée sur la solidarité, elle a fonctionné comme un « amortisseur social ». Même ses pourfendeurs louent son efficacité. Ainsi C. Lagarde : « La sécurité sociale a été critiquée pour sa lourdeur mais en période de crise contrairement aux autres nations, elle nous aide fortement à résister au ralentissement économique». Belle reconnaissance quand on songe que D. Kessler incitait à détricoter un « système ringard, hérité du CNR, des communistes et de la CGT »

La recherche de la rentabilité pousse à réduire les dépenses considérées comme des « charges ». C’est cette logique que poursuit Macron, et qu »il faut changer en tenant compte des besoins vitaux de la population.

Il convient tout d’abord de consolider un système assis sur la création de richesses dans l’entreprise. Ce type de financement s’inscrit dans une logique de responsabilisation des entreprises sur la protection sociale. Plusieurs mesures pourraient être engagées dont une réforme de l’assiette des cotisations. Sa base de calcul n’a pas évolué à la même vitesse que les modes de production ou les marchés boursiers. Près de 318,2 milliards revenus financiers échappent au financement de la protection sociale. Soumis à cotisations, ils rapporteraient 84 milliards. Que dire des paradis fiscaux où s’évadent près de 100 milliards! Evasion fiscale rime aussi avec « évasion d’emplois ». Cette hémorragie est autant de cotisations perdues.

Une politique de protection sociale exige une ambitieuse politique de l’emploi (1 % de masse salariale représente 2 milliards d’euros pour la sécurité sociale). Elle ne peut se passer d’un programme de prévention. Selon une enquête, près de 2 millions de personnes travaillent dans des milieux cancérigènes. Le coût des maladies professionnelles représenterait 68 milliards d’euros ! L’avenir réclame parallèlement une autre gestion de la filière pharmaceutique, une maitrise publique dans le sillage d’une nationalisation. S’impose enfin une gestion démocratique de la protection sociale.

Il est plus qu’urgent de revenir à des Conseils d’administration disposant de véritables pouvoirs sous le contrôle des salariés et des usagers.

75 ans de casse de la sécurité sociale et de l’hôpital

1946 : Dans un pays ruiné, le gouvernement de la Libération, sous l’inspiration du CNR et d’Ambroise Croizat, imposait la sécurité sociale.

2020: dans le même pays, 5éme puissance du monde, 40 % des Français renoncent à se soigner.

Entre temps « la sécu » est passée au laminoir : 70 ans de casse ont éloigné l’institution de ses principes fondateurs. L’hostilité de la droite et du patronat s’engage dès 1946. Ils évoquent la lourdeur que font peser sur l’économie ce qu’ils nomment des «charges ». Les cotisations sociales ne sont en rien des « charges ». Parties intégrantes de la rémunération, elles sont un salaire socialisé. Ainsi que l’écrit M. Ciadella, conseiller CGT: « L’entreprise est le résultat du travail de générations de salariés sans lesquels il n’y a pas de richesse créée. Il est légitime qu’une part de ses richesses aille à leur protection sociale. Les véritables charges sont financières (actionnaires, intérêts) » Tandis que De Gaulle instaure dès 1960 le contrôle d’Etat sur les budgets et le renforcement du pouvoir des directeurs, le CNPF lance une violente campagne anti sécurité sociale : «Les travailleurs doivent se couvrir eux-mêmes. Les compagnies d’assurances sont faites pour cela. »

Les ordonnances de 1967 cassent l’unicité du système. Les élections sont supprimées tandis que s’impose le paritarisme. Les Plans Barre, Veil, accélèrent les déremboursements alors qu’Y. Chotard, qualifie le système de «machine irresponsable qui conduisant les hommes à n’acquérir qu’un complexe d’assistés. L’économie va s’effondrer sous les charges !» Le propos est erroné au regard des chiffres du CNPF lui-même. Selon ce dernier, la part des prestations de sécurité sociale rapportée au revenu national était de : 20,30 pour l’Allemagne, 19,50 seulement pour la France. Instauration du forfait hospitalier, décrets Dufoix, plan Seguin prolongent la baisse des remboursements.

En 1990, M. Rocard instaure la Contribution Sociale Généralisée. Ouvrant la fiscalisation accélérée de la macronie, elle désengage les entreprises en ponctionnant salariés et retraités. Viendront les réformes Veil-Balladur qui font passer à 40 ans la durée de cotisation pour le droit à une retraite pleine tandis qu’avec A. Juppé naît la « Contribution au Remboursement de la Dette Sociale ».

