DECLARATION SUR LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, IRAK, SYRIE

DECLARATION DU BUREAU NATIONAL DE L’ARAC – 25 septembre 2014

 C’est avec une intense émotion que nous avons appris l’assassinat d’Hervé Gourdel.

Nos premiers mots, nos premières pensées vont à sa famille, sa femme, ses enfants et ses proches.

Ce crime barbare ne peut être justifié et l’ARAC le condamne sans réserve.

Mais condamner ne suffit pas et il importe d’éradiquer les racines qui nourrissent son existence : la misère totale des peuples où il trouve son terreau. Or, est-ce en ajoutant la violence à la violence que sera désamorcé ce processus mortel ? Les bombardements successifs ont-ils stoppé le terrorisme ou lui ont-ils permis au contraire d’élargir sans cesse sa sphère d’influence ? Les destructions matérielles et humaines apportent-elles aux peuples affamés, appauvris et sans espoir, les ressources essentielles, culturelles et les perspectives dont ils sont si cruellement privés ?

Depuis vingt ans, opérations après opérations, interventions après interventions, les USA, les pays de l’Europe de l’Ouest (dont la France), l’OTAN n’ont de cesse de déstabiliser le Proche et le Moyen Orient. Ils ont livré des armes aux talibans en Afghanistan pour combattre les Soviétiques, vendu des armes en Libye, laissé se dérouler l’agression contre l’Irak (« tempête du désert ») –  à laquelle Jacques Chirac avait refusé de participer – fait tomber les gouvernements en place (Irak, Libye), puis abandonné des tonnes d’armes récupérées par les terroristes dans ces pays, qu’ils utilisent aujourd’hui au Moyen-Orient, en Afrique et ailleurs.

Jamais les aspirations où les besoins matériels élémentaires et culturels des populations n’ont été pris en compte.  A aucun moment l’OTAN (bras armé des USA), les pays occidentaux ont contribué à plus de démocratie, au développement économique.

Toutes ces interventions ont été vécues comme des invasions par les populations de ces pays, qui ont bien compris qu’elles n’avaient d’autre but que de mettre la main sur leurs richesses énergétiques et minières.

Aujourd’hui, le Proche et le Moyen Orient sont des poudrières, des tonnes d’armes y circulent.

La civilisation a reculé. Les aspirations à plus de démocratie, à plus de modernité, à plus de laïcité ont été foulées aux pieds laissant la place à tous les excès exacerbés par la misère chaque jour grandissante jetant l’opprobre sur l’OTAN et les pays occidentaux, dont la France est devenue son bras armé aux côtés des USA.

Dans cette situation, des bandes armées se sont constituées. Des fanatiques, des bandits se sont organisés. L’appât du gain, la haine ont pris la place de la raison.

On assassine ceux qui ont une autre religion, ceux qui pensent différemment, ceux qui dénoncent les crimes, les massacres, ceux qui veulent avancer vers plus de démocratie, plus de modernité.

Il est temps que l’ONU, la grande organisation des Nations du monde créée en 1947 à la fin de la 2ème guerre mondiale avec sa Charte, prenne enfin ses responsabilités et œuvre avec les gouvernements du Proche et Moyen Orient pour construire des solutions correspondant aux besoins démocratiques et économiques des peuples.

L’OTAN ne doit pas décider, par les armes, de ce qui est bon pour l’Occident au Moyen-Orient ni dans aucune autre partie du monde. Il faut mettre hors d’état de nuire tous ces va-t-en guerre, tous ceux qui soufflent sur le feu.

Sous l’égide de l’ONU, les pays occidentaux doivent prendre des initiatives et mettre les moyens pour que cesse cette situation. Décider si nécessaire d’envoyer une force internationale conséquente, prendre des sanctions contre tous les pays (Qatar, Arabie Saoudite, Emirats Arabes entre autres) qui financent les groupes de terroristes. Il faut avoir le courage de les condamner et de les mettre au ban des nations.

Nous ne pouvons laisser le monde courir à sa perte, développer la guerre. Car aujourd’hui, la guerre est aux portes de l’Europe.

Le monde est malheureusement engagé dans une ère de guerres, de conflits locaux particulièrement violents, engendrés par les actions de pays dont l’objectif est un nouveau partage des richesses de la planète.

Cette situation nous renvoie aux tristes périodes de notre histoire. Celles qui ont débouché sur les guerres de 1914-1918 et 1939-1945.

L’ARAC, fidèle à ses valeurs républicaines, dénonce les causes des guerres et appelle à tourner le dos à la violence, à œuvrer pour la paix et la solidarité internationale, à créer des coopérations d’intérêts mutuels entre les peuples sous l’égide de l’ONU et ainsi s’engager dans la seule voie permettant d’éradiquer vraiment le terrorisme.

Le combat pour la paix est un combat difficile, mais il est décisif pour la survie du monde.

 

 

 

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