L’heure est venue d’un Etat palestinien, article de Jean-Pierre DELAHAYE

déchainement des violences, Nétanyahou répond en soufflant sur les braises. La France doit joindre sa voix  aux 135 pays qui ont reconnu la Palestine en temps qu’Etat.

L’horreur absolue et au quotidien. Depuis des mois, le blocage de la situation entre Israël et la Palestine et les provocations des extrémistes – au premier rang desquels Netanyahou – on fait monter de plusieurs crans le cycle infernale de la violence et de la haine. Aux actes désespérés d’assassinats de civils répondent les actes de vengeance dans un engrenage qui pourrait conduire à la guerre totale… Si l’origine de cette escalade n’est pas d’aujourd’hui les évènements des derniers mois ont joué comme un accélérateur. L’offensive de « Tsahal » cet été dans la bande de Gaza a fait plus de 2000 morts palestiniens en 50 jours parmi lesquels une majorité de femmes, d’enfants, de vieillards, le territoire est exsangue, tout ou presque est à reconstruire. L’interdiction faîtes aux musulmans d’accéder à la mosquée Al Aqsar considérée comme le troisième lieu saint de l’Islam à pousser l’exaspération à son comble, tandis que la construction de nouvelles colonies et la spoliation des biens des palestiniens se poursuit à un rythme jamais égalé et ce n’est certainement pas fini. Après l’attaque de la synagogue, à Jérusalem le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a jeté de l’huile sur le feu en autorisant de nouvelles implantations et la construction de logements alors même, et il le sait, que pour les Palestiniens, l’arrêt de l’extension des colons est une question vitale. Le Premier ministre israélien a également réclamé une condamnation mondiale de cet acte terroriste et accusé le président de l’Autorité palestinienne de complicité insinuant que Mahmoud Abbas serait l’inspirateur des terroristes, de même que le Hamas. Une accusation en totale contradiction avec l’analyse de Yoram Cohen, le patron du Shin Bet, le service du renseignement intérieur. Devant une commission parlementaire ce dernier a déclaré : « Abbas n’a pas intérêt à la terreur et n’y incite pas. Il ne le fait même pas derrière portes closes ».

En attendant Nétayahou déploie des effectifs supplémentaires en Cisjordanie. Le permis de porter une arme à feu sera facilité pour les anciens policiers et militaires israéliens. Les quartiers arabes de Jérusalem-Est, en proie aux troubles, ont été fermés, grâce à de lourds blocs de ciment aux entrées. Les maisons des terroristes seront détruites. Le premier ministre israélien qui s’attend à de possibles élections anticipées donne des gages aux partis religieux  d’extrême droite avec qui il gouverne et qui distillent la haine anti-arabes et semblent avoir de plus en plus d’influence dans tous les domaines de la politique de Tel-Aviv…

La voix d’Israël

Pourtant des voix s’élèvent contre cette radicalisation dans une société israélienne traumatisée par des années de guerre mais également fortement influencée par la propagande sioniste.  Après le refus de militaires d’être utilisés comme des « agents de la colonisation » (voir notre dernier numéro) de nombreuses personnalités de la société civile estime aujourd’hui nécessaire  la reconnaissance d’un Etat palestinien par la communauté des Nations. Dans un entretien réalisé par l’envoyée spéciale du quotidien l’Humanité et publié le 17 novembre, Elie Barnavi, ex ambassadeur d’Israël en France, montre qu’il y a besoin de « faire pression sur le gouvernement israélien, et que la reconnaissance de l’Etat de Palestine est un moyen de le faire. Yael Dayan, ancienne députée travailliste, fille du général Moshé Dayan, parle, elle, de « cas d’urgence », avec « le risque réel d’éclatement du Proche-Orient ». Zeev Sternhell, historien, pense qu’une telle décision du Parlement français aurait un « fort impact sur l’opinion publique israélienne » et pourrait faire bouger les lignes. Pour Avi Mograbi, cinéaste, il s’agit de montrer que les « nations du monde » ne « cautionnent plus l’occupation ». Uri Avnery estime pour sa part qu’il faut sauver son pays « de la conduite suicidaire de (son) gouvernement d’extrême droite ». Outre ces personnes, l’appel des Israéliens compte des figures tels que l’ancien président de la Knesset et de l’Agence juive Avraham Burg, l’économiste Tamar Gozansky, et le prix Sakharov, dont la fille a été tuée dans un attentat-suicide perpétré par des Palestiniens, Nurit Peled-Elhanan » et près de 600 autres signataires…

A ce jour, 135 pays ont déjà reconnu l’Etat palestinien. Les pays européens de l’OTAN rangés derrière Washington sont parmi les plus réticents. Mais là aussi les choses bougent. Après la Suède et la Grande-Bretagne, le Parlement espagnol a adopté, le 18 novembre, à la quasi-unanimité une motion appelant le gouvernement à reconnaître la Palestine en tant qu’Etat. Dans quelques jours, le 28 novembre, la représentation nationale française sera appelée à son tour à se prononcer. Membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU se vote sera regardé et aura une lourde portée. L’heure est venue de la reconnaissance de la Palestine en tant qu’Etat. La France doit prendre ses responsabilités. JP Delahaye

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