Ainsi se dirige-t-on selon le Syndicat des Médecins Libéraux vers «Le grand tournant libéral annonçant la fin du monopole de la sécurité sociale en partenariat avec AXA » Ce projet se précise jusqu’en 2013 : instauration des franchises, réformes des retraites, exonérations de cotisations patronales estimées en 2018 à 25 milliards d’euros ! Ces déstructurations servent un objectif clair: privatiser l’outil.

L’argent de la sécurité sociale, 537 milliards d’euros, suscite des appétits. C. Bébéar, président d’AXA déclarait : « La santé est un marché, la concurrence doit s’exercer librement ».Centrée sur l’obsession de la réduction des coûts salariaux, la gestion capitaliste pousse à organiser l’exclusion de nombreux salariés et augmenter le poids supporté par la sécurité sociale. Aucun instrument d’analyse n’a été prévu pour mesurer les effets bénéfiques de la « Sécu ». La comptabilité n’enregistre que les coûts, négligeant les effets des prestations dans la santé de la Nation.

Citons en quelques uns : moteur du développement, la sécurité sociale stimule la recherche et les progrès de la médecine. Elle est un vecteur de l’allongement de la durée et de la qualité de la vie. N’oublions pas également le rôle joué par l’institution lors des « crises » financières. Fondée sur la solidarité, elle a fonctionné comme un « amortisseur social ». Même ses pourfendeurs louent son efficacité. Ainsi C. Lagarde : « La sécurité sociale a été critiquée pour sa lourdeur mais en période de crise contrairement aux autres nations, elle nous aide fortement à résister au ralentissement économique». Belle reconnaissance quand on songe que D. Kessler incitait à détricoter un « système ringard, hérité du CNR, des communistes et de la CGT »

La recherche de la rentabilité pousse à réduire les dépenses considérées comme des « charges ». C’est cette logique que poursuit Macron, et qu »il faut changer en tenant compte des besoins vitaux de la population.

Il convient tout d’abord de consolider un système assis sur la création de richesses dans l’entreprise. Ce type de financement s’inscrit dans une logique de responsabilisation des entreprises sur la protection sociale. Plusieurs mesures pourraient être engagées dont une réforme de l’assiette des cotisations. Sa base de calcul n’a pas évolué à la même vitesse que les modes de production ou les marchés boursiers. Près de 318,2 milliards revenus financiers échappent au financement de la protection sociale. Soumis à cotisations, ils rapporteraient 84 milliards. Que dire des paradis fiscaux où s’évadent près de 100 milliards! Evasion fiscale rime aussi avec « évasion d’emplois ». Cette hémorragie est autant de cotisations perdues.

Une politique de protection sociale exige une ambitieuse politique de l’emploi (1 % de masse salariale représente 2 milliards d’euros pour la sécurité sociale). Elle ne peut se passer d’un programme de prévention. Selon une enquête, près de 2 millions de personnes travaillent dans des milieux cancérigènes. Le coût des maladies professionnelles représenterait 68 milliards d’euros ! L’avenir réclame parallèlement une autre gestion de la filière pharmaceutique, une maitrise publique dans le sillage d’une nationalisation. S’impose enfin une gestion démocratique de la protection sociale.

Il est plus qu’urgent de revenir à des Conseils d’administration disposant de véritables pouvoirs sous le contrôle des salariés et des usagers.

Michel ETIEVENT

REPORT DE LA PRIVATISATION DU GROUPE ADP

Le gouvernement a annoncé le 11 mars la suspension de la privatisation des aéroports de Paris, dont il détient 50,63 % des parts. La crise sanitaire du Coronavirus ayant fait chuter son cours à la Bourse. C’est une victoire en demi-teinte, le gouvernement risque de remettre son projet en œuvre une fois la crise passée.

En annonçant la suspension du processus de privatisation d’Aéroport de Paris la veille de la fin de la période pour l’obtention des signatures nécessaires au déclenchement d’un référendum d’initiative partagée (RIP), le gouvernement confirme que ce sont bien les marchés financiers et surtout leur santé qui déterminent les intérêts financiers de l’État et non les enjeux économiques, sociaux et environnementaux du pays.

“Cela va nous laisser plus de temps pour contrer la privatisation. Rien n’est perdu. Même si les 4,7 millions ne sont pas atteints”, a déclaré Michel Michaud, secrétaire général de la CGT Transports et salarié d’ADP.

La pétition, ouverte en juin 2019 pour obtenir un référendum d’initiative partagée, aura récolté 1.116.000 soutiens sur le site du ministère de l’Intérieur. Il en aurait fallu 4,7 millions (10% du corps électoral) pour provoquer un RIP sur la question de la privatisation ou non du groupe ADP.

